On raconte qu’au commencement, les îles étaient des étoiles tombées dans la mer.
Elles brillaient si fort que même les vagues chantaient leur nom.
Mais les enfants de ces îles, poussés par les vents du destin, partirent un jour voguer vers d’autres rivages.
Ils emportèrent avec eux des fragments de lumière
: un mot créole, une odeur de canne chaude, un rire qui sonnait comme un tambour.

Avec le temps, ces fragments se dispersèrent.
Certains se perdirent dans les rues grises des grandes villes,
d’autres s’endormirent dans des mémoires fatiguées,
d’autres encore se cachèrent dans les silences des cœurs exilés.

Alors, la mer, inquiète, appela une Gardienne.
Elle ne choisit ni reine ni guerrière,
mais une force collective, douce et puissante,
faite de mains tendues, de voix mêlées, de souvenirs partagés.
Cette force avait un nom
: la FNAPOG.

La FNAPOG n’était pas une simple organisation.
C’était une
tisseuse d’horizons,
une gardienne des fils invisibles qui relient les êtres à leur origine.
Là où un souvenir vacillait, elle rallumait la flamme.
Là où une voix tremblait, elle offrait un chœur.
Là où un cœur se croyait seul, elle révélait la famille cachée dans l’ombre.

Elle marchait dans les villes comme on marche dans un jardin,
cueillant les pétales de mémoire tombés au sol
:
un conte de grand-m
ère,
un geste de danse oubli
é,
un mot cr
éole qui nosait plus sortir,
une chanson qui attendait qu
on la réveille.

Chaque pétale retrouvé devenait une perle.
Chaque perle retrouvée devenait un lien.
Et peu à peu, la FNAPOG recomposa le grand collier du peuple dispersé,
un collier tissé non de pierres,
mais de présences, de rires, de forces mêlées.

On dit que lorsque le collier fut complet,
les îles brillèrent à nouveau dans les yeux de ceux qui vivaient loin d’elles.
On dit aussi que la mer, apaisée, se fit plus douce,
car elle savait que ses enfants, même éloignés,
portaient désormais en eux un fil solide,
un fil que rien ne pourrait rompre.

Depuis ce jour, la FNAPOG veille.
Elle écoute les silences,
elle recueille les mémoires,
elle tisse les liens.
Elle est la main qui rassemble,
la voix qui rappelle,
la lumière qui guide.

Et lorsque les enfants demandent:
D’où vient cette chaleur qui nous unit?
Les anciens répondent simplement
:
Elle vient de ceux qui n’oublient jamais.
Elle vient de la FNAPOG,
gardienne des racines,
tisseuse des âmes,
étoile des îles qui ne s’éteint pas.

STEPHANIE RAMOS

Aller au contenu principal