Renée LEVY professeur de lettres, résistante

                  photo défense gouv.fr

Née Renée Léa le 25 septembre 1906 à Auxerre (Yonne), elle est la petite-fille d’Alfred LEVY grand Rabin de France de 1907 à 1919 (décédé à Pau le 22 juillet 1919). Ses parents Léon et Berthe sont professeurs de lettres.

Hélas son père, malade, décède en 1909. Sa mère décide de partir s’installer à Paris, avec sa tante et sa sœur Germaine1, née le 2 juillet 1899 à Auxerre.

Renée est scolarisée dans l’établissement où sa mère enseigne : le lycée Victor Hugo rue de Sévigné à Paris (3ème). Elle ambitionne elle aussi une carrière de professeur, mais d’anglais en préparant une licence à la Sorbonne.

                         (photo :Le Figaro.fr

Elle fait des stages en Angleterre, s’absente souvent donc. Sa sœur Germaine se marie. Renée ne voulant laisser sa mère seule change d’orientation, elle fera prof de lettres. Continue donc ses nouvelles études pour être reçue à l’agrégation en 1932 (lettres latin et grec).

Elle est affectée au Lycée de jeunes filles « Fénelon » de Lille en 1936, elle fera partie d’un mouvement féministe (égalité homme/femme). Puis revient à Paris nommée au lycée Victor Duruy et définitivement en 1937 au lycée Victor Hugo (c’est le retour aux sources).

Septembre 1939 : A Cayeux sur mer un lycée provisoire est créé dans les locaux du casino pour accueillir les enfants de vacanciers, leur retour à Paris pouvant être dangereux en cette période. Yvette est en vacances dans cette station et on l’y affecte temporairement en tant que professeur de lettres.

Puis survient l’exode, Renée part quelque temps en Bretagne puis revient à Paris.

Désillusion, Renée de confession juive ne peut plus enseigner « loi du 4 octobre 1940 ». Elle est obligée de quitter son poste.

Des amies lui suggère de les suivre se réfugier dans les Alpes, mais refuse l’offre.

Révoltée, début 1941 elle s’invite dans le groupe de résistance du musée de l’Homme2. Elle fera office d’agent de liaison, distribuant tracts, et journaux clandestins tel « Résistance » (1er n° en décembre 1940). Ce réseau est abandonné car infiltré par un agent de l’Abwehr (service de renseignements allemand).

Renée trouve un autre réseau « Hector », spécialisé dans la collecte d’informations militaires, mais abandonné aussi à l’automne 1941, pour la même raison.

Nouveau réseau, celui de Jane SIVADON3 Renée s’y rend utile, elle collecte des infos sur les mouvements des troupes occupantes, leur matériel le tout envoyé avec son poste de radio (TSF) à Londres.

Mais elle est arrêtée le 10 décembre 1941, trahie par un agent double du nom d’Albert, la gestapo découvre son poste de radio à son domicile, preuve des plus accablantes

Emmenée à la prison de la santé à Paris, puis déportée le 11 février 1942 sous l’étiquette « N&B4 ». Confiée à la gestapo elle est mise au secret total à la prison d’Aix la Chapelle (Aachen) en Rhénanie du nord, d’Essen (130 km au N/E) puis de Prüm (170 km au sud, dans l’Eifel)).

30 avril 1943 : le tribunal de Cologne la condamne à la peine de mort et est guillotinée5 dans la cabane prévue à cet effet dans la prison. La famille est réduite, sa mère et sa sœur Geneviève ont été déportées en 1943 et seule sa mère rentrera.

29 octobre 1945 : un tirage au sort la désigne pour que sa dépouille soit mise provisoirement dans la crypte du Mont Valèrien à Suresnes avec d’autres, comme Betty Albrech voisine, le 11 novembre 1945, avant transfert en 1960 dans le mémorial situé devant la forteresse.

 

Distinctions :

Un timbre-poste, le 7 octobre 1983.

                                                                                       photo :rol-benzakem center blog

Une plaque commémorative au 6, rue de Normandie, son domicile parisien (3ème)

                                                                   photo musée de la résistance.org

Une autre sans le hall du lycée Victor Hugo, où elle fut élève puis professeur.

 

Notes :

1°) devenue avocate elle est déportée à Auschwitz le 13 févier 1943 et assassinée (gazée).

2°) fondé en juin 1940 (par Boris Vildé, Anatole Lewitsky et Yvonne Oddon) et le soutien du directeur du musée : Paul Rivet.

3°) toulousaine née le 26 juin 1901, décès le 3 août 1995 à Muret (31), directrice de l’école des surintendantes (La Motte les Bains près de Grenoble) Son école est un centre de résistance, liaison avec d’autres. Berty Albrecht est son ancienne élève. Arrêtée le 2 févier 1942, déportée, elle survivra malgré de terribles épreuves.

4°) « Nacht und Nebel » (« nuit et brouillard » un film en 1956) destiné à faire disparaitre tous les opposants au 3éme Reich dans le secret maximum. Initié par Maréchal Keitel (le 7 décembre 1941).

5°) Aurait prononcé cette phrase « Je suis française et j’ai bien fait de servir mon pays. Je regrette de n’avoir pas pu en faire davantage. ».

Distinctions : 

Sources :  divers sites internet.

 

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