Jeanne ROBERT résistante française.

Née le 11 août 1914 à Hasnon (Nord), son père René possède une scierie, et sa mère est couturière. A 12 ans elle est en pension à Gondecourt où elle reçoit une éducation sérieuse. Elle deviendra institutrice.
C’est le printemps de 1940, hélas qui s’annonce plutôt morose, en principe c’est l’éveil de la nature eh bien là c’est l’éveil d’une proche barbarie.
En effet les forces armées nazies ont pénétré sur notre territoire en commençant par les régions du nord. Ce dernier fief est déclaré « zone interdite » cachant ainsi les forces stationnées.
Jeanne et une de ses amies font partie de l’exode vers la zone sud. Mais le contrôle est très strict, les routes sont bloquées. Pour revenir chez elles, elles vont à la Kommandantur d’Arras et osent demander un Ausweis qui leur est finalement accordé et rejoignent leur domicile de Loos les Lille.
Face à cette situation qu’elle veut combattre, elle entre dans la résistance, avec son cousin Léon Degand employé SNCF à la gare de Lille. Elle facilite l’évacuation des troupes anglaises, françaises coincées dans la poche de Dunkerque coupées de leur base arrière par la bataille de Dunkerque du 20 mai. Son état de veuve lui permet de se déplacer facilement. Elle agit ainsi du 26 mai au 4 juin 1944, c’est l’opération « Dynamo ».
Ont été évacués vers les côtes anglaises : 338 226 soldats dont 198 229 anglais, 123 181 français et 16 816 belges par nombre de bateaux, toutes catégories, 850 environ, une opération gérée par la seule Grande Bretagne sans en informer la France. Tout le matériel militaire sera abandonné.
Elle connait un imprimeur d’Arras Maurice Rouneau1 alias « Albert » qui fondait un réseau de renseignements sur les activités de l’occupant à destination du SOE2 britannique, elle lui offre l’hébergement car il est recherché par la gestapo. Il partira à Pau en zone sud.
Cependant son activité est repérée par la gestapo, qui l’attend à la sortie de l’école mais Jeanne avertie par la directrice s’éclipse discrètement elle est obligée de fuir en juin 1941 en zone libre. Son cousin Degand l’aide dans ce choix. Direction Paris puis ce sera vers Orthez (Pyrénées Atlantiques) mais qui est en zone occupée, erreur de choix.
C’est finalement, le Gers qui l’accueillera en lui trouvant un poste d’institutrice à Castelnau-sur-l’Auvignon, près de Condom. Avec le maire Roger Larribeau création du réseau « Victoire » qui recrute tous les profils, à ce dernier se joint « Albert » que Jeanne a réussi à retrouver et qui s’installe à Agen. Ils vont étendre les ramifications de ce réseau à toute la région du sud-ouest.
22 novembre 1942 : ce nouveau réseau est rattaché à « Buckmaster3 » qui envoie George Starr « alias colonel Hilaire » pour établir les liens avec d’autres réseaux. Ce réseau accueille les guérilleros espagnols de Thomas Guerrero « Camillo ».
Mais Jeanne est toujours recherchée par la gestapo.
17 Octobre 1943 : Jeanne reçoit chez elle « Albert », Pierre Duffoir appartenant au SOE, son épouse Paulette et leur fille de 12 ans. Pendant le repas on frappe à la porte. Jeanne n’attend personne, c’est seulement quelqu’un qui vient l’avertir que la pugnace gestapo, encore elle, qui recherche une grande institutrice blonde. Jeanne, conseillée par « Hilaire » encore sur place, part donc aussitôt en Grande Bretagne par la filière traditionnelle de l’Espagne. Sur place elle rejoint le BCRA4 créé par Charles de Gaulle en 1940.
De retour en France après la libération en août 1944, elle reprend sous le nom de Mme Delattre, son poste d’institutrice à Castelnau-sur-l’Auvignon jusqu’à sa retraite, dans l’école qui portera son nom plus tard.
Combattra encore, mais pour défendre son école. Devient présidente d’honneur de l’Association des amis du réseau « Victoire »
Notes :
1°) forme un couple clandestin avec Jeanne.
2°) Spécial Opérations Exécutives.
3°) fondé en 1940 à la demande de Churchill par le colonel Maurice Buckmaster. (1902/1992)
4°) Bureau Central de Renseignements et d’Action (de la France Libre) créé par le colonel Passy le 1er juillet 1940
Distinctions : Chevalier de la légion d’Honneur en 2016…….à 102 ans ! ! oubliée ?
Croix de guerre 39/45.


Sources : divers sites internet

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