Après les hostilités, il existait dans le Doubs, la Haute-Saône, les Vosges et la Côte-d’Or des petits cimetières établis par l’Etat-civil militaire aux Armées où reposaient les corps de combattants de la 1ère armée française tombés en 1944 dans les combats livrés avant la libération de l’Alsace. Leur entretien s’avérait très difficile à cause de leur dispersion et de leur aménagement rudimentaire. Dès 1950, le projet d’agrandir un de ces cimetières le mieux situé et d’y regrouper les corps exhumés des autres sites fut retenu. Le petit cimetière de Rougemont fut choisi. En outre, le général de Lattre de Tassigny avait, lors de la bataille, établi son PC non loin de là, au château de Moustier.

En 1951, le génie militaire procéda aux travaux de terrassement. Les exhumations et aménagements durèrent de 1952 à 1958. Les corps non restitués aux familles furent réinhumés dans cette nouvelle nécropole nationale.

D’une surface de 1.4 hectares, elle a ainsi recueilli les corps de 2169 combattants français de la Seconde Guerre mondiale. 153 sont inconnus, et 1251 sépultures sont ornées d’une stèle musulmane.

Parmi ces sépultures, se trouvent la tombe du Général DIEGO BROSSET qui repose parmi ses hommes.

  • Le gĂ©nĂ©ral DiĂ©go BROSSET (1898-1944) : nĂ© en Argentine d’une famille de magistrats lyonnais, il s’engagea dans l’armĂ©e et prit part Ă  la Première Guerre mondiale. Gendre du gĂ©nĂ©ral Charles Mangin, il entra Ă  l’Ecole de Guerre en 1937. Il rallia les FFL dès juin 1940 et fut condamnĂ© Ă  mort par contumace. A Londres, il servit d’abord Ă  l’Etat-major du gĂ©nĂ©ral de Gaulle et fut emmenĂ© comme officier d’Etat-major personnel par le gĂ©nĂ©ral lors de son premier voyage au Moyen-Orient avant de devenir le chef d’Etat-major du gĂ©nĂ©ral Catroux.Il reçut le commandement de l’Est syrien, puis en janvier 1943 celui de la 2e Brigade française libre. Il se battit en Libye, traverse la CyrĂ©naĂŻque, la Tripolitaine, prit part aux combats de Tunisie, puis fut nommĂ© gĂ©nĂ©ral de brigade en 1943, prenant le commandement de la 1ère Division Française Libre qui dĂ©barqua en Italie et participa Ă  la bataille du Garigliano puis Ă  ceux de Pontecorvo. DĂ©but juin, il prit part Ă  la prise de Rome et, fin juin, aux combats de Toscane. Avec la 1ère DFL il dĂ©barqua en Provence, participa encore Ă  la prise de Toulon et d’Hyères, puis Ă  la poursuite dans la vallĂ©e du RhĂ´ne, et enfin le 3 septembre Ă  la prise de Lyon, Autun, et Dijon. Il commanda ensuite la DFL lors de la Bataille des Vosges fin 1944. Peu de temps après, au volant de sa jeep, il dĂ©rapa sur le pont du Rahin, Ă  Champagney en Haute-SaĂ´ne, et s’écrasa au fond du torrent : on retrouva son corps deux jours plus tard. L’acteur Jean-Pierre Aumont, alors lieutenant et qui Ă©tait son aide de camp, rĂ©ussit Ă  sortir vivant de l’accident. Pour l’anecdote, lors du dĂ©barquement en Provence, Diego Brosset fut hĂ©bergĂ© chez la famille Chirac, rĂ©fugiĂ©e au village du Rayol sur la cĂ´te varoise. Il se lia alors d’affection avec le jeune Jacques Chirac, âgĂ© d’une douzaine d’annĂ©es. Ce dernier, apprenant la mort du gĂ©nĂ©ral quelques mois plus tard, dĂ©cida de son propre chef, de baptiser par un panneau un chemin du Rayol « avenue du GĂ©nĂ©ral-Brosset », panneau qui resta une trentaine d’annĂ©es en place.

 

Christiane Dormois

Présidente FNAPOG fédération du DOUBS
Vice-Présidente Nationale

Aller au contenu principal