Mélanie BERGER-VOLLE résistante française nous a quitté
Née à Vienne (Autriche) en 1921 dans une famille juive.

Mélanie en 2022
Après le collège, elle est apprentie couturière mais en même temps porte un intérêt à la politique dès l’âge de 13 ans. Ele fait partie des mouvements ouvriers et à 15 ans participe à des activités illégales.
Adhère au parti socialiste révolutionnaire d’Autriche (RSO), parti qui est interdit. Pour les réunions ce sera la plage, mais naturiste (rien à cacher !) de la Lobau parc naturel au nord de Vienne.
Puis passe au RKÖ1, parti communiste révolutionnaire d’Autriche. Mais c’est l’Anschluss, annexion de l’Autriche à l’Allemagne, en mars 1938
Les choses se compliquent pour Mélanie car juive mais aussi communiste (double danger), menacée de prison elle quitte son pays. Se rend illégalement, via l’Allemagne, en Belgique. Puis début 1939 se rend en France déguisée en homme, « travailleurs immigrés », destination Paris.

Mélanie en homme pour venir en France
Son nom Berger, bien allemand, a aussi une consonnance française, ce qui la protège un peu, on lui accorde un permis de séjour.
Mais malgré cela elle est toujours surveillée car étrangère antifasciste, puis arrêtée. Elle est dirigée vers Clermont-Ferrand puis Gurs2 (Pyrénées Atlantiques) en train. Elle réussit à s’échapper. Occupe quelque temps un travail de femme de ménage chez un avocat puis le quitte et rejoint Montauban (Tarn et Garonne).
Elle distribue des tracts anti-Hitler aux soldats de la Wehrmacht.
Janvier 1942 : elle est arrêtée par la police française et soumise à des interrogatoires musclés.
18 décembre 1942 : Mélanie est condamnée à 15 ans de travaux forcés et à 20 ans d’interdiction de séjour. Transférée à la prison Saint-Michel de Toulouse puis à la prison des Baumettes à Marseille avec 3 autres détenues : Madeleine Goetzmann, Jeanne Katzenstein et Margot Usclat.
Malgré cela elle est toujours recherchée comme « politique dangereuse » dans toutes les prisons.
Elle attrape une sévère jaunisse qui l’envoie à la prison-hôpital. Ses camarades de combat ne l’oublient pas et imaginent un processus d’évasion auquel participe un soldat allemand déserteur.
Des policiers de la gestapo viennent la chercher pour un interrogatoire, elle les suit, ce sont des amis et le déserteur, avec de faux papiers.
Ouf enfin libre, elle rejoint Lyon et réintègre la résistance sous divers faux noms.
Partie en mission à Paris elle est interpelée mais sans suite (faux papiers).
Paris libéré, Mélanie part enfin voir ses parents en Autriche. Là, elle y rencontre un journaliste français, Lucien Volle, ancien résistant, le capitaine « Lulu » du groupe Lafayette en Haute Loire.

Sur la canebière de Marseille en 1946
Le couple vivra 10 ans à Vienne (Autriche) puis rejoindra la France pour s’installer à Drancy. Mélanie travaille pour la mairie et le couple monte diverses associations d’anciens résistants.

photo BFM
Retraités, ils partent en Haute-Loire. Lucien y décède le 4 août 2012, Mélanie continue de témoigner dans le milieu scolaire.
Elle décède ces jours derniers, le 22 octobre 2026, à 105 ans. Ses obsèques ont été célébrées le 30 octobre. Elle est inhumée à Brives-Charensac, près de Saint-Etienne (Loire).
Notes :
1°) Révolutionäre Kommunisten Östterreichs.
2°) En Béarn, camp d’internement administratif du 2 avril 139 au 31 décembre 1945, pouvait accueillir plus de 3500 personnes (archives antérieures à 1940 détruites).
Distinctions :

Sources : divers sites internet hors IA

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