ARCAMBAL dans le Lot, la maison brulée du 28 juin 1944


les auteurs de la BD, ci-dessus, devant la maison brulée (photo DPM)
Ce 28 juin donc, la gestapo, venue avec 3 camions de SS, commandés par Aloïs Iser, réputé pour sa violence, fait irruption dans le « café du midi » de Metges1 situé au cœur du village, soupçonnant celui-ci d’être un lieu de rencontre mais surtout de renseignements entre les résistants locaux.
C’est ici que travaille Esther LÉVY qui est immédiatement arrêtée. Puis emmenée dans leurs locaux. Peu après, Esther ayant été interrogée, la gestapo se rend au domicile de la famille Lévy2 et y découvre deux maquisards espagnols. Ces derniers sont exécutés immédiatement sans préambule. Ils s’appelaient : Pedro Sanchez Guitterrez et Francisco Jaime Cruanes Salvador.
Joseph le père, résistant, arrêté lui aussi, torturé et incarcéré à Cahors dans les caves de la villa Artigues puis exécuté sans recours aucun. De même le fils Maurice seulement 18 ans, résistant lui aussi torturé aussi, emmené à Cahors puis ramené a Arcambal le 2 juillet, torturé à nouveau et froidement exécuté en même temps que Gilbert Fréjaville, maquisard, résistant.
Maurice, déclaré Mort pour la France, repose au cimetière d’Arcambal.

Maurice (photo « MuestrosDezaparesidos »)
Le malheur ne s’arrête pas là, car 3 des 4 filles de Joseph : Esther, Judith et Odette, sont-elles aussi arrêtées. Ayant échappé à l’exécution, les trois premières3 seront déportées à Ravensbrück, mais Odette sera dirigée plus tard vers Bergen-Belsen.

Joseph et ses 5 enfants ( photo « Muestros dezaparesidos »)
Mais Violetta4 où donc était-elle passée ? Elle a échappé au sort de ses 3 sœurs, grâce à l’institutrice du village Mme Camille Brunet5, elle était absente car elle gardait des enfants de l’école à Cahors
En plus de la famille Levy, furent aussi victimes de la déportation : Elise Jouves, Léon Labarrère, il faut y ajouter René Borie cheminot tué sur place lors d’un acte de sabotage.
Et pour clore de façon immonde, ces sinistres faits, la gestapo incendie la maison de la famille Lévy.
Les filles libérées en avril 1945, ont pu malgré tout construire leur vie personnelle.
Le conseil municipal d’Arcambal a fait ériger une stèle dédiée aux martyrs de cette commune, inaugurée le 29 janvier 2011, stèle située près de la maison brulée des Levy.

inauguration de la stèle en présence de la famille (photo DPM Dépêche du Midii))
Notes :
1°) Marcel Metges le propriétaire du café est le chef de la résistance du Lot.
2°) la famille LEVY : Joseph est né à Smyrne en Turquie le 11 mars 1891. Il décide de quitter ce pays, sa femme a été jetée vivante dans un puits. Objectif la Palestine où il reste plusieurs mois. Mais ayant son frère Isaac au Brésil, il lui rend visite. Puis c’est le retour en France, à Lille où résident ses 2 sœurs Myriam et Louna avec lesquelles il règle les affaires de famille.
Lille est grand, il y fait la rencontre de Marthe Schën, jolie fille née à Lille le 9 septembre 1896 mais de parents lituaniens. Ils s’épousent dans cette même ville le 15 décembre 1921. De cette union naîtront 5 enfants : Esther le 26 novembre 1922, Violetta le 11 avril 1924, Maurice le 5 décembre 1925, Judith le 6 avril 1928 et la petite dernière Odette le 24 mars 1932, tous Lillois.

la mère et ses 5 enfants (photo « Muestros Dezaparesidos »)
Hélas Marthe tombe malade et décède en 1938. Joseph décide de partir en zone libre avec l’espoir de passer en Espagne avec ses enfants puis de rejoindre son frère au Brésil. Il s’arrête à Saint-Gaudens (Haute Garonne) proche de la frontière.
Il ne pourra aller plus loin, l’ordonnance d’octobre 1940 obligeant tous les juifs à se faire connaitre au commissariat le plus proche, il la respectera. Mais on l’oblige à quitter Saint-Gaudens, il prend le train et se retrouve à Arcambal près de Cahors dans le Lot, où une demeure lui a été attribuée au titre de résidence forcée., où toute la famille s’installe, participant plus tard à la vie de la commune.
3°) déportées le 30 juillet 1944 au départ de Toulouse. Esther 21 ans n° matricule 49622, Judith 16 ans, n°49623 et Odette 13 ans n°49624.
4°) Violetta, hélas très marquée depuis le début de la déportation de ses sœurs, décédera peu après leur retour.
5°) Camille Brunet, âgée était résidente d’un EHPAD du village.

document « Muestros Dezaparesidos »

la difficulté à la reconnaissance (doc « Muestros Dezaparesidos »
Sources : divers sites internet

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