Rafle de VENISSIEUX un jour d’été 1942

26 août 1942 : le gouvernement de Vichy a promis l’arrestation de 10 000 juifs apatrides réfugiés en zone libre.

Ce même jour ce sont 6584 adultes et enfants qui sont donc arrêtés, puis dirigés vers Drancy lieu de regroupement pour être ensuite déportés à Auschwitz.

Pourquoi ?

5 août 1942: une circulaire demande l’arrestation de tous les juifs venus en France après le 1er janvier 1936 (toutes nationalités) sauf ceux qui pourraient bénéficier d’une exemption (femme enceinte, plus de 60 ans, parents avec enfant de moins de 2 ans, conjoint ou enfant français et personnes trop handicapées).

L’occupant en demande 20 000 Vichy en propose 10 000 et sans aucun français. Hélas Pierre LAVAL1 impose de ne pas séparer les enfants des parents.

La rafle est prévue en région lyonnaise, le préfet Alexandre Angeli est chargé de cette mission. Il réquisitionne donc, près de Saint-Fons, le camp de Vénissieux, ancien camp militaire situé 25/27 avenue de la République, pour y installer les personnes raflées. Dans ce camp sont déjà hébergés, mais mal, des MOI2.

 

27 août 1942. L’arrivée à Vénissieux des autocars remplis de Juifs étrangers raflés dans la région. Policiers ou gendarmes encadrent l’opération.
CREDIT : Fonds des Fils et Filles des déportés juifs de France, Serge Klarsfeld

 

photo « mémoires de guerre »

 

 les détenus du camp (photo « le Progrès de Lyon »

Sont donc arrêtés par la police française 1046 personnes. Il faut faire le tri en vertu des cas d’exemption (critères § 2 ci-dessus). Ce sera le rôle de René Angeli et de René Cussonsac commissaires lyonnais.

Pour les aider dans cette tâche le responsable du Service Social de Lyon, Gilles Lessage va fournir un laisser-passer aux membres de l’OSE3 et da la Cimade pour venir en aide aux reclus.

Mais surtout il impose pour le tri, l’abbé Alexandre Glasberg (qui a trouvé un moyen pour sauver ces enfants) accompagné de Pierre Chaillet auteur d’un journal clandestin et de Jean-Marc Soutou son secrétaire, tous les deux résistants.  Ils auront, du 27 au 29 août, à vérifier de nombreux dossiers afin d’exempter le maximum de personnes. Pour cela divers stratagèmes sont employés : faux papiers, manipulation des dates, faux certificats médicaux du Dr Adam. Bref ce seront 471 personnes qui seront sauvées, dont 108 enfants.

La commission conseille aux parents de ne pas prendre leurs enfants ces derniers ne seraient pas déportés et seraient ainsi sauvés.

Occupés au départ des 545 condamnés mis dans un train pour Saint-Priest le 29 août puis remis aux allemands à Chalons sur Saône à la ligne de démarcation, la surveillance est relâchée, les enfants sont évacués discrètement par l’arrière du local. Deux autocars les emmèneront dans un couvent lyonnais, 10, montée des Carmélites.

Les Allemands sont mécontents il n’y a pas les 800 déportés prévus, Angeli est averti puis le cardinal Gerlier qui refuse de donner les enfants. Ces derniers seront placés dans des familles d’accueil. Sur les 108 enfants évacués 105 seront sauvés les 6 manquants ayant été retrouvés et déportés à Auschwitz.

Ce sauvetage d’enfants reste l’un des plus grands, grâce à l’Église, aux associations sociales comme « Amitié Chrétienne » fondée par Alexnadre Glasberg, à « Cimade » et aux familles d’accueil.

Rachel Kaminker, une rescapée du camp, décédée en 2020 (photo « Le progrès de Lyon »)

 

Notes :   

1°) du gouvernement de Pétain à Vichy. Principal collaborateur avec le régime nazi. Va plus loin, beaucoup trop, que les demandes de l’occupant. Arrêté, et condamné à mort, peine appliquée le 15 octobre 1945.

2°) Main d’Oeuvre Immigrée

3°) Oeuvre de Secours aux Enfants

Info actu :    film présenté à Cannes le 17 mai dernier, avec Daniel Auteuil dans le rôle principal. Valérie Portheret historienne en est la conseillère.

 

Sources : divers sites internet

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