Hommage à Charles Leclère
Résistant de la Compagnie Pons, tombé à Crest le 6 juin 1944
Lors de notre congrès 2025 à Valence, nous avons rendu hommage aux 1 490 victimes tombées pour que la France demeure libre.
Résistants, déportés, aviateurs français ou soldats américains : nous leur devons 81 années de paix.
Le 24 septembre, nous étions aux côtés de notre ami Jean-Pierre Leclère, dont le père, Charles Leclère, est inscrit sur l’immense stèle. du mémorial de la résistance à Miremande dans la drôme.
Son nom figure également sur le monument de Crest. Le 6 juin 2026, Jean-Pierre s’y est recueilli en famille. Pour lui, comme pour toutes celles et ceux qui partagent ce douloureux héritage, nous transmettons aujourd’hui son histoire.
Le combat de Crest
Charles Leclère appartenait à la Compagnie Pons, une unité de résistants FFI dirigée par Paul Pons et active dans la vallée de la Drôme.
Dans la soirée du 5 juin 1944, le message codé de Radio Londres, « La pistache est verte », donne le signal de l’action aux groupes de résistance locaux. La Compagnie Pons prend alors position à Crest, coupe les communications et mène des sabotages sur les voies ferrées et routières de la vallée.
Le 6 juin 1944, vers 14 h 30, une colonne allemande venue de Valence arrive à l’entrée de Crest. Une trentaine de résistants de la Compagnie Pons tente de l’arrêter avec des moyens dérisoires : un poteau électrique abattu, quelques amas de pierres et les murs du cimetière pour abri. Face aux automitrailleuses allemandes, le combat devient rapidement très inégal.
Charles Leclère est tué au cours de cet affrontement. Les archives du musée de la Résistance mentionnent cinq résistants morts ce jour-là :
- Albert Daumas (ou Dumas selon les sources)
- Pierre Brun
- Marcel/Paul Mège
- Paulin Arnaud
- Charles Leclère
L’un des premiers morts de la Libération dans la vallée de la Drôme
Le combat de Crest est considéré comme le premier affrontement ouvert entre les résistants de la vallée de la Drôme et une colonne allemande après le Débarquement. Malgré le repli des résistants, cette action conserve une forte portée symbolique : elle marque le début de l’insurrection locale.

Historique de la Compagnie Pons
unité de la Résistance intégrée aux FFI
La Compagnie Pons est l’un des groupes de résistance les plus importants de la vallée de la Drôme pendant la Seconde Guerre mondiale. Elle doit son nom à son chef, Paul Pons, ancien marin devenu responsable d’une unité de la Résistance intégrée aux Forces françaises de l’intérieur (FFI).
Origines à Crest
La compagnie est constituée dès 1943 à Crest autour d’une vingtaine d’hommes. Elle est liée au réseau britannique Buckmaster « Roger » et se spécialise dans :
- La réception de parachutages d’armes ;
- Le camouflage et le stockage d’armements ;
- Les sabotages d’infrastructures ;
- Le renseignement et les actions de guérilla.
Rapidement, son recrutement s’élargit dans toute la vallée de la Drôme et sur le flanc sud du Vercors. À l’été 1944, elle compte plusieurs centaines d’hommes répartis entre Crest, Saillans, Chabrillan, Grâne, Valence et Portes-lès-Valence.
Le combat de Crest du 6 juin 1944
Le soir du 5 juin 1944, le message codé diffusé depuis Londres — « La pistache est verte » — annonce le déclenchement des opérations liées au Débarquement. Les résistants de la compagnie Pons passent immédiatement à l’action.
Le 6 juin au matin, ils prennent le contrôle de Crest, coupent les communications et réalisent plusieurs sabotages. Une colonne allemande arrivant de Valence attaque cependant la ville dans l’après-midi. Une trentaine de résistants tentent de bloquer sa progression à l’entrée de Crest, près du cimetière. Le combat est très inégal. Cinq résistants sont tués et plusieurs autres blessés. Ce combat est considéré comme le premier affrontement majeur de la Résistance dans la vallée de la Drôme après le Débarquement.
Les cinq morts commémorés sont :
- Albert Dumas
- Marcel Mège
- Pierre Brun
- Charles Leclère
- Paulin Arnaud.
Engagement dans le Vercors et la Libération
Après juin 1944, la compagnie participe aux combats du Vercors, notamment dans les secteurs de Saillans et d’Espenel lors de l’offensive allemande de juillet 1944. Elle est ensuite reconstituée et poursuit la lutte. À l’arrivée des troupes américaines en août, elle sert d’éclaireur aux forces alliées dans la vallée du Rhône et participe aux combats de Fiancey et de la région de Valence.
À la fin de la guerre, le bilan de la compagnie est lourd : environ 29 tués et une quarantaine de blessés.

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