François HOUPE   « l’houspitalité » tarnaise de survie en 1944

discours de François HAUPE en 1944

Octobre 1943 : c’est bientôt la rentrée scolaire, François HOUPE le Directeur de l’école professionnelle1 de CASTRES (Tarn) prépare  cette dernière avec l’aide du tout jeune (né le 16 Avril 1921) surveillant général de l’internat  Edmond DURAND2.

Georges est à gauche

Recensement des anciens élèves  puis des nouveaux entrants. Effectifs stables sauf qu’à ces enfants tarnais vont s’ajouter 11 nouveaux internes de 12 à 18 ans.

Venus d’où ? Ce sont des petits réfugiés alsaciens, fils d’émigrés juifs de l’Est de la France. Huit viennent d’un camp scout de Moissac (Tarn), l’EIF (French Jewish Scout création de 1923) et trois autres du camp OSE (Œuvre de secours aux enfants) de Chabannes (Creuse).

Ces 2 centres viennent d’être fermés par mesure de sécurité et leurs pensionnaires  répartis dans diverses structures dont l’école de CASTRES. Ces nouveaux arrivants sont munis de fausses identités et vont donc ainsi à l’école communale castraise.

Parmi eux se trouvent Simha AROM ( ou Fred AUBERT) et Georges WASNBERG qui ont été à l’école primaire voisine et obtenu leur  Certificat d’Etudes, et Bernard KALIKZSTEJN (né le 15 octobre 1927) qui sera reçu au CAP menuiserie.

1er juin 1944 : fermeture des écoles par décision de l’inspection académique. Les jeunes tarnais ayant leur famille proche y retournent, mais les petits réfugiés, évidemment sans parents, doivent rejoindre leur structure d’origine, EIF et OSE3 pour être cachés ensuite dans diverses familles ou lieux sécurisés, sauf un le plus jeune.

C’est Georges WASNBERG qui sera caché chez Edmond DURAND le « surgé » appellation de l’époque. Il vivra donc à Dourgnes (Tarn) avec Edmond, sa mère et sa grand-mère, sous le nom de Georges VERON. Plus tard il dira avoir été choyé par ses 3 hôtes qui lui prodiguaient  beaucoup d’affection, que Mme ALICE la maman était bonne et généreuse, quant à Léontine la grand-mère c’était vraiment une protection. Il était nourri, logé, habillé et protégé.

Georges en 1944

 

          Georges en 1945

Mais cela n’a duré que 4 mois et Georges est reparti vers une autre destination, sans doute un de ses oncles coiffeur rue Custine à Paris (XIII ème). Toutefois il a longtemps correspondu avec sa famille d’accueil. Il a appris plus tard que ses parents avaient péri à AUSCHWITZ

Le second sauveur, Fernand HOUSTE (03/06/1886 à 29/03/1953) a été élu maire de Castres le 26 août 1944 jusqu’en mars 1952. En outre il avait intégré la résistance locale. Le 14 juin 1944 il convoque Pierre CORMERY un étudiant, puis 3 autres et leur demande de rejoindre le maquis de Vabre pour échapper au STO. Il est aussi le président du comité local de libération du Tarn  et c’est lui qui annoncera un cessez le feu pour le lundi 2 août à 9 h. Castres sera libéré le 20 août 1944.Il était aussi sculpteur pendant ses loisirs.

Fernand HOUSTE et Edmond DURAND seront reconnus « Justes parmi les nations » le 2 août 1999.

 

Notes :

1°) collège de Castres aujourd’hui.

2°) licence d’histoire et de géographie en 1950 et surveillant au collège de……Castres

1954 : surveillant général à Concarneau (Finistère).

1964 : censeur au lycée David à Angers  puis principal du collège Chevreul.

Il décèdera en 2006 à Angers.

3°)  OSE : en août 1912 création à Saint-Petersbourg (Russie) par des médecins, de l’OZE, système de santé pour les populations juives. S’installe à Berlin en 1923 sous l’impulsion d’Albert EINSTEIN, a plusieurs ramifications en Europe. En1938 après la nuit de cristal l’OSE voit le jour, puis officiellement en 1943 à Paris. Sera ensuite intégrée à l’UGIF (union générale  des juifs de France).

De fait l’OSE est considérée comme une ONG. Pour l’anecdote  Elie BUZYN le père de l’ancienne ministre de la santé (Agnès)  y a été accueilli, ainsi que Popeck et Elie Wiesel pour les plus connus.

Sources : divers sites internet.

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