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                                                         Hélène BERR étudiante juive dans PARIS occupé

 

Elle est née le 27 Mars 1921 à Paris (4 éme).

Son père : Raymond, Henry, Daniel BERR né le 30 juillet 1888 à Paris, vice président des usines Kuhlmann.

Sa mère : Antoinette, Caroline SARA RODRIGUES ELY née  également à Paris le 22 Juin 1891, famille originaire de Bayonne au pays basque.

Famille bourgeoise, composée de 4 enfants : Yvonne (1917), Denise (1919), Hélène (1921) et Jacques (1922).

Hélène obtient ses 2 parties de « BAC » en 1937 et 1939, mention TB, et un DES (Diplôme Etudes Supérieures) de langue et littérature anglaises, mention TB, à La Sorbonne, où elle travaillera ensuite comme secrétaire et fera, en Avril 1942, la rencontre de Jean MORAWIECKI étudiant lui aussi. Les 2 sont passionnés de musique classique ce qui favorisera leur rapprochement pour ensuite devenir fiancés.

 

Jean va partir à Londres, en Septembre/Octobre 1942, intégrer les FFL du général De Gaulle. Après la guerre il entrera en possession des écrits d’Hélène conformément aux vœux de cette dernière.

Préparant une agrégation d’Anglais, elle ne peut la poursuivre, suite à l’article 9 des statuts des juifs d’Octobre 1940 promulgués par Vichy.

Elle a une entrevue avec Paul VALÉRY qui va lui dédicacer un de ses ouvrages.

Elle subit à contre cœur le port de l’étoile jaune dicté par le décret du 29 Mai 1942. Tout comme, elle sera confrontée aux regards des autres, aux enfants qui la montrent du doigt, à la place dévolue dans la dernière voiture du métro, etc…

Le 7 Avril 1942 elle débute son journal de 262 feuillets qu’elle finira le 15 Février 1944 à Drancy, après l’avoir interrompu quelque temps, 10 mois environ. Tous les soirs elle remet ses écrits du jour à Andrée BARDIAU, employée au service de sa famille depuis une cinquantaine d’années. Elle lui confiera aussi son violon.

Ecrits et violon seront remis à Jacques, le frère, et enfin à Jean MORAWIECKI quand il reviendra à Paris.

La famille se rend parfois dans leur résidence « le château du Vivier » à Aubergenville (Yvelines).

Son père est arrêté le 23 Juin 1942 pour un futile motif et sera relâché, sous conditions, peu de temps après.

Le 6 Juillet 1942 elle adhère avec sa sœur Denise et une cousine à l’UGIF (Union Générale Israélite de France), elle y sera assistante sociale bénévole.

Mais le 8 Mars 1944 à 8 h 30 Hélène et ses parents1 sont arrêtés chez eux, au 5 avenue Elisée-Reclus dans le 7 éme, puis transférée à Drancy.

Le 27 Mars suivant (jour de ses 23 ans) c’est la direction d’AUSCHWITZ -BIRKENAU par la convoi n° 70.

Son père, détenu au camp de Monowitz-Buna (sous-camp d’Auschwitz ou Auschwitz III) en Pologne, sera « assassiné » par injection létale le 27 Septembre 1944 car atteint d’un phlegmon au genou.

Sa mère sera gazée à Birkenau le 30 Avril 1944.

Hélène sera ensuite dirigée vers Bergen-Belsen où elle arrive le 3 Novembre, avec 402 autres femmes dont Ginette KOLINKA, Anne FRANK et sa sœur Margot.

Dans ce camp, très affaiblie par le typhus, un matin elle ne peut se lever et la « kapo » de service va la battre mortellement, nous sommes en Avril 1945 et triste destin ce sera quelques jours avant l’arrivée des troupes britanniques et canadiennes pour libérer le camp le 15 Avril2.

Le journal sera publié le 3 Janvier 2008 (éditions Taillandier) relatant la vie d’une étudiante juive parisienne sous l’occupation, ses émotions amoureuses de jeune fille, le quotidien juif et le début des persécutions antisémites, tout cela grâce à Mariette JOB (nièce de  Denise JOB ! la sœur d’Hélène) qui retrouvera la trace de Jean MORAWIECKI en 1992 et qui devenu diplomate, lui léguera les feuillets d’Hélène le 18 avril 1994.

Le livre :

Remarques : sont témoins du passé d’Hélène BERR : une médiathèque 70 rue Papus à Paris (12 éme), un amphithéâtre à l’université de Paris-Sorbonne, une plaque apposée à son lieu de vie à Paris le 02 Octobre 2015 et une autre à l’entrée du château du Vivier en 2016.

Notes : 1°) les autres membres de la famille étant partis dans le Sud-Ouest.

2 °) les kapos, gardiens et gardiennes du camp l’avaient quitté le 13 Avril pour ne pas tomber entre les mains des Alliés.

 

Sources : divers sites internet.