15ème legislature
 

Question N° : 12311 De Mme Annie Genevard ( Les RĂ©publicains – Doubs ) Question Ă©crite
Ministère interrogé > Armées (Mme la SE auprès de la ministre) Ministère attributaire > Armées (Mme la SE auprès de la ministre)
Rubrique >anciens combattants et victimes de guerre TĂŞte d’analyse
>CrĂ©ation d’un « fonds de solidaritĂ© du Tigre
Analyse > CrĂ©ation d’un « fonds de solidaritĂ© du Tigre ».
Question publiée au JO le : 25/09/2018
Réponse publiée au JO le : 06/11/2018 page : 9960

Mme Annie Genevard attire l’attention de Mme la secrĂ©taire d’État, auprès de la ministre des armĂ©es, concernant la crĂ©ation d’un « fonds de solidaritĂ© du Tigre » portĂ© par l’association nationale des pupilles de la Nation, des orphelins de guerre qui permettrait de mettre fin Ă  une discrimination entre les pupilles de la Nation. Dans un dĂ©cret n° 2000-657 du 13 juillet 2000, le Gouvernement reconnaĂ®t le droit Ă  indemnisation des orphelins dont les parents furent victimes de persĂ©cutions antisĂ©mites et racistes durant la guerre de 1939-1945. Ce droit a ensuite Ă©tĂ© Ă©tendu par le dĂ©cret n° 2004-751 du 27 juillet 2004 qui permet d’indemniser Ă©galement les orphelins de parents victimes de la barbarie nazie, morts en dĂ©portation, fusillĂ©s ou massacrĂ©s pour actes de rĂ©sistance ou pour des faits politiques. Cependant, ces dĂ©crets ne prĂ©voient pas d’indemnisation pour les pupilles de la Nation du fait de la guerre de 1939-1945 et dont l’acte de dĂ©cès porte la mention marginale « Mort pour la France ». Pour rĂ©parer cette injustice, l’association nationale des pupilles de la Nation, des orphelins de guerre a prĂ©sentĂ© au PrĂ©sident de la RĂ©publique la proposition de crĂ©ation du « fonds de solidaritĂ© du Tigre ». Ce fonds de solidaritĂ© qui fait rĂ©fĂ©rence Ă  Georges ClĂ©menceau, surnommĂ© « le Tigre » et initiateur de la loi de 1917 crĂ©ant le statut de « pupilles de la Nation », pour les orphelins de guerre, serait financĂ© par un prĂ©lèvement sur les gains distribuĂ©s par la Française des jeux aux joueurs gagnants, sans aucun impact sur le budget de l’État. Aussi, elle souhaite connaĂ®tre la position du Gouvernement concernant cette demande bien lĂ©gitime.
REPONSE de la SecrĂ©taire d’Etat Mme Darrieussecq
L’indemnisation, mise en place par les dĂ©crets n° 2000-657 du 13 juillet 2000 instituant une mesure de rĂ©paration pour les orphelins dont les parents ont Ă©tĂ© victimes de persĂ©cutions antisĂ©mites et n° 2004-751 du 27 juillet 2004 instituant une aide financière en reconnaissance des souffrances endurĂ©es par les orphelins dont les parents ont Ă©tĂ© victimes d’actes de barbarie durant la Deuxième Guerre mondiale, est plus particulièrement destinĂ©e aux victimes de la barbarie nazie. Cette dernière renvoie Ă  une douleur tout Ă  fait spĂ©cifique, celle d’avoir perdu un père ou une mère, ou parfois les deux, dans un camp d’extermination. C’est en effet le caractère hors normes d’extrĂŞme barbarie propre Ă  ces disparitions spĂ©cifiques Ă  la Seconde Guerre mondiale, le traumatisme dĂ©passant le strict cadre d’un conflit entre États, ainsi que la complicitĂ© du rĂ©gime de Vichy, comme l’a rappelĂ© le PrĂ©sident de la RĂ©publique, qui sont Ă  l’origine de ce dispositif rĂ©servĂ© aux enfants dont les parents, rĂ©sistants ou ayant fait l’objet de persĂ©cutions antisĂ©mites ou raciales, incarnant des martyrs, sont dĂ©cĂ©dĂ©s en dĂ©portation ou ont Ă©tĂ© exĂ©cutĂ©s dans les circonstances dĂ©finies aux articles L. 342-3 et L. 343-5 du code des pensions militaires d’invaliditĂ© et des victimes de guerre (CPMIVG). Ce dispositif, qui traduit une certaine responsabilitĂ© de l’État français, doit rester fidèle Ă  sa justification essentielle qui est de consacrer solennellement le souvenir des victimes de la barbarie nazie, Ă  travers leurs enfants mineurs au moment des faits. Le Gouvernement entend maintenir cette spĂ©cificitĂ© pour ne pas porter atteinte Ă  la cohĂ©rence de ces dĂ©crets. Il connaĂ®t toutefois les difficultĂ©s subies par les pupilles orphelins de guerre ou du devoir. Aussi, lorsque l’examen de plusieurs dossiers laisse apparaĂ®tre la difficultĂ© d’appliquer des critères stricts permettant de distinguer des situations extrĂŞmement proches, le ministère des armĂ©es s’attache Ă  Ă©tudier les dossiers concernĂ©s au cas par cas, afin de garantir une Ă©galitĂ© de traitement, tout en confirmant la nĂ©cessitĂ© de prĂ©server le caractère spĂ©cifique de cette indemnisation dont l’extension Ă  tous les orphelins de guerre ne saurait ĂŞtre envisagĂ©e. Enfin, il est prĂ©cisĂ© qu’ainsi que le prĂ©voit le CPMIVG, tout orphelin de guerre peut percevoir, ou a pu percevoir, une pension spĂ©cifique jusqu’Ă  son 21ème anniversaire. En outre, les orphelins de guerre et pupilles de la Nation, quel que soit leur âge, sont ressortissants de l’Office national des anciens combattants et victimes de guerre et peuvent bĂ©nĂ©ficier, Ă  ce titre, de l’assistance de cet Ă©tablissement public, dispensĂ©e notamment sous la forme d’aides ou de secours en cas de maladie, absence de ressources ou difficultĂ©s momentanĂ©es. A ce stade, et pour les motifs Ă©voquĂ©s prĂ©cĂ©demment, la crĂ©ation d’un fonds de solidaritĂ© alimentĂ© par une fraction des gains distribuĂ©s par la Française des jeux n’est pas envisagĂ©e.

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