L’ARMISTICE
Poème de Stéphanie RAMOS
Au matin suspendu, l’aube ouvre un chant de paix,
Et l’horizon, tremblant, s’apaise pas à pas.
Le vent, comme un témoin revenu de l’abîme,
Effleure les champs nus où dort l’ombre sublime.
Les cloches, lentement, tissent un voile de jour ;
Elles portent dans leur glas un souvenir d’amour.
Le canon s’est tu — miracle aux lèvres du monde —
Et la terre, en silence, à son souffle réponde.
Sur les routes blessées, un soldat se relève encore,
Cherchant dans le soleil un avenir moins mort.
Son pas, lourd de passé, s’allège en espérance :
il marche vers la vie, vers l’aube en délivrance.
Les mères, les enfants, les veuves en prière
Dressent dans leur regard une flamme plus fière ;
Car l’armistice inscrit, au cœur du ciel ouvert,
Le serment d’un futur qui refuse l’enfer.
Ainsi, ce jour sacré, né d’un long sacrifice,
Offre au monde meurtri l’éclat d’un précipice :
Non celui de la guerre, où tout se désunit,
Mais celui d’un espoir renaissant de la nuit.

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