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Toutes les semaines, nous publierons 2 extraits du Livre Blanc des pupilles de la Nation de la Fnapog   (Féderation Nationale Autonome des Pupilles de la Nation Orphelins de Guerre.)

Témoignage de Serge Meurillon

Je suis né le 12 avril 1940.

A cette date, mon père, mobilisé depuis 1939, était sur le front de l’Est. Fait prisonnier en juillet, il a été conduit dans un stalag en Allemagne. Il ne voulait pas travailler pour l’Allemagne et il s’est évadé en septembre. Il n’a plus jamais donné de ses nouvelles et il n’a jamais été retrouvé. On peut aisément penser à ce qu’il lui est arrivé…

Il ne m’a jamais vu et bien sûr je ne l’ai jamais connu. Nous avons espéré jusqu’au retour des prisonniers fin 44. En vain.

Ma mère, d’origine polonaise, était trieuse de charbon dans une « fosse » du Pas-de-Calais et m’a élevé tant bien que mal pendant et après la guerre.

Mon père a été reconnu porté disparu en 1948 et mort pour la France, et je devenais ainsi, 8 ans après, orphelin de guerre et pupille de la Nation.

A 16 ans, j’ai quitté mes études pour pourvoir aux besoins, ma mère étant tombée malade. A 20 ans, j’ai effectué mon service militaire, 28 mois, à Tarbes, dans les paras. On m avait interdit d’aller en Algérie (c’était en 1960) et je tenais à faire plus que ce qu’il m’était proposé.

J’ai bâti ma vie tout seul. Je n’ai jamais rien demandé à l’Etat en ma « qualité » de pupille et je ne dois donc rien. Cela ne m’empêche pas de penser, et mes pensées sont plus que négatives au constat des différences de traitement appliquées aux pupilles.

Meurillon Serge

 

 

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