Le concours sur l’histoire et la mémoire de la Résistance et de la Déportation

C’est avec le récit de Colette que FNAPOG vous présente le thème sur lequel les 4 années collégiens et lycéens ont et vont concourir.

NEO nous offre ce témoignage   

Entrer en résistance. Comprendre, refuser,

1940, une année charnière

 

Colette, 97 ans, membre des services secrets britanniques témoigne, NEO recueille son récit……Cette Femme libre, engagée nous décrit les circonstances dans lesquelles elle est entrée en Résistance :                        

Sur le plateau d’Hauteville, en 1937, mes parents tous deux instituteurs voient l’arrivée de Républicains Espagnols fuyant le régime fasciste franquiste.

Avec l’instituteur du village adjacent, nous arrivons à leur trouver des locaux pour vivre, de la nourriture, ils nous donnent leur état d’esprit. Toute jeune, ils m’ont appris à ne pas aimer Franco. Deux ans auparavant, des réfugiés italiens étaient également venus dans la région pour fuir Mussolini, une famille d’une douzaine d’enfants fuyant la dictature.

Ces Espagnols et Italiens dans les heures les plus sombres de leurs pays ont montré qu’une frange de la population s’opposait à cette situation, ils m’ont appris à ne pas aimer les dictateurs, un avant-goût de « Pétain et compagnie » !

Mon père est mobilisé en septembre 1939 lorsque la guerre est déclarée contre l’Allemagne hitlérienne. Réunis dans la mairie, ma mère remplaçant mon père comme secrétaire, nous avons accès à un poste de radio, nous l’écoutons en permanence, en particulier la BBC anglaise.

J’écoute, je ne participe pas aux conversations de peur de ne pas être entendue. Dans la soirée du 18 juin, une voix française s’élève à Londres : « Quoi qu’il arrive, la flamme de la résistance française ne doit pas s’éteindre et ne s’éteindra pas ! »,

Je dis vouloir partir en Angleterre rejoindre ce Général de Gaulle après son appel, l’on me répond : « Occupe-toi, prépare ton bac et on verra après » ! Le lendemain, je repars à Bourg-en-Bresse rejoindre mes amis, nous discutons de cette éventualité de la poursuite de la lutte depuis l’Angleterre, nous formons le projet de partir le plus rapidement possible. L’un d’eux a déjà contacté un bateau qui doit nous emmener de Collioure jusqu’en Espagne, nous devons trouver de l’argent, je me mets donc à vendre des photos du Général de Gaulle. Un camarade, grand patron de la « Résistance », qui finira ses jours en déportation, Paul Pioda fait faire ces photos. Ce Paul Pioda dirige avec sa sœur Louise un magasin de vitrerie-miroiterie sur le chemin du lycée. L’internat étant fermé, je suis en pension chez le Pasteur protestant de Bourg, un homme honnête, bon et gentil. La police arrive au petit matin, me dit « Suivez nous ! », m’emmène à la Préfecture de police, je n’en suis ressorti qu’un jour et demi ou deux après. Le Pasteur a fait un papier adressé au lycée, un « empêchement majeur », pour mon lycée !

Nous avons certainement été dénoncés par un camarade, tous arrêtés puis internés en prison en attente d’un jugement. Je reçois un avocat commis d’office, je lui propose très poliment de m’acheter une photo du Général de Gaulle, il me regarde d’une manière désespérée :

« Ce n’est pas possible… C’est un peu risqué ! », bien sûr !

Je serai relâchée après que l’on m’aura fait passer pour une jeune fille inconsciente de partir en Angleterre. Les amis avec lesquels je devais partir sont conduits en prison, torturés, portés pour être fusillés sur un brancard, après avoir eu les bras et les jambes cassés. Un autre aura les yeux crevés à Montluc.

La haine des dictateurs me pousse vers la Résistance, mais aussi une lecture de mon enfance, Maroussia, la révolte d’une petite fille russe, un livre emporté partout avec moi pendant mon séjour en internat.

Mon premier « acte » de Résistance aura lieu derrière un rideau, chez Madame Marcelle Appleton, en octobre 1940, pour mon retour à Bourg-en-Bresse en vue de ma rentrée au lycée Edgar Quinet dépendant du lycée Lalande. Moitié anglaise, elle se doute que des miliciens viendraient à son domicile pour voir si l’on y trouverait des choses intéressantes, ce qui est fort probable. Nous savons qu’ils projettent de fouiller son appartement, elle ne veut pas être présente, on me demande de l’être. Je me cache dans ses grands et beaux rideaux, elle fait donc semblant d’aller au cinéma. Une heure après son départ, j’entends gratter à la porte, trois garçons envahissent le domicile. Ils fouillent de partout, dans les tiroirs et dans les étagères, ils ne trouveront rien et repartiront. Je reverrai l’un des trois quelques années après, ça ne lui a pas réussi. Assise à la terrasse d’un café, je vois une table des jeunes miliciens discutant, ils parlent doucement de leur projet d’aller dans le maquis, d’infiltrer pour faire des repérages pour permettre à l’aviation allemande de bombarder le maquis. Manque de chance pour eux, je l’ai reconnu, j’ai fait attention à ce qu’il expliquait aux autres miliciens. Je préviens mon père, chargé de l’instruction des volontaires pour lui dire « qu’un tel doit venir au maquis », il viendra, nous l’arrêterons. Je n’ai pas voulu savoir la suite..

Cette suite, vous pourrez en prendre connaissance en vous rendant sur ce site !

https://www.bourgenbresse.fr/2174-colette-lacroix.htm

 

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