Équipe Pur-Sang cheval de bataille en 1940
Aucun rapport avec les passionnés de courses hippiques, mais une course contre les événements.
Genèse : les Guides de France d’octobre 1940 (dissous en mars 1942 par l’occupant) et leurs centres de formation où une de leurs équipes porte le même nom mais aussi, coïncidence une allusion à la race aryenne, « le sang pur » !

de G à D : Lucienne Welschinger, Emmy Weisheiner, Alice Daul, Marie-Louise Daul, et Paulette Falbisaner le 15 décembre 1946 lors de la remise de la médaille de la résistance française à Stasbourg (photo famille Gillig-Daul)
Année 1940 : défaite de la France, l’Alsace est annexée à l’Allemagne, le mouvement est dissous. Cela fait naitre la révolte chez certaines comme Lucienne Welschinger, Emmy Weisheiner qui entrent en résistance.

But principal : aider les prisonniers de guerre envoyés dans les camps en Allemagne ou Pologne, via l’Alsace. Distribution de nourriture, d’eau, de vêtements, à l’Orangerie de Strasbourg chaque matin.
Mais aussi la récupération clandestine des lettres des prisonniers, remises ensuite à des cheminots vers leur destination originelle. Idem pour les réponses.
Certains prisonniers veulent s’évader et vont mettre à profit l’incendie de la synagogue du quai Kléber à Strasbourg pour concrétiser leur projet. Deux polonais, dont un juif, vont le faire et se réfugient dans le confessionnal de l’église Saint-Jean aidés par Lucienne. Puis leur passage par la vallée de la Bruche à Hersbach (Bas-Rhin).
C’est le début d’une filière d’évasion qui augmentera semaine après semaine. Elles décident de diversifier les zones de passage pour réduire les risques. Mais, la tache devenant insurmontable elles font appel aux amies des Guides De France1.
C’est ainsi que nait « l’Équipe Pur-Sang2 », organisation évidemment clandestine. Une réunion a lieu en janvier 1941 pour définir le rôle de chacune.
Une permanence est établie à l’église Saint-Jean de 18 à 19 h pour accueil des prisonniers avec la complicité de l’abbé Prince le curé local.
Des chemins d’évasion vers la Suisse sont recensés :
1°) derrière le cimetière d’Hégenheim, dangereux car visible.
2°) par le massif du Tanet, mais à éviter l’hiver 41/42.
3°) par Landange (Moselle) avec l’aide d’André Kommenaker l’instituteur local.
Un rendez-vous est demandé et accordé à Vichy (Pétain) pour informer de la situation de l’Alsace par Lucienne Welschinger et Lucie Welker. Au retour cette dernière, préoccupée par la situation, se trompe de train, à sa descente à la gare d’Avricourt (Meurthe et Moselle) elle est arrêtée.
Son domicile est fouillé une liste des membres du réseau est découverte. Tous les membres3, sauf Marcelle Engelen, sont arrêtés en mars 1942, emprisonnés à Kehl (Allemagne) puis déportés au camp de Schirmeck (Alsace).
26 janvier 1943 : le procès où la majorité sont condamnés à mort4 pour trahison car l’Alsace est allemande, les autres resteront en prison.
Notes :
1°) Marcelle Engelen, Lucie Welker, Alice et Marie-louise Daul entre autres, qui seront transférées à Hambourg le 6 février 1945 après leur arrestation puis libérées par les Britanniques en mai 1945 et retour en France le mois suivant. Lucienne Welschinger et Marie Cross libérées par les troupes US en avril 1945. La coopération parfois de Paulette Falbisaner.
2°) intégrée ensuite dans « France 99 ».
3°) André Kommenaker, Albert Ott, Paul Widmann, Marie Gross et Anne-Marie Muller arrêtés l’un après l’autre du 12 mars au 12 mai. Alice Daul, qui s’est évadée, se trouve en Suisse.
4°) peine suspendue par intervention du Maréchal Pétain et du Nonce apostolique.
Distinctions : les sœurs Daul, médaille de la résistance Française, Croix de Guerre.
Lucienne Welschinger et Emmy Weisheimer : médaille de la Résistance Française, Croix de Guerre et Légion d’Honneur
Lucie Welker : médaille de la Résistance Française.
Sources : divers sites Internet

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