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                            Germaine CANTELAUBE  un parcours imprévu.

Née Germaine CHARLES le 27 Mai 1908 à Paris d’un père employé de bureau

Un parcours scolaire à Montigny-Beauchamp (95) jusqu’au Certificat d’études.

En 1925 la famille rejoint Périgueux dont elle est originaire et Germaine apprend la couture

1932 : elle se marie avec Jacques CANTELAUBE  à Chignac (Dordogne). Ce dernier fait son service militaire puis réintègre en 1934 la SNCF (où il était rentré comme apprenti), à Bordeaux

Le couple va emménager au 31 rue Delacroix à Bordeaux.

Jean Claude Cantelaube devient secrétaire de la section partie communiste en1936, dont font partie la majorité des cheminots. Les accords de Munich, pacte germano-communiste, vont révéler l’anti-communiste.

1939 : JC CANTELAUBE est déchu de ses responsabilités syndicales, car communiste, donc considéré comme dangereux. Et le 11 Juillet 1940 la SNCF le révoque pour les mêmes raisons, Pétain vient d’arriver au pouvoir, et sera plus ou moins sous la surveillance de la police.

Il va sur ce fait entrer en clandestinité, entreposant des tracts chez lui, effectuant des missions diverses avec l’accord de sa femme.

22 Novembre 1940, il est arrêté avec 147 autres compagnons, suite à une perquisition chez divers communistes. Interné au foyer des immigrants au quai Bacalan, il y est interrogé par le commissaire POINSOT (voir article semaine précédente). Et transféré au camp de Mérignac.

21 Octobre 1941, Hans REIMERS, de la Feldkommandantur 529, est abattu   par un commando communiste, à l’angle du Boulevard Georges V.

Ordre est donné d’effectuer de sévères représailles et ce sont 50 otages, dont JC Cantelaube, qui seront fusillés au camp de Souge et inhumés sur place dans une fosse commune le 24 Octobre.

Germaine bien que très affectée, qui est employée à l’école primaire Belcier, continue les activités clandestines commencées par son mari et effectue liaisons entre résistants, stockage et transport de matériel, hébergement de résistants, etc..

Hélas le 28 Août 1942 les hommes du commissaire POINSOT (la terreur : article précédent) l’arrête et l’enferme à la caserne Boudet, rue de Pessac à Bordeaux, qui est ni plus ni moins qu’une annexe du fort du Hâ et ce jusqu’au 14 Octobre 1942.

D’autres arrestations ont lieu, jusque dans les Charentes comme Ferdinand VINCENT1, résistant communiste interrogé toujours par le commissaire la terreur POINSOT. Il dévoile ainsi tout de l’administration communiste et s’en suivra les arrestations d’Alice CALBAUT, René2 et Hélène ANTOINE (décédée à AUSCHWITZ en 1943), Claudine et Marc BLATEAU3 ainsi que Pauline et Jean Baptiste POMIES.

16 Octobre 1942 : Geneviève CANTELAUBE fait partie du convoi dit des 70 (avec Ferdinand VINCENT), elle est transférée au camp du Fort de ROMAINVILLE

(les Lilas / Saint Denis) on lui affecte le matricule 964.

 

23 Janvier 1943 : direction le camp de Royalieu Compiègne avec 120 autres.

Le lendemain un train composé de wagons à bestiaux les emmène vers l’Allemagne. En gare de HALLE (Allemagne Est) un tri s’effectue, les hommes (1400) vont vers SACHENHAUSSEN et les femmes (230) vers AUSCHWITZ où elles arrivent le 26 au soir.

Elles restent enfermées toute la nuit dans les conditions que vous pouvez imaginer.

Le lendemain elles prennent à pied la route de BIRKENAU , elles rentrent dans ce camp en entonnant la Marseillaise. Sur son avant-bras gauche on lui tatoue le numéro matricule 31740 et reste 15 jours en quarantaine.

Le 3 Février, elle est admise à AUSCHWITZ pour formalités administratives, photos entre autre.

Le 12 Février, toutes sont « entassées « au Block 26

Le 31 Mars 1943 Germaine décède de la dysenterie, commune dans les conditions hygiéniques des camps, au Revier 2.

Après leur libération et retour les rescapées annonceront son décès à l’école, à son frère qui avertira sa mère. En 1965 Charlotte DELBO4, écrivain, la retrouve, âgée de 86 ans, et au cours d’un entretien se souviendra que sa fille avait crachée au visage de POINSOT.

Ainsi se termine le parcours d’une femme courageuse que rien ne destinait à la résistance.

 

Notes :

1°) informateur de la police, puis auxiliaire de la gestapo.

2°) sera fusillé.

3°) idem.

4°) auteur de nombreux ouvrages.

 

Sources : sites internet divers.