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Métropole

MONTIGNY-LÈS-METZ

Le destin tragique du général Charles Delestraint

 

Le général de brigade Delestraint, qui commandait à Metz la 3 e brigade de chars de combat, devient cadre de réserve et passe le régiment en revue en présence du colonel de Gaulle. Photo Archives RL

Une rue porte son nom à Montigny-lès-Metz et pourtant, peu de gens connaissent son histoire. Le général de brigade Delestraint, qui a commandé la 38 brigade de chars de combat de Metz, était un proche de Charles colonel de Gaulle. Héros de la Première Guerre mondiale, il connut un destin tragique. 

Le 5 mars 1939, le quartier Lizé vivait un moment fort : le général de brigade Delestraint, qui commandait la 3e brigade de chars de combat, passe le régiment en revue en présence du colonel de Gaulle.

Charles-Antoine Delestraint s’était illustré lors de la Première Guerre mondiale, en Meuse. Fait prisonnier en août 1914, il ne devait retrouver la France qu’en 1918, recevant la Légion d’honneur et la Croix de Guerre française et belge.

En tant que chef de bataillon, il se passionna pour l’arme blindée. Avec le colonel de Gaulle, il milita pour son développement, se heurtant sans cesse aux « défenseurs » de la ligne Maginot. Ayant pris sa retraite en 1939, il fut nommé, en 1940, divisionnaire et commandant du groupement cuirassé.

  • Mort à Dachau

Organisateur et chef de l’armée secrète durant l’Occupation, il se rendit à Londres et revint à Paris donner ses instructions aux cadres de la Résistance. C’est là qu’il fut arrêté et conduit à Fresnes, au camp de Natzweiler, puis au camp de Dachau.

Le Lorrain du 15 octobre 1948, écrivait que d’après un communiqué du ministre de la dénazification en Bavière: « Le corps du général a été identifié dans une fosse commune n°3 du camp de Dachau ».

Mais L’Est Républicain sous la plume d’Henri Schwab en 1948, tempère : « Cette nouvelle peut paraître sujette à caution. Joseph Krommenacker – qui figurait au nombre de ses intimes – chef de district à la SNCF à la gare de Forbach, et Jacques Philippe, journaliste aux Dernières Nouvelles d’Alsace , furent à Dachau les camarades d’infortune du général, qu’ils voyaient journellement. Huit jours avant la libération de Dachau, le général fut avisé qu’il quitterait le camp. Avec une certaine inquiétude il fit ses valises et adressa de touchants adieux à ses camarades. Il s’entretint avec Joseph Krommenacker, ainsi que Louis Conrad, devenu depuis brigadier de police à Merlebach, qui était chef de chambrée du général. »

•   De Gaulle lui rend hommage

Le 31 juillet 1948, c’est toujours au quartier Lizé que Charles de Gaulle a fait un déplacement pour l’inauguration d’une plaque à la mémoire du général Delestraint. Le discours a été prononcé par Robert Sérot, président du Conseil général de la Moselle, devant Joseph Schaff, le général-gouverneur Auguste Gilliot et Raymond Mondon.

Cette plaque, nous l’avons retrouvée. Elle est entreposée à Mourmelon, dans un dépôt de l’armée. Elle sera peut-être rapatriée à Montigny-lès-Metz pour être placée dans le mémorial que la commune souhaite installer dans l’ancien bureau du colonel de Gaulle.

« C’est à ce dernier qu’il confia les dispositions qu’il avait compté prendre après sa libération du camp et l’institua en même temps chef de la Résistance française au camp de Dachau, lit-on dans le même article. Un officier SS vint le chercher et lui dit qu’il se faisait un honneur de l’accompagner jusqu’à la gare. Pourtant, ce ne fut pas vers l’entrée principale qu’il fut conduit, mais vers une seconde sortie. Rien ne pouvait laisser supposer à ses compagnons, qui le suivaient du regard, sa funeste destinée. Ce n’est que plus tard qu’ils apprirent la tragique vérité. Cette sortie conduisait à proximité du four crématoire. Ce n’est qu’à quelques pas de la sortie que l’officier SS lui souhaita bon voyage. Le général resta un moment désemparé. Il se baissa pour prendre ses valises. C’est à ce moment que l’officier lui tira une balle dans la nuque. Le préposé au four, lui­ même déporté d’Europe centrale, fit disparaître le corps. On ne possède aucune autre indication, l’homme chargé de cette besogne ayant été tué lors de la libération du camp. Mais les fours étant encore sous feu, il est probable que le corps fut bien incinéré. »