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                            Catherine DIOR           une résistante au………..parfum

Née le 2 Août 1917 à Granville (Manche) Ginette, Marie dite Catherine (3 éme prénom) est la sœur de Christian DIOR le renommé couturier.

Leurs parents, Maurice DIOR industriel fortuné, dans les engrais et eau de Javel, et Madeleine MARTIN ont fait l’acquisition de la villa « Les RHUMBS1 » face aux falaises anglaises.

Catherine est la cadette de 5 enfants : Raymond (1899), Christian (1905). Jacqueline (1909), Bernard (1910) et Ils ont reçu une éducation stricte, celle de l’époque, surtout les 2 filles.

1910 : la famille s’installe à Paris, rue Albéric Magnard (devenue Richard Wagner), les Rhumbs devenant une résidence secondaire.

1931 : la crise du 1929 va provoquer la ruine du père, veuf depuis Mai. La famille quitte PARIS et part s’installer ans dans le Sud de la France à CALLIAN dans le Var au domaine « des Naÿssés » à l’Ouest de Grasse.

 la maison familiale

Caro aux Naÿssés

Catherine apporte sa modeste contribution à la vie familiale en cultivant, sur le terrain entourant la maison, divers légumes dont haricots verts et petits pois.

Novembre 1941 : Lors d’une visite à Cannes, cherchant à acquérir un poste de radio, elle rencontre dans un magasin Hervé des Charbonneries, c’est le coup de foudre. Ce dernier fait partie du réseau F2 zone Sud « Massif central » qui est sous tutelle de l’amiral Trolley de PREVAUX2.

Catherine, convaincue par Hervé des Charbonneries, entre en résistance intérieure, réseau franco-polonais « Famille » qui deviendra F2 par la suite, réseau de 2 000 agents environ, spécialisé dans les mouvements de l’armée allemande et de son armement. Catherine dite CARO outre ses repérages tape les différents rapports à la machine et les fait parvenir à Londres, le débarquement en Provence approchant.

Mais le 29 Mars 1944 l’amiral est arrêté à Marseille ainsi que sa femme, le réseau alerté, s’éparpille et fuit se réfugier discrètement en divers endroits.

Catherine DIOR et son frère, démobilisé, repartent à Paris ce même mois.

L’appartement de son frère au 10 rue Royale aurait servi de base à ses activités et à certaines rencontres.

6 Juillet 1944 : elle a rendez-vous place du Trocadéro avec un de ses agents. Hélas 2 agents de la gestapo les interceptent et les arrêtent. Ils sont emmenés au 180, rue de la pomme, siège de la gestapo, pour y être interrogés. D’autres résistants seront aussi arrêtés notamment Jean DESBORDES son chef de groupe, qui sera questionné et torturé pendant 4 jours jusqu’à ce qu’il en meure.

Quant à Catherine, torturée elle résiste et ne parle pas. Elle sera dirigée vers DRANCY, puis vers RAVENSBRÜCK le 15 Août dans l’un des derniers convois de déportés. Elle sera ensuite dirigée vers la prison de Torgau dans le fameux Kommando « Anton » uniquement féminin et travaillant dans la  fabrique d’explosifs pour finir à Abterode, et Markkleeberg, usine d’aviation proche de Leipzig.

Mai 1945 : libérée près de Dresde le 19 Avril elle passe un mois à l‘hôpital pour se refaire une santé. Elle arrive diminuée physiquement mais libre à Paris le 28 Mai.

Après la guerre, passionnée comme sa mère par les fleurs (qu’elle cultivait déjà à Granville), et les parfums elle ouvre une boutique de fleurs aux Halles de Paris. Elle en profite pour suivre l’évolution professionnelle de son frère.

Puis elle part en Provence s’occuper de son domaine d’environ 2 hectares où elle va cultiver roses, jasmin et même vignes.

     en 1947 : Hervé des Charbonneries, Catherine, Christian et MA la gouvernante

      en pleine récolte à…. 70 ans

En 1950, son frère Christian achète le château de la Colle Noire à Montauroux, près de CALLIAN, pour se rapprocher de sa sœur.

En 1997, son frère l‘invite à l’inauguration de son musée à Granville, elle en est la présidente d’honneur. Elle fait don d’une robe de sa mère pour l’occasion et son frère va donner un nom à son 1er parfum « Miss DIOR ».

Le reste de sa vie sera paisible et discret avec Hervé Papillault des Charbonneries3, non sans toutefois être impliquée dans « La Fondation de la Résistance ». Elle se tiendra à distance de sa nièce Françoise (fille illégitime ? de Jacqueline et d’un aristocrate Hongrois admirateur d’Hitler) marié à Colin JORDAN néo-nazi britannique.

Elle décède à Grasse le 17 juin 2008.

Distinctions :  Croix de Guerre, Croix du combattant, Médaille du roi (GB) et Chevalier de la légion d’Honneur.

 

Notes : 1°) terme de marine, indiquant initialement les 4 points cardinaux, puis 8 autres points ensuite et pour finir les 32 divisions de la rose des Vents.

2°) alias « VOX », compagnon de la libération, fusillé avec son épouse Lokta LEITNER par les nazis à BRON le 19 Août 1944.

3°) était marié, 3 enfants, que Catherine élèvera puisque finissant leur vie ensemble. Décède en 1989. Lors de l’arrestation de l’amiral il téléphone à « Caro » en lui disant : « nous dinerons demain soir chez ton frère à Paris » ce qui était un message d’avertissement codé.

Sources :   divers sites internet, émission de radio.