Septembre 1944
Texte de Stéphanie RAMOS sur la Libération
En septembre 1944, la France tout entière semblait respirer à nouveau, et la liberté, telle une marée lumineuse, montait du Sud et de l’Ouest pour gagner peu à peu le Nord-Est.
Le 3 septembre, Lyon, « capitale de la Résistance » selon Jean Moulin, voyait ses cloches de Fourvière éclater dans l’air clair tandis que les blindés du général Diego Brosset franchissaient les ponts du Rhône, accueillis par des drapeaux longtemps cachés et des embrassades sans fin.
Quelques jours plus tard, le 7 septembre, Besançon, dominée par la citadelle de Vauban, retrouvait sa voix : les hommes de la 1re armée française du général de Lattre de Tassigny entraient par la porte de Battant, mêlant leurs pas à ceux des résistants sortis de l’ombre.
Puis, le 12 septembre, Dijon offrait à ses libérateurs non seulement des grappes de raisin, mais aussi la chaleur d’un peuple qui, malgré les façades encore criblées de balles, se parait de drapeaux comme d’un manteau neuf.
Deux jours plus tard, le 14 septembre, Nancy, sur la place Stanislas, entonnait La Marseillaise dans un air lavé par la victoire, les uniformes alliés se mêlant aux bérets des maquisards. Tandis que la mi-septembre ouvrait les portes des Vosges, Épinal, Remiremont et Saint-Dié s’arrachaient à l’Occupation au prix de combats rudes dans les vallées boisées, où l’odeur de poudre se mêlait à celle de la sève. Enfin, à la fin du mois, Belfort, Gérardmer et Luxeuil-les-Bains voyaient reculer les lignes ennemies, et les rivières, comme des miroirs, reflétaient les drapeaux neufs.
Ainsi, de ville en ville, de cloche en cloche, la France se relevait, et chaque date, chaque nom, devenait une étoile dans la constellation de septembre 1944, rappelant que, selon les mots d’Aragon, « la nuit n’est jamais complète ».

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