Des policiers nancéens osèrent désobéir ! oui JUSTE cause
Ce dimanche 19 juillet 2026, cette journée nationale en mémoire des victimes du racisme et de l’antisémitisme était particulière à Nancy.
Oui, car ce sont cinq policiers qui sont à l’honneur.
Mais qu’ont-ils fait ?
Ils ont agi en leur conscience, faculté absente, voulue ou non, dans la police et la gendarmerie au service du régime de Vichy.
Comment ?
En prévenant le 18 juillet 1942 les familles juives nancéennes d’une rafle imminente. Les autorités allemandes avaient fourni une liste de 385 personnes juives à arrêter. Le chef de service Edouard Vigneron réunit ses hommes. Elles étaient les 385 recensées obligatoirement au commissariat. Ce sont 350 qui seront prévenues par ces 5 policiers, leur évitant ainsi la déportation vers les camps de la mort. Faux papiers, voire billets de train sont parfois fournis
Mais 32 familles seront arrêtées n’ayant pu partir ou refus de croire les policiers engagés dans l’opération.
Ces policiers, connaissaient le risque encouru si les autorités d’occupation les découvraient.
Le lendemain les « autres policiers » chargés de l’arrestation, trouveront porte close ou absence de personnes. Les nazis sont consternés, voire furieux, et renvoient le train prévu pour Drancy.
Qui sont-ils ?
1°) Edouard VIGNERON.
(30 octobre 1896) à (01 mars 1972)
Policier municipal le 1er octobre 1922, puis chef du « Service des étrangers » en septembre 1940.
Arrêté le 1 août 1942 et incarcéré 3 mois à la prison Charles III de Nancy.
Nouvelle arrestation le 10 mai 1943, démis de ses fonctions et dirigé vers la prison de Fresnes pour 3 mois au motif : délivrance d’une fausse carte d’identité.
Reconnu « Juste parmi les Nations » par Yad Vashem le 3 mai 1982, remise médaille et diplôme le 4 juillet 1982 à l’hôtel de police de Nancy
2°) Charles BOUY.
(15 août 1900) à (17 février 1996).
Policier municipal à compter du 1er octobre 1922. Son épouse et lui ont hébergé deux familles juives en attente de départ pour la zone sud.
Reconnu « Juste parmi les Nations » le 31 août 1990, cérémonie officielle de remise médaille et diplôme le 23 juin 1991 à la mairie de Nancy
3°) Pierre MARIE.
(19 décembre 1907) à (09 avril 1999).
Gardien de la paix en 1930.
Reconnu « Juste parmi les Nations » le 3 mai 1982 et cérémonie remise médaille et diplôme le 4 juillet 1982 à l’hôtel de police de Nancy
4°) Francois PINOT
(3 juillet 1897) à (10 juin 1984).
Reconnu « Juste parmi les Nations » le 21 août 1990.
Non renseigné pour cérémonie officielle.
5°) Charles THOURON
(15 janvier 1906) à (19 mars 1957).
Inspecteur de police au « Service des étrangers »
Reconnu « Juste parmi les Nations » le 2 juin 1996 et cérémonie le 26 février 1998 à la mairie de Nancy
Ces 5 hommes détiennent de nombreuses médailles.
C’est donc ce dernier dimanche 19 juillet 2026 qu’un hommage leur fut rendu, devant de nombreuses personnalités et descendants des familles juives.
Discours de Jean-Marc Sellam président de la communauté juive de Nancy, lecture d’un message du ministère par le préfet de Meurthe et Moselle, Yves Seguy et enfin dépôt de gerbe.
Le tout orchestré par Jean-Pierre Pesson, président de l’Union des déportés de Meurthe et Moselle, ancien policier, fils de résistant déporté, qui continue inlassablement de perpétuer la mémoire familiale ainsi que d’autres.
Une plaque commémorative est visible à l’entrée de l’hôtel de police de Nancy
Témoignage :
Madame Denise Rozencweig 88 ans, assistant à la cérémonie du jour se souvient de cette période. Ses beaux-parents nancéens et leurs 3 enfants se reposaient chez eux.
Soudain, on frappe à la porte, on ouvre et apparaît le policier Pierre Marie
Moment de stupeur, d’effroi vite dissipé car on leur demande de partir illico, en emmenant quelques affaires car une rafle est envisagée par le commissariat. On suit le conseil, on part loin et on arrive en Tarn et Garonne, zone libre.
Le mari de Denise, enfant de 6 ou 8 ans à l’époque, fréquente l’église pour tenter de dissimuler ses origines juives, mais le curé le remarque, lui dit qu’il ne pourra assister aux offices mais lui demande de venir le voir. Ce qu’il fit, le curé faisant le nécessaire pour en faire un pseudo catholique.
NB : deux autres policiers Henri LESPINASSE (non reconnu Juste) et Emile THIEBAULT participèrent quelque peu à cet évènement. (sans trace aux archives).
Sources : divers sites internet dont France 3 Grand-Est.et évènement.
Photos : FR3 grand Est Léa Ramsay

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