Odette FABIUS, femme combattante

Naissance d’Odette, Cécile, Esther Schmoll le 2 octobre 1910 dans le 8ème arrondissement de Paris. Fille d’une famille juive française, son père Louis Schmoll, né en 1872, avocat à Paris, est décédé à Auschwitz en 1943. Sa mère Émilie Rodrigues-Ely (1882/1937) est une pure bayonnaise. Un frère, Robert complète la famille.
Elle passe le baccalauréat à 17 ans et s’inscrit à l’école du Louvre.
Le 17 février 1929, elle épouse un antiquaire, Robert Fabius1, qu’elle a rencontré quelques mois auparavant. Le mariage ne tiendra pas et le divorce est prononcé en 1955.
Elle pouvait laisser la vie s’écouler doucement. Mais contrariée par l’accord de Munich2 elle réagit. Dans un premier temps elle se joint à un groupe de femmes de l’aristocratie parisienne qui prend en charge les blessés de guerre pour les envoyer en zone libre centre ou sud de la France. Elle fera ainsi plusieurs voyages vers l’une ou l’autre de ces régions.
En novembre 1941 elle est à Marseille, et entre dans le réseau de résistance « Alliance » spécialisé dans le renseignement et en lien direct avec l’Intelligence Service de Grande Bretagne.
Les événements la décident de confier sa fille Marie-Claude au collège de Mme Henriette Pichon3 installé au chateau de Bussolles près de Vichy (Allier) en zone libre, sous une fausse identité. Elle y restera jusqu’à la libération.
31 juillet 1942 : descendue vers le sud-ouest, pour se rendre à Dax. À son arrivée, elle retrouve son contact le garagiste Morel, qui lui signale de nombreuses arrestations, 6 à 7 000, et qu’aller plus loin à Haguetmau (Landes), serait dangereux. Odette transporte avec elle, bien cachés, les plans de la base de Dunkerque, qu’elle doit remettre à un contact. Une solution risquée, prendre le bus ,ce qu’elle fait en compagnie d’autres passagers. Arrivée à destination des « feldgendarmes » les accueillent et les emmènent à la gendarmerie pour contrôle. On lui prend ses papiers, elle est introduite dans le bureau d’un officier. Discussion pour la loger, demande d’une caution de quelques milliers de francs qu’elle donne. L’officier s’absente pour aller chercher un reçu et Odette s’aperçoit que c’est une porte fenêtre qui donne sur la rue.

la gare de Dax

poste de contrôle à Hagetmau
Qu’auriez-vous fait ?
Comme Odette bien sûr, elle l’ouvre et disparait rapidement. Elle trouve le moyen de partir vers Marseille, tel que prévu. Arrivée à destination, elle retrouve son contact et entre dans le réseau OCM4 Centurie.
23 avril 1943 : elle est arrêtée par la gestapo, alors qu’elle s’apprête à avertir le réseau d’une possible arrestation. Incarcérée à la prison Saint-Pierre de Marseille (5éme arrondissement) mais au secret car terroriste notoire.
Juin 1943 : elle est envoyée à la prison de Fresnes.
31 janvier 1944 : déportée à Ravensbrück, par le convoi des 27 000, venu de Drancy, puis parti de Compiègne « Royallieu ». Elle y arrive le 3 février, une journée particulièrement froide, elle connaitra bien pire. Elle est tatouée n° matricule 27393, et travaille au déchargement de briques.
Mais Odette n’a qu’une idée : s’évader. Ce qu’elle réussit à faire, se cache dans la forêt proche. Hélas trois jours après, une patrouille cynophile la retrouve.
Retour au camp, punition exemplaire : 50 coups de fouet, devant les autres détenues et 10 jours de bunker. Elle est emmenée au Revier (infirmerie du camp) pour y être soignée. Le docteur Anne Spoerry, alsacienne, la récupère et la cache de janvier jusqu’à la libération du camp en avril 1945, par l’armée rouge. Elle est prise en charge par la Croix Rouge en Suède, puis rapatriée à Paris.
Elle y décède dans le 16éme le 1er juin 1990.
Distinctions :


Avec Georges Pompidou

Avec Geneviève De Gaulle
Notes :
1°) Cousin germain du père de Laurent Fabius ex-ministre. Arrêté en octobre 1943 à Nice.
2°) du 29/09/1938, annexion des Sudètes (en Bohème, population d’origine germanique) à l’Allemagne, c’est le début du démembrement de la Tchécoslovaquie.
3°) 1888/1954, crée en 1911, avec son mari Henri leur 1ére école de filles qui deviendra collège privé pour familles fortunées. Reconnue comme « Juste parmi les Nations » le 28 juillet 2010 par Yad Vashem.
4°) Organisation Civile et Militaire de la Résistance. (1940)
Livre : « Un lever de soleil sur le Mecklembourg ». (Région au nord-est de l‘Allemagne, bordée par mer Baltique)

Sources : divers sites internet
Photos de « centre pédagogique résistance et déportation des Landes »

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