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Père, mort pour la France, le 14 juillet 1917, elle pupille de la Nation quelques jours après « instauration de cette qualité conformément à la Loi du 27 Juillet 1917 » ?  << photo c’est lui.
Mais d’abord, parlons de Jules NEMPON de qui je tiens le glorieux parcours du père d’Yvonne : 

Coureur cycliste, né le 2 mars 1890 à Armbouts-Cappel (59), mort à Saint-Omer (62) le 7 juin 1974, communes où Il partagea sa vie.

 Il a participé depuis 1911 à 8 tours de France amateurs appelés « les isolés » où il a obtenu son meilleur résultat sur le tour 1919, 10ème du classement général où seulement 10 coureurs finissent, il reçoit la « lanterne rouge-voir quelques images in fine », il gagne aussi beaucoup d’autres courses.

A Saint-Omer, il s’installe faubourgs du Haut-pont et de Lysel, (où j’habitais-voir dossier l’évasion rocambolesque de Douglas Bader du 15 décembre 2020) il est d’abord marchand de cycles puis tenancier d’un café. C’est là que je l’ai connu comme une grande partie des audomarois.

 Rassurez-vous, je n’avais pas l’âge (10-14 ans-1946-1950), d’aller au bistrot mais il n’y avait qu’un coiffeur pour ces quartiers (avant c’était l’oncle Raymond, éleveur de quelques moutons qui me tondait). C’était Roger animateur des ducasses. Il occupait un coin de l’estaminet, séparé seulement du comptoir par un paravent, et c’est dans l’attente de notre tour, que de toute ouïe, nous écoutions le tenancier, qui de son comptoir, racontait les exploits et souffrances des champions cyclistes.

Jules sur une photo de départ des isolés d’un tour de France     image humoristique qui ressemble au salon de Roger

                 Allez Jules, reviens ! à toi la parole comme il y a environ 75 ans pour évoquer à nouveau les heurs et malheurs d’Octave, illustre champion que tu as côtoyé :

 Surnommé « TATAVE » ou « le Frisé » est un spécialiste des classiques doté d’une pointe de vitesse qui lui permet de s’imposer régulièrement dans les arrivées au sprint. Il s’illustre également dans les épreuves sur piste, des six jours ou en montagne mais aussi en demi-fond.

Charles RAVAUD, journaliste sportif le décrit comme un élégant, un gentleman qui peut se présenter dans le monde, il est l’intellectuel du peloton, il a la tête et les jambes, une double qualité qu’on ne rencontre que bien rarement chez les champions du vélocipède. Il fait partie de cette phalange de coureurs qui ont contribué à relever le métier de champion professionnel.

En 1913, avant le départ de Paris-Tour.

 

C’est Octave LAPIZE, né le 24 octobre 1887 à Paris et mort pour la France à 29 ans, le 14 juillet 1917 à Toul. Cycliste français, considéré comme l’un des plus grands coureurs de sa génération. Professionnel de 1909 à 1914 où il possède un riche palmarès dont voici une petite partie :

– licencié  amateur depuis 1905 :

-champion de France de cyclo-cross et sur route en 1907 ;

-record du monde des 100 kms derrière moto et médaillé de bronze sur cette distance aux Jeux Olympiques de Londres en 1908 ; etc.

Puis comme professionnel :

-tour de France 1910 ;

-Paris-Roubaix 1909,1910, 1911 ;

-Paris-Bruxelles 1911,1912,1913 ;

-Paris-Tours 1911 ;

-3 championnats de France sur route ;

-6 étapes sur plusieurs Tours de France ;

-etc.

Ci-contre, Il monte difficilement le Tourmalet, mais il sera premier au sommet devant François Faber, il gagnera d’autres étapes pour terminer vainqueur au Parc des Princes de ce tour 1910. C’est la première fois dans l’histoire du tour que les coureurs doivent franchir les cols pyrénéens.

Photo du centre ci-dessous, statue mise en place à chaque passage du tour de France au Tourmalet.

Au cours d’une classique                               

Octave le géant du Tourmalet 1er vainqueur   

Ce pavé salue ses 3 victoires-Paris-Roubaix

Au tour de France de 1914, alors qu’il occupe la 4ème place du classement général, y avoir gagné une étape, il abandonne le 14 juillet à Nice, avant la traversée des Alpes après l’annonce du décès de sa mère. Par solidarité, son équipe La Française se retire de la course. Ce que lui reproche Henri Desgrange l’organisateur du tour.

 Réformé pour le service militaire pour surdité d’une oreille, il n’est pas concerné par la mobilisation. Pourtant le 14 Août, « quelques jours avant de devenir père le 17 de la petite Yvonne, future pupille de la Nation » il s’engage néanmoins au début de la première guerre mondiale où passionné par l’aviation (il est titulaire du brevet de pilote) il est affecté sur sa demande au centre d’aviation militaire d’Avord près de Bourges et devient pilote puis moniteur. Il forme 130 élèves puis décide de partir au front.

 Ce qu’il fait avec son diplôme de moniteur et le grade de sergent. D’abord à l’école de tir aérien de Cazaux puis à l’école de combat de Pau où il s’entraine au vol en groupe.

 En février 1917, il est affecté à Bar le Duc à l’escadrille N504 puis en mai à la N90 à Toul.

 Le 28 juin, il est cité à l’ordre du corps d’armée pour avoir sauvé un avion et son équipage en péril puis il met hors de combat un avion ennemi.

 Au matin du 14 juillet, il affronte un biplan allemand qui effectue un réglage d’artillerie au-dessus du bois de Mort-Mare, sur la commune de Flirey en Meurthe et Moselle. Abattu, son appareil s’écrase au sol, 8 kms à l’intérieur des ligne françaises.

 D’après sa citation qui lui vaut la croix de guerre, il a abattu en réalité deux avions ennemis.

 Les archives de l’Armée notent son décès à l’hôpital de Gama de Toul.

 Sa disparition provoque l’indignation en France et à l’étranger : le Dally Mail et le New York Herald lui consacre une nécrologie.

 Il est enterré au cimetière militaire de Toul le 17 juillet en présence de son père et l’un des as de l’aviation française, le rugbyman Maurice Boyau. En novembre, sa famille fait transporter son corps au cimetière de Villiers-sur-Marne où un stade et une rue portent son nom et c’est seulement en mars 1922 qu’est célébrée l’inhumation officielle.

 Il est avec François Faber (que j’ai réalisé le 12.08.2018) et Lucien Petit-Breton (que je vais faire plus tard), l’un des trois anciens vainqueurs du tour de France morts pendant la première guerre mondiale.

Octave Lapize, mort pour la France avec quelques photos pendant la durée de la guerre.

 Quelques coincidences : il est mort un 14 juillet, en 1917 et c’est le 27 que la Loi  dite Clémenceau, « statuts des pupilles de la Nation » a été votée. Ce que sa fille Yvonne est certainement l’une des premières attributaire de cette Loi ? Mais, a-t-elle bénéficiée des Décrets 2000 ou 2004 ? Elle est décédée en 2007 et certainement que l’indemnisation lui est passée sous le nez ? Comme beaucoup d’entre-nous ?

Textes, photos, internet, mes documents personnels et ma mémoire.

                                                                                                                                              Serge Clay