Paulette DUHALDE. Normande, agent secret de l’armée française
Elle nait dans la belle région de Normandie, à Flers (Orne) le 20 juillet 1921.
Ses parents : Edouard le père et Renée la mère née Granguillet résident au 20 de la place du marché. Edouard gère une auto-école et Renée un petit café.
Paulette, de santé fragile, fréquente l’institut Notre-Dame. Ses études terminées elle envisage de rentrer au couvent mais change d’orientation et entre à la banque de France à Flers le 11 décembre 1939 comme stagiaire. Poste qu’elle quitte le 10 octobre 1940, la banque connaissent quelques difficultés
Elle y revient le 28 novembre suivant, mais comme secrétaire comptable.
Février 1941 : contactée par un agent, elle entre dans la résistance au SR Air 401, réseau dirigé par Robert Jeanne, un caennais. Ses parents ignorent totalement son activité clandestine. Elle est Jeanne dite « Jojo ». Elle recueille des informations sur les mouvements de troupe, sur les effectifs adverses. Puis distribue le courrier aux différentes structures d’Alençon, Caen et Paris.
Elle est l’agent secret de l’Armée Française sous le pseudo » Lafay » ou « Lafée ».
L’occupant avançant rapidement, elle interpelle le directeur de la banque et lui demande s’il va laisser piller son établissement. Réaction quasi immédiate, ce sont 7 camions qui vont les acheminer à Bergerac.
9 décembre 1942 : elle est arrêtée à la banque de France, par la gestapo. Un agent du SD ayant réussi à infiltrer le réseau en 1942 et à les dénoncer. Une parole furtive « mon sac » à destination de sa collègue Mme Vaubaillon. Ce sac renferme, en effet, d’importants documents relatifs aux fortifications allemandes du mur de l’Atlantique.
Elle est emmenée à la caserne Bonnet à Alençon, puis le 10 décembre vers Fresnes pour y être mise au secret 5 mois. Ce sera aussi le cas pour 8 autres membres du réseau qui ont été également arrêtés. Elle arrive à communiquer avec sa voisine Claudine Masse.
17 juin 1943 : le tribunal militaire allemand de Paris la condamne à 5 ans de réclusion.
8 juillet 1944 : admise à la prison d’Aix la Chapelle, avec la catégorie « NN2 ».
22 juillet 1944 : part vers Würzburg et arrive enfin à Cottbus (dans le Brandebourg), près de Leipzig. Siège d’une usine produisant pièces pour avion ou char, où elle va travailler quelque temps. Dans ce camp elle est désignée pour distribuer, nourriture, courrier aux autres détenues. Elle en profite pour l’échange de messages ente prisonnières, quitte à en avaler en cas de danger.
Novembre 1944 : les autorités allemandes découvrent de nouvelles charges contre elle. Nouveau procès : qui lui inflige 8 mois de plus au secret.
21 novembre 1944 : transfert à Ravensbrück, la température y descendra jusqu’à – 26 ° C l’hiver suivant. On lui attribue par tatouage, le n° matricule : 85283. Elle travaille au tri des objets et vêtements récupérés sur les déportés. Dans des conditions d’hygiène désastreuses elle tombe malade, fièvre, dysenterie, typhus. Ses codétenues la soignent, pour éviter qu’elle ne soit transférée dans un endroit inconnu.
Un matin Claudine Masse la découvre dans le « block » 8, très amaigrie, un squelette. Et dans la nuit du 22 au 23 avril 1945 Paulette décède, peu avant la libération du camp par l’armée soviétique, une semaine plus tard.
Notes :
1°) service de renseignement de l’Armée de l’Air Française.
2°) « Nacht und Nebel » codage pour indiquer les directives prévues pour ce genre de prisonniers.
Distinctions : – Médaille de la Résistance française (31 mai 1947)
– Croix de guerre 39/45 (24 mai 1945).
– Chevalier de la Légion d’Honneur (19 juin 1950)
– Un hommage rendu par Charles de Gaulle le 1er septembre 1945.
Puis : Plaque à son nom pour la place du marché de Flers.
photo Ouest-france
Une stèle dans la cour d‘honneur de la banque de France à Flers
Une stèle (juin 1999), au pied de l’église Saint-Germain
Un livre :
Jojo ou l’histoire de Paulette Duhalde, une jeune fille de Flers dans la résistance (Paul Labutte)
Sources : divers sites Internet

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