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Mémoire: Commémorationsdu centenaire de

1914-1918, quelles retombées?

Quelles ont été les retombées liées aux commémorations du centenaire de la Grande Guerre dans les Hauts-de-France et le Grand Est ? C’est ce qu’ont mesuré les différents acteurs de l’événement qui s’interrogent désormais sur les façons de capitaliser pour la suite.

 

Romain Musart 12/03/2019

Fin 2018. À l’issue de ce qu’on a appelé I’« itinérance mémorielle» du président de la République dans la région Grand-Est et les Hauts-de-France, s’achevaient quatre années de commémorations du centenaire de 1914- 1918. Quatre années d’événements autour des champs de bataille, musées, centres d’interprétation, nécropoles… Quatre années pour mettre en lumière cet héritage commun de l’Histoire et, par la même occasion, accélérer la mutation d’un territoire vers le tourisme de mémoire.

Ainsi, de 2013 à 2018, plus de 150 millions d’euros ont été investis, de part et d’autre de l’ancienne ligne de Front, par les États concernés et les collectivités. Un chèque pour financer la création ou la réouverture de sites mémoriels (l’Anneau de la mémoire à Notre-Dame-de-Lorette, le musée de la bataille de Fromelles, le centre d’interprétation de Vimy…) et bon nombre de projets (plus de 6 000).

93 millions générés en 2018

L’effort a-t-il été payant? Oui, à entendre, ce mardi à Lille, Geneviève Darrieussecq, secrétaire d’État auprès de la ministre des Armées. Qui juge que les répercussions du tourisme de mémoire sur l’afflux touristique apparaissent« très clairement». Car les partenaires de l’opération «Centenaire» ont fait les comptes. Et mesuré les retombées économiques des commémorations, sur la base des chiffres de 2018. Rien que cette année-là, ont été recensées 3,5 millions de visites liées au tourisme de mémoire(+ 40 % de fréquentation) et générées 93 millions de retombées économiques dont 22 millions purement liés à I’« effet centenaire». Et l’on estime que les territoires des Hauts-de-France ont bénéficié de deux tiers à trois quarts de cette manne. Pas rien.

Nul n’est aujourd’hui en capacité de mesurer combien a précisément rapporté l’opération sur l’ensemble de la période. Mais 2018, même si celle-ci fut l’année la plus médiatique, apparaît comme un bon baromètre, jugent les différents partenaires. Directeur général de la Mission centenaire, Joseph Zimet rappelle que 2014 et 2016 furent aussi de très bons crus.

Reste à savoir, une fois cette page anniversaire refermée, comment capitaliser sur l’événement. « Le maintien de la fréquentation des différents sites passe par le maintien de la qualité de l’offre, analyse Joseph Zimet.

C’est moins les cérémonies qui comptent que ce qu’il se passe entre elles. Il faut par ailleurs une logique de contractualisations entre l’État, les Régions, les Départements et les communes, parce qu’on ne travaille pas ici que sur le tourisme, mais aussi l’économie, la culture… » Une mobilisation générale. En attendant cette synergie, la réflexion est déjà engagée dans différents sites de la région (lire ci-dessous).

Les grands sites de mémoires se cherchent un avenir

Comment faire fructifier les acquis touristiques des quatre années de commémorations du centenaire de 14-18? La question se pose singulièrement dans l’Artois où, de Vimy à Notre-Dame-de-Lorette, on vient de connaître quatre années fastes en termes de fréquentation. « Il faut distinguer les publics français et étrangers. Ces derniers étaient là avant le centenaire, ils seront là après. Nous sommes allés au Canada il y a quelques jours pour démarcher des tour-opérateurs et on voit bien que quand on parle de Vimy, ça déclenche un intérêt immédiat. L’enjeu, c’est de les accompagner encore mieux», explique Sophie Wilhelm, directrice de l’office de tourisme de Lens-Liévin, qui gère notamment l’Anneau de la mémoire à Notre-Dame-de-Lorette et le mémorial 14-18 de Souchez.

« Nous souhaitons permettre aux familles de suivre le parcours d’un aïeul soldat dans la région en 1418, grâce aux archives. Il s’agit d’offrir d’ici à la fin de l’année, un accompagnement individualisé, à la demande, avec une collègue qui fera les recherches», indique Sophie Wilhelm qui entend aussi élargir au passage l’horizon des touristes de la mémoire de passage dans la région. Le but étant d’insérer des étapes culturelles et gastronomiques dans le séjour, en escomptant des retombées économiques plus concrètes.

Côté public régional et national, l’attention sera portée sur le lien familial, autour de la transmission aux enfants des valeurs de paix. « Nous avons développé un parcours qui repose sur un livret édité par les éditions Minus basées à Villeneuve-d’Ascq. Et nous allons continuer à programmer des expositions qui permettent d’aborder la guerre avec un regard contemporain, à travers la photo notamment.

S.LE