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150e anniversaire de la Guerre de 1870

Gravelotte, « symbole de réconciliation entre France et Allemagne »

Le Musée de Gravelotte

Qui l’eût cru il y a 150 ans ? France et Allemagne se sont retrouvés dimanche à Gravelotte pour commémorer la guerre de 1870, là même où ils se déchiraient il y a un siècle et demi. « La Moselle a si souvent incarné nos déchirements européens. Elle nous raconte maintenant l’amitié durable de nos deux nations », estime la ministre Geneviève Darrieussecq.

Par Philippe MARQUE – 30 août 2020  Républicain Lorrain

   

La France et l’Allemagne réunis pacifiquement à Gravelotte. Qu’elle était belle, cette image offerte par les deux pays ce dimanche 30 août. Distanciation oblige, Geneviève Darrieussecq et Pascal Hector, les ministres des deux pays, ne se sont pas donné la main comme Mitterrand et Kohl avaient pu le faire à Verdun. Mais c’était tout comme.

Qui aurait cru cela possible il y a tout juste cent cinquante ans ? Quand, exactement au même endroit, Français et Prussiens s’y déchiraient au corps à corps… La sinistre bataille du 16 au 18 août 1870 fit 11 000 morts et 21 000 blessés dans les deux camps. « Une tuerie sans vainqueur à la nuit tombée », a soupiré dans son discours la ministre déléguée auprès de la ministre des Armées.

Au sommaire notamment : la France à la veille de 1870, les causes de la guerre, les principales batailles, le bilan humain et matériel, les traités de paix, la Commune, l’Annexion de l’Alsace-Moselle, Nancy capitale de l’Est, le formidable essor de Belfort, les lieux de mémoire et musées, la guerre dans les arts et dans la littérature. Plus de 400 photos, gravures, tableaux, cartes et documents souvent inédits.

« Une guerre trop souvent oubliée »

Elle a choisi le monument aux morts de Mars-la-Tour, puis la Halle au souvenir et son musée de Gravelotte, pour commémorer le 150e anniversaire de la guerre de 1870. « Une guerre trop souvent oubliée, passée sous silence, alors qu’elle a influencé la géopolitique de l’ensemble de l’Europe et du monde et a fait basculer le continent dans un cycle guerrier qui ne s’achèvera qu’en 1945 », a insisté la membre du gouvernement, qui veut aujourd’hui voir plus loin : « La Moselle a si souvent incarné nos déchirements européens. Elle nous raconte maintenant l’amitié durable de nos deux nations. Elle est une terre d’histoire, un symbole de la réconciliation entre la France et l’Allemagne, un lieu de mémoire partagée. »

« Le nationalisme, c’est la guerre »

Le Sarrois Pascal Hector, ministre plénipotentiaire, était au diapason. Le représentant allemand a grandi avec vue sur les champs de la bataille de Spicheren, autre haut lieu de la guerre de 1870. « J’ai compris enfant, le jour des cérémonies du centième anniversaire, que le nationalisme, c’est la guerre. Il faut distinguer l’idée de la nation de celle de l’idéologie nationaliste. Certains exacerbent les clivages. C’est une approche à haut risque. »

Autant dire qu’il mesure le chemin parcouru entre les deux pays : « Cela n’a rien d’une évidence s’ils sont aujourd’hui réunis pour commémorer tous nos morts. France et Allemagne ont tiré les leçons des expériences amères de l’Histoire. S’il y a bien un facteur décisif de cette paix, c’est l’intégration européenne. Seule l’UE peut garantir cette paix de façon pérenne. » Et Gravelotte était, ce dimanche après-midi, l’endroit parfait pour savourer ces soixante-quinze ans de quiétude…