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RÉGION  VOLMUNSTER  Justice

Une stèle nazie érigée sur son terrain : 18 mois de prison requis

Alexandre ROL Républicain Lorrain du 25 février 2020

Début 2018, une stèle rendant hommage à une division SS était découverte sur un terrain privé à Volmunster (57). Le propriétaire, un Allemand s’est expliqué ce lundi devant le tribunal correctionnel. Le parquet a requis 18 mois de prison dont neuf avec sursis. Le délibéré sera rendu dans un mois.

Avec sa tête rasée et ses tatouages du sommet du crâne à la nuque, l’homme ne passe pas inaperçu au palais de justice de Sarreguemines (57), ce lundi. Mais le public attendait sans doute plus qu’une simple présence à la barre du tribunal correctionnel.

Des explications, probablement. Elles ne viendront pas. L’individu de 36 ans a fait valoir son droit au silence et a laissé Me Gagneux, son conseil, assurer sa défense. Celui-ci a dans un premier temps argumenté en faveur d’une annulation des poursuites contre son client, avançant un vice de procédure dans les termes de la prévention, laquelle évoque une « apologie de crimes de guerre ou crimes contre l’humanité », soit deux délits distincts qui auraient dû, selon lui, être différenciés. Les magistrats du siège statueront, mais le fond du dossier a bien été étudié.

À l’origine, la découverte Par un Promeneur, début 2018, d’une stèle se trouvant sur un terrain privé de Volmunster (57) , appartenant à un Allemand. Sur le monument, une inscription rendant hommage à la 178 SS-Panzergrenadier-Division, une unité d’infanterie de la Waffen-SS qui a participé au massacre de Maillé en 1944. L’affaire avait fait grand bruit.

•   Peine sévère réclamée

Une information judiciaire avait été ouverte par le parquet de Sarreguemines et  le propriétaire de la parcelle, connu outre-Rhin pour son appartenance à la mouvance néonazie, avait été interP-ellé .  Il  avait expliqué  avoir simplement  voulu honorer un vieil ami décédé qui avait appartenu à cette division, sans intention de glorifier son action criminelle. Le parti communiste de la Moselle et la Liera (Ligue internationale cor.1tre le racisme et l’antisémitisme), qui se sont constituées partie civile, n’entendent pas cette version. « Il a entretenu le devoir de mémoire de la pire des façons », estime Me Ralph Blindauer. Plusieurs milliers d’euros de dommages et intérêts sont demandés. Le procureur Jean-Luc Jaeg abonde dans son sens et se dit « partisan d’une peine sévère», en l’occurrence dix-huit mois d’emprisonnement, équitablement partagés entre du ferme et du sursis.

  • Réponse le 23 mars

 La défense s’attaque au fond. Et pour Me Gagneux, les faits ne sont pas constitués et la relaxe doit être prononcée. Il met en doute le caractère public et la réelle visibilité de la stèle ainsi que la notion d’apologie, qu’il considère comme trop légère. « Le  tribunal n’est pas là pour juger une idéologie, mais faire du droit», rappelle-t-il. Le jugement sera rendu le 23 mars.