Un nom trop tôt parti…

POEME DE STEPHANIE RAMOS

Ils n’ont pas choisi l’ombre, ni la gloire ébréchée,

Ni les larmes d’un drapeau sur une tombe dressée.

Ils ont hérité d’un souffle, d’un nom trop tôt parti,

Et portent dans leurs veines un courage endormi.

Ce sont les fils, les filles, des héros anonymes,

Dont le cœur bat encore au rythme des abîmes.

Ils avancent en silence, sous un ciel endeuillé,

Mais leurs pas sont trempés dans l’encre de la fierté.

Un père disparu sur la ligne de feu,

Une mère tombée pour un monde plus bleu,

Et l’enfance vacille, vacante, vacante,

Mais la mémoire veille, toujours vigilante.

Loin des grandes cérémonies, des discours éclatants,

Ils grandissent à l’ombre des absents si présents.

Un regard vers le ciel, un frisson dans la peau,

Chaque date, chaque nom, devient flambeau.

L’État les entoure d’un mot : reconnaissance.

Mais la vraie patrie, pour eux, c’est la présence

D’un geste fraternel, d’un hommage sincère,

D’une nation qui se souvient au fond de ses terres.

Ils apprennent à vivre avec des souvenirs en creux,

À faire fleurir demain sur un passé douloureux.

À transformer le manque en force déployée,

Et l’absence en lumière pour mieux se relever.

Ce sont des cœurs vaillants sous des visages calmes,

Des âmes en armure, forgées loin du vacarme.

Et même si le monde oublie parfois leurs noms,

Ils demeurent le souffle discret de la Nation.

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