Esther POGGIO résistante toulonnaise

Voit le jour à Toulon le 18 janvier 1912 dans le commerce de la halle que tienne ses parents1, d’origine italienne et maraichers au Pont de Suve, elle est l’ainée de 5 enfants et grandit 22 rue des Riaux.

photo Nice Matin

1939 : la guerre est déclarée mais le Sud de la France n’est pas encore concerné.

1942 : Les parents coupables d’irrégularités commerciales sont expulsés vers l’Italie mais s’installent à Menton, possible car alors sous occupation italienne, ils y ouvrent un restaurant, rue de la Marne

Esther restée à Toulon, gère le magasin avec sa sœur Mireille. Elle ne veut pas rester inactive face à la menace ennemie et intègre les FTP2, où elle sert d’agent de liaison, s’occupe du ravitaillement, des armes à l’aide de fausses cartes d’identité que lui procurent certains policiers.

Mais elle est soupçonnée par la police de cacher, avec l’aide de sa sœur, des armes, des munitions diverses.

Novembre 1942 : les deux sœurs partent rejoindre leurs parents à Menton et vont les aider dans leur nouvelle occupation.

Esther, toujours révoltée cherche et trouve un nouveau réseau belgo-britannique « Combat » et aussi « Reims-Jenny- Coty » basé à Monaco. Elle continue son rôle d’agent de liaison, parcourt les départements de l’Isère (Grenoble) et des Alpes-Maritimes (Menton) sous le pseudo « Marquise ».

Se rend à Monaco pour préparer une filière d’évasion des aviateurs alliés qui sont internés sur ordre de Vichy dans la forteresse de 1874 « le Fort de la Revère », de 1882 à Éze, elle se fait aider par un groupe restreint de résistants et de quelques gardiens.

D’abord 7 aviateurs s’évadent, puis 15 autres qui vont se cacher dans un appartement à Monte-Carlo. Puis ce sera la destination Marseille avant de rejoindre l’Espagne puis l’Angleterre, l’opération se faisant par petits groupes.

D’autres aviateurs s’échapperont après avoir creusé un tunnel, mais trop nombreux (80), certains ne pourront parvenir à leur fin et seront repris, 60 parviendront quand même à rejoindre l’Angleterre.

De fait Vichy ferme ce lieu et transfère tous les prisonniers à Lyon.

Aout 1943 : son réseau rejoint le BCRA3 de Londres.

Décembre 1943 les Allemands occupent la principauté de Monaco. Le réseau établit un fichier de renseignements sur les collabos, avec photos et le transmette à Londres.

Novembre 1943 : un officier4 italien, déserteur détient les plans détaillés des fortifications établies entre Sète et Toulon. Il les donne au réseau qui en échange lui fait franchir la frontière italienne afin qu’il rejoigne les partisans italiens (Resistenza, anti-nazi, anti-fasciste).

8 février 1944 : des arrestations ont lieu.

3 juillet 1944 : le bureau du réseau est investi par la gestapo, qui procède à quelques arrestations. Esther se rendant 2 fois par semaine à Nice est repérée.

7 juillet 1944 : En déplacement Esther est arrêtée, car piégée par la gestapo renseignée par les autorités monégasques et possiblement un certain Roblot5 ministre d’état. Le réseau est mis hors service.

15 août 1944 : débarquement de Provence. L’occupant a peur et la gestapo de Nice, le Sipo-Sd, réagit immédiatement, en représailles elle arrête 21 résistants (18 hommes et 3 femmes6) dont Esther, René Borghini chef de la résistance monégasque et Robert De Lattre (cousin du Général). Ils sont emmenés en camion sur un terrain vague, l’Ariane7 près de Nice. On les fait descendre du camion et c‘est l’horreur, un assassinat, car ils sont fusillés au fur et à mesure de leur descente. Le même scénario se reproduit à Cannes.

Esther avait 32 ans.

photo riviera 24

 

dépôt de gerbe par le Prince de Monaco (photo monacomagazine)

Notes :

1°) le père : Charles, boulanger, la mère Ermida Cecchi se sont mariés à Toulon le 12 janvier 1907.

2°) Francs-Tireurs Partisans

3°) Bureau Central de Renseignements et d’Action

4°) le Marquis de Castelbianco originaire de Rome

5°) Emile Robiot (‘1886/1963) ex-préfet du Bas-Rhin nommé ministre à Monaco   de 1937 à 1944.

6°) Paulette Lottier, Silène Faletti et Esther

7°) entre Nice et Saint-André de la Roche.

 

Distinctions :

Mort pour la France

Légion d’Honneur à titre posthume.

Croix de Guerre 39/45

Médaille de la Résistance (Sous-Lieutenant FFI)

 

Les halles de Toulon sont rebaptisées « Esther Poggio », le 13 octobre 1956.

 

Sources : divers sites internet hors IA

 

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