Jean-Jacques CHAPOU, professeur et résistant

Né le 10 avril 1909 à Montcuq dans le Lot de parents instituteurs, Etienne et Camille. Son père Etienne lieutenant a été fusillé le 4 octobre 1914 à Saint-Jean sur Tourbe. Il est pupille de la Nation. Son frère Jean-Baptiste né en 1884 avait été fusillé également le 25 août à Etain. Il avait une sœur Marguerite décédée en 1949.
Jean-Jacques est élève au lycée Gambetta de Cahors. Bachelier, il est licencié es-lettres en 1931, une carrière qui s’annonce bien. Il devient maître d’internat (surveillant) de 1935/36 dans son lycée d’origine.
Puis en 1937/38 il est nommé professeur adjoint de lettres puis répétiteur1 de 1938 à 1941. Il adhère au syndicat CGT.
En 1939 il est comme beaucoup mobilisé, c’est la déclaration de guerre du 3 septembre, affecté à Annot (Basses-Alpes) il combattra les Italiens. Il en reviendra en juillet 1940, dans la ville de Cahors. Mais le régime de Vichy le révoque de sa fonction de professeur, car franc-maçon à la loge du Grand Orient de Cahors. Que faire ? Il trouve des emplois dans les sociétés de transport routiers, autocars, ou garage.
1941/42 : il se décide à organiser la résistance locale. Il est chef départemental de « Libération Sud » du Lot. Puis il s’investit quelque temps dans le maquis d’Arcambal » (voir article du 27 janvier 2026) où il participe à des actions de sabotage de voies ferrées ou d’embuscades.
10 mars 1943 : il écope d’un an de prison avec sursis par le tribunal d’Agen, pour une affaire mineure. De fait il quitte Cahors en juillet. Peu après il devient « capitaine Philippe » en emmenant ses amis résistants dans les FTP2
Mars 1944 : les maquis de Corrèze, de la Creuse, de l’Indre et de la Haute-Vienne sont sous sa responsabilité. Plus tard il est alias « Kléber » à la tête des FTP de Corrèze. Avec cette unité il participe à la libération de Tulle le 8 juin 1944..
Courte satisfaction, le lendemain sous le commandement du Marechal von Rundsted aidé par le général Heinz Lammerling3 (vous en avez certainement déjà entendu parler) la 2ème division SS Das Reich reprend la ville et l’horreur s’abat sur cette dernière, c’est le massacre. Chapou avait ordonné à ses hommes de se replier.
Ce seront 99 hommes qui seront exécutés par pendaison, sur les presque 4 ou 5000 hommes rassemblés au début. Et 149 seront déportés à Dachau. Tulle sera définitivement libérée le 17 août suivant. Très marqué par cet évènement, il est muté dans la Creuse le 12 juillet où il prend le commandement inter-régions des FTP.
16 juillet 1944 : quatre jours après son arrivée, il est pris vers 17 h dans une embuscade à Bourganeuf (Creuse) il se défend le mieux possible, il refuse de se rendre et se réserve la dernière balle. Il disparaît ainsi courageusement
Sa mère Camille, elle aussi résistante à « Libération Sud » fut arrêtée per la gestapo est déportée à Ravensbrück, elle y décéda le 10 juillet 1944. Son épouse Yvonne, née Contout, épousée en 1933 lui avait donné deux enfants : Françoise et Pierre-Frantz, était membre du comité de départemental de libération du Lot depuis 1945.
Distinctions : Chevalier Légion d’Honneur
Croix de guerre avec palme argent.
Médaille de le Résistance Française
Autres : Monument route d’Eymoutiers à Bourganeuf

Monument place Jean-Jacques Chapou à Cahors

A Cahors , en 2021 un hommage lui est consacré (photo DPM)

en 2025 la préfète et la population devant la stèle à Cahors (photo DPM)
Un mémorial à Guéret
Et un stade, une piscine et une cité universitaire quartier des Amidonniers à Toulouse

La cité U « Chapou«

La piscine Chapou
A Montcuq un boulevard, une école et une plaque commémorative au collège.

Plaque commémorative au collège Faurie de Montcuq

Buste de Chapou à Arcambal (Lot)
Notes :
1°) Professeur particulier, aide aux devoirs ou à la compréhension des leçons, idem précepteur.
2°) Francs-Tireurs et Partisans, groupe de résistance.
3°) Chez les Waffen SS, depuis 1935 criminel de guerre (1905/1971), condamné à mort par contumace au tribunal de Bordeaux en 1953, pour les massacres de Tulle, d’Oradour sur Glane et d’Argenton sur Creuse des 9 et 10 juin 1944. L’Allemagne ne le livrera pas et ce « gentil » personnage finira sa vie en gérant une entreprise de travaux publics, prendra sa retraite et décédera d’un cancer. (NDLR : Qu’en pensez-vous ?).
Sources : divers sites internet.

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