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                                                       Jean VAISLIC

Décédé vendredi 7 Janvier dernier à Toulouse il était le dernier survivant  le plus âgé de la SHOAH.

Né en Pologne  en 1926 dans la belle ville de LODZ, il aura un parcours de vie assez chaotique.

En 1939 le jour de la rentrée scolaire,  il a 13 ans. Lui et ses camarades de classe prennent possession de  leur pupitre. A peine installés des soldats font irruption dans la salle et obligent les enfants à descendre leur table et leur chaise dans la cour. Stupéfaction de ces adolescents qui obéissent bien forcés.

En bas dans la cour les soldats les attendent, puis leur ordonnent de briser tout leur matériel et de le brûler. Ils en restent cois…..il y a de quoi.

Finalité : leur faire comprendre que toute scolarité leur est interdite.

Puis cela va continuer car Jean et ses parents, son frère et sa sœur vont être confinés dans un deux pièces du ghetto. Un jour sortant de ce ghetto avec son père, ce dernier est soudainement « raflé », Jean part vite, fuit se cacher en quittant la ville et sa police afin de préserver sa vie.

Jean VAISLIC erre de ferme en ferme changeant sans cesse d’endroit pour se protéger lui et ses hôtes. Malgré toutes ces protections il est arrêté en 1942, mis en prison à LODZ, il a 16 ans.

De là il partira vers des camps de travail puis à AUSCHWITZ-BIRKENAU où il sera « immatriculé » B8580 le classant ainsi parmi les nombreux internés de la SHOAH.

S’ensuivent  travail, faim, froid et humiliations,  pratiques courantes dans ces camps.

Il faudra évacuer le camp et partir vers d’autres : BLECHHAMMER, GROSS-ROZEN, GLIWICE  pour repartir à BUCHENWALD par la marche de la mort, où il souffrira 1000 maux, verra de nombreux corps laissés dans les fossés, passera du désespoir à l’espoir pour s’accrocher à la vie et pouvoir raconter.

Il sera libéré le 11 Avril 1945, il a 19 ans. Auparavant dans ce camp il a fait connaissance de WACEK, un boulanger mais catholique qui œuvre pour les SS. Ce dernier le ravitaillera non sans danger, pour qu’il ne meure pas de faim. Il va  considérer WACEK à la fois comme son ami et son grand-frère.

 

C’est ainsi qu’il arrivera à TOULOUSE guidé par son ami WACEK lui offrant ce choix car Jean VAISLIC, sans aucune trace des siens, sera le seul survivant des 63 membres de sa famille. Dans cette ville il fait la connaissance de Marie RAFALOWITCH née dans cette ville le 11 juin 1930, où ses parents, juifs polonais refugiés en France depuis 1926  se sont finalement installés. Ils se marieront en 1951 pour fonder une famille, 2 garçons.

Mais Marie avait été arrêtée le 24 juillet 1944  au 4, rue Sainte Catherine sa demeure, par un milicien et un membre de la gestapo, dénoncée par le voisin du n° 2, un cordonnier. Elle sera conduite à la caserne Caffarelli

lieu de  regroupement des juifs.. évacuée ensuite vers Ravensbrück, son n° matricule est : 49595 puis début 1945 à Bergen-Belsen le camp des femmes.

Libérée elle revient à Toulouse.

En 1950 sur invitation du ministère des armées de  Bordeaux elle identifiera l’homme de la gestapo qui l’avait arrêté. Le milicien complice, quant à lui fut exécuté à la libération de Toulouse.

Tous les deux vont témoigner dans les collèges et lycées et au musée de la résistance de la ville..

Jean VAISLIC est titulaire de la légion d’honneur et repose depuis ce lundi 10 Janvier 2022 au cimetière israélite de Portet sur Garonne près de Toulouse.


Sources : sites internet, la Dépêche du Midi (11 janvier 2022)

                                                   

Citation de Jean VAISLIC

Je ne souhaite à personne de vivre ce que j’ai vécu

  Je ne suis pas seul à l’avoir vécu

  Mais il m’est impossible de m’en débarrasser

  Si je pouvais laver mon cerveau de ces souvenirs, je le ferai

  J’y pense tous les jours mais je n’en parle pas

  “Pourquoi ne l’as tu pas dit ?” me disent mes fils

  Parce que c’est impossible.