Paysages d’Indochine
Poème pour le 8 Mai
Par Stéphanie RAMOS
Le huit mai se déploie comme un lys de lumière,
Et la France, en son cœur, sent frémir le matin.
Mais l’Indochine veille, au bord des rizières claires,
Où l’aube a la couleur d’un souvenir lointain.
Là-bas, le fleuve roule une mémoire ancienne,
Ses remous sont des voix que le vent a portées.
Il murmure aux bambous, dans la brume indochienne,
Les pas de ceux partis vers d’autres vérités.
Les montagnes de jade, aux crêtes immobiles,
Dressent dans le silence un souffle de destin.
Elles gardent, dans l’écho de leurs pentes subtiles,
Le rêve d’un retour, le poids d’un lendemain.
Et la mousson, parfois, comme une main fidèle,
Efface les douleurs en caressant la terre.
Elle mêle au parfum des fleurs de cannelle
Le souffle d’un espoir que nul orage n’altère.
Ainsi, le huit mai brille au-dessus des rivages,
Unissant deux horizons qu’un même élan soutient :
La paix sur nos cités, la paix sur les nuages
Qui veillent, outre-mer, les ombres du lointain.
Ô jour victorieux, que ton éclat chemine
Des plaines de France aux jungles d’Orient.
Que ton souffle apaisé traverse l’Indochine
Comme un pont de lumière entre les vivants.

Commentaires récents