Julie WALLACH survivante d’Auschwitz

Julie montrant sa photo bébé (photo the lastones.org)

Elle est née le 14 juin 1925 à Paris (12ème), sa famille le couple KAC a fui Varsovie et ses futurs problèmes, pogrom (pillage, destruction, d’origine russe) pour s’installer à Ménilmontant.

Joseph, travaillant dans la maroquinerie de luxe, et Marjen (Marie) Supe se sont mariés à Paris (4ème) en juillet 1924 et résident rue Henri Chevreau puis au 20 de la rue de Nemours en 1935. Mais le couple ne parle pas français et c’est Julie qui s’occupe de la comptabilité et des factures.

Mi-juillet 1942 : la famille est prévenue d’une possible rafle et part se réfugier à Bry-sur-Marne.

15 juillet 1942 : Julie et sa mère retournent à Paris pour affaires, paiement du loyer,. Mauvaise idée car Marie est arrêtée le 16 au matin lors de la rafle du » Vel d’hiv » du 16 juillet 1942. Julie qui est française est libre. Elle tente malgré tout de faire libérer sa mère, cause perdue bien évidemment. Joseph n’a pas obéi au « billet vert » et ne s’est donc pas présenté au commissariat et était absent ce jour-là.

Par prudence elle rejoint son père et son oncle qui se cachent.

Marie est dirigée vers Drancy. Juile et son père d’un appartement d’un immeuble en face l’aperçoive et lui font signe.

31 août 1942 : le convoi n° 20 la déporte à Auschwitz, tatouée n° 46540, puis à Birkenau

24 avril 1943 :  c’est un samedi matin, Joseph le père, sa fille Julie1 et l’oncle sont arrêtés après la dénonciation d’une voisine2 ce que lui a indiqué le policier venu les arrêter, d’ailleurs beaucoup de résidents de cet immeuble pratiquaient cette ignoble besogne. Ils sont dirigés vers Drancy lieu de regroupement de toutes les personnes arrêtées.

23 juin 1943 : Déportés à Auschwitz-Birkenau par le convoi 55, dans des conditions de voyage déplorables durant 3 jours. Arrivée au camp, elle est tétanisée par les soldats qui ne crient pas mais gueulent (selon ses dires mais réels), les chiens qui suivent et aboient sans cesse.  Elle sera tatouée du matricule 46645. Elle apprend ensuite par une détenue que sa mère, n’est plus (gazée) et promet à son père (qui ne survivra pas : envoyé nettoyer le ghetto de Varsovie il sera éliminé avec ses codétenus), car ils vont être séparés, de bien observer ce qu’il se passe dans le camp pour raconter et témoigner plus tard si elle survit.  Affectée dans un premier temps au Aussenkommando, puis au kommando des cuisines et enfin elle travaille dans une usine d’armement (détonateurs), près Auschwitz. Elle est sous-alimentée, a froid et attrape le typhus qui l’affaiblisse plus de deux mois.

Julie montre son tatouage (photo liération.fr)

3 janvier 1945 : l’armée rouge approche et l’évacuation des camps est envisagée par les autorités, peu rassurées par cette approche.

18 janvier 1945 Ce sera Auschwitz. Des camions sont partis, nous ont laissé au camp et ce fut la 1ère marche de la mort. Le 21 elles avaient parcouru 80 km et arrivèrent à Ravensbrück le 25.

12 avril 1945. Surprise, des soldats de la Wehrmacht troquent leur tenue contre des vêtements civils et partent

24 avril 1945 : les Allemands évacuent les camps car les alliés approchent, ce ne sera pas par camions mais à pied : la marche de la mort, où s’arrêter est fatal. Les pieds sont gelés il fait aux alentours de moins 20 °. Profitant d’un relâchement et de conditions environnantes favorables, elle en parle à Fanny sa voisine et cinq d’entre elles s’évadent. Elles se retrouvent face aux « GI » américains qui les prennent en charge. Transît par la Hollande, destination Charleville en France puis train vers la gare de l’est à Paris.

La marche de la mort (photo : timetoast)

 

photo : encyclopédie bs editions.fr

     chez elle (photo : mediaclip.ina.fr)

26 mai 1945 : retour donc à Paris vers l’hôtel Lutetia centre de regroupement des déportés rentrant, établissement de listes nominatives et recherche de famille.

27 juin 1945 : mariage avec Marcel Wallach ancien déporté. Deux enfants Myriam le 15 janvier 1947 et Patrick le 5 juin 1954 compléteront la famille, puis cinq petits-enfants plus tard et la lignée continue avec six arrières-petits-enfants.

 Avec sa petite fille Frankie (photo : le monde .fr)

 

La famille…nombreuse (photo : La Croix.com)

Elle porte son témoignage dans les milieux scolaires.

Julie WALLACH décède le 23 septembre dernier 2026.

Un livre : co-écrit avec Pauline Guéna « Dieu était en vacances » (Grasset 2021)

Films : « Kneider » documentaire (2017) et « Trop d’amour » 2021 de Frankie Wallach (sa petite fille).

Distinctions : Chevalier de la Légion d’honneur en janvier 2022 par Serge Klarsfeld.

 

Notes :

1°) pourtant Julie avait recommandé que père et oncle se cachent dans un placard en cas de visite suspecte, mais Joseph n’a pu accepter de voir sa fille arrêtée.

2°) Mme Escoffier, qu’elle a revu à son retour. Cette dernière déclare qu’elle raconte des histoires, bizarre car elle porte un collier de sa mère au cou.

Sources : divers sites internet.

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