Lise LESÉVRE une résistante française


Native de Domène, à 12 km de Grenoble, en Isère elle a vu le jour le 16 janvier 1901, sous le nom d’Elisa Marie Louise Bogatto. Elle était de ces femmes qui ne faisaient pas parler d’elles mais qui agissaient efficacement pendant la seconde guerre mondiale au sein de la résistance.
Elle épouse en 1919 Georges Lesévre à Grenoble. Ils auront 2 enfants, la famille réside à Lyon.
13 mars 1944 : Elle part ce matin-là remettre d’importants documents à un des correspondants de l’AS1. A la gare de Lyon-Perrache la gestapo surgit et l’arrête.
Elle est aussitôt emmenée pour interrogatoire au siège de la police installé à l’Ecole de Santé Militaire de Lyon. Elle est enfermée dans une cave pour la nuit.
On vient la chercher le lendemain pour lui faire subir un interrogatoire. Dès son entrée dans la salle elle découvre de drôles d’instruments qui lui font présager le pire. Elle est bel et bien dans une salle de torture.
Elle ne s’est pas trompée : elle est interrogée par Klauss Barbie. Devant son silence ce bourreau lui passe des menottes à griffes2. Elle ne parle toujours pas.
On passe au supplice suivant, c’est l’escalade : elle est pendue par les poignets et on s’empresse de la frapper, jusqu’à ce qu’elle perde connaissance.
Devant son mutisme on lui indique que son mari et son fils de 14 ans seront arrêtés le jour même.
Cela ne la fait pas changer d’avis : ce sera le supplice de la baignoire puis de la table d’écartelage, de démembrement. Ses tortionnaires mettent fin à leurs atroces pratiques, car ils constatent que Lise est très marquée physiquement.
Pendant une dizaine de jours on la laisse enfin tranquille, puis l’enfer recommence avec Kaluss Barbie et « gueule tordue3 ». Elle est fouettée avec des boules à pointes4, l’horreur extrême.
Elle est complétement « abimée » que ce soit son système nerveux ou son squelette. Les bourreaux n’ont rien obtenu et 10 jours après, ayant partiellement récupéré et elle est déportée à Ravensbrück. Son mari a été envoyé à Dachau où il décède du typhus le 21 janvier 1945. Quant au fils il est libéré, malheureusement il périt lors du bombardement de « Cap Arcona5 » le 3 mai 1945.
Il y quand même une part de chance, de justice pour la famille, Lise est libérée le 6 mai 1945.
Elle témoignera lors du procès du « boucher de Lyon » Klauss Barbie ce sera un nouveau face à face mais les rôles cette fois sont inversés et la justice tranchera.(du 11 mai 1987 au 3 juillet).

Lise arrive au procès de Klauss Barbie (photo Radio france)

Lise lors de son témoignage
Distinctions :
— Médaille de la Résistance (24 avril 1946)
— Une rue porte son nom à Meyzieu, à 20 km à l’ouest de Lyon.
— Son blouson typique de déportée est au musée de l’Armée à Paris.
Notes :
1°) Armée Secrète. Créée en 1942.
2°) les menottes sont de plus en plus serrées et les griffes entrent dans la chair, augmentant bien entendu la douleur.
3°) nom donné (défiguré à la suite d’un accident de voiture) à Francis André, un collabo, originaire de Lyon, délinquant, membre du Parti Populaire, à la solde de la gestapo lyonnaise, surtout de Klauss Barbie. Fusillé le 9 mars 1946.
4°) genre fléau du moyen âge . 
5°) navire de la marine allemande coulée par la RAF, aviation britannique, le 3 mai 1945.
Un livre :
Sources : divers sites internet

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