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                                                                Le Maquis de MEILHAN   (GERS)

 

Le Docteur RAYNAUD, de Lombez, jalousé par un confrère qui profitant du régime imposé par Vichy le surveille, aidé par dans cette base besogne par un gendarme. Le 03 janvier 1944, avertit discrètement  le Dr RAYNAUD se réfugie dans la clandestinité, change souvent de lieu, va chez lui de temps en temps. Le 9 Avril 1944 il retourne chez lui de nuit et y reste caché 3 jours. Fuyant le STO, refusant de se soumettre à la milice il commence un périple de sauvegarde. Madame Raynaud est espionnée par 2 agents de la gestapo qui sont repérés, enlevés par la résistance. Ils sont amenés au Dr Raynaud qui les interroge puis les fait exécuter. Conscient du danger il avertit sa femme pour qu’elle parte ce qu’elle fera le 18 juin.

Ayant mis sa famille à l’abri, il se cache de ferme en ferme. La dernière semaine de Juin 1944, le 25 ou le 26, ayant trouvé un endroit propice il met sur pied un maquis dans 2 fermes inoccupées « Larée » et « Le Priou » à Villefranche d’Astarac au- dessus de Meilhan ce village du Gers à la limite de la Haute Garonne. De nombreux volontaires, fuyant eux aussi le STO, arrivent, se placent sous le commandement du Dr RAYNAUD, assisté par Henri MARCELLIN, évadé d’Allemagne, et BOUET soldats de la 1 ére guerre mondiale. Les frères LABORIE, XAVIER ET PAUL s’occupent des cuisines, CAUSSADE est chargé de la gestion du parc auto.

Le 03 juillet 1944 un major américain nommé FULLER lui promet un largage d’armes pour bientôt qui   hélas le 11 Juillet sera trop tardif.

Mais dans la journée un maquisard faisant fi des consignes et voulant se rendre à Lannemezan distant de 50 km est arrêté par un barrage allemand à l’entrée de la ville. Il est transféré à leur PC installé à la maison POUY, et interrogé brutalement. Peut-être a-t-il révélé l’emplacement de son maquis mais le plan du 116 éme bataillon de grenadiers avait déjà programmé cette éventualité.

Trois résistants d’un maquis voisin avaient averti le Dr RAYNAUD que les allemands l’avaient repéré mais il décide de ne partir que le lendemain. Le maquis repéré, les maquisards chargent le camion le 06 juillet au soir, pour déguerpir comme prévu le matin du jour suivant 07 Juillet.

Les allemands divisés en 2 colonnes quittent Lannemezan à 2 heures du matin, l’une suit la vallée du Gers jusqu’à Masseube, l’autre la vallée de la Gimone. Ils sont repérés par LAFFORGUE, maire du village de Gaujan, qui envoie son fils Jean Louis prévenir RAYNAUD. Au retour arrêté par les allemands à la ferme d’à-côté, il montre sa carte d’ouvrier agricole et a sans doute la vie sauve parce que Mr GOVAU le fermier affirme qu’il est bien son valet de ferme.

Les allemands arrivés dans la nuit, pour se déplacer, rampent à travers champs pour positionner leurs batteries en vue de l’attaque du lendemain. Ils sont repérés par 2 maquisards.

Le matin du 7 juillet 1944 le maquis (76 hommes) est encerclé. Les allemands lancent leur attaque. RAYNAUD averti quelques minutes avant d’une attaque allemande imminente n’a pas eu le temps de donner ses ordres. Un obus de mortier tombe sur le camion des maquisards préparé la veille et explose avec toutes les munitions. Après d‘âpres combats, 68 maquisards dont beaucoup de novices sont tués sur place, 4 seront fusillés à Lannemezan, 4 torturés puis fusillés à leur tour.

Sans véritables témoignages les péripéties de ce combat sont floues, les rescapés, fuyant ou se cachant pour sauver leur vie.

Deux résistants le commandant MARCELLIN, blessé à la tête et au ventre, adjoint du Dr RAYNAUD prenant un fusil mitrailleur tire sur les allemands à travers une haie puis avec son compagnon BOUET il cherche un chemin de repli vers le bois de « Priou » déjà rempli d’allemands qui les voyant les abattent près de « la Lère » un ruisseau proche.

Les occupants de la ferme « Larée » partis se cacher dans les bois voisins sont pris par les allemands, ramenés à la ferme et fusillés1. Ceux qui se sont rendus (14) seront mutilés et brûlés vifs car le feu est ensuite mis au bâtiment dans lequel seront donc carbonisés les maquisards, enlevant ainsi toute identification possible. Ce combat aura duré 2 heures mettant aux prises 1500 hommes2 de la Wehrmacht, dotés de canons de 88, mortiers et mitrailleuses lourdes contre environ 80 résistants équipés de grenades et fusils mitrailleurs.

Ensuite les allemands ratissent les alentours, s’acharnent sur les blessés qu’ils rencontrent, débusquent encore quelques maquisards qu’ils fusillent aussitôt sauf 3 qui seront emmenés à Lannemezan et fusillés au pont d’Espagne.

Une fois les allemands partis les villageois des environs viennent pour soigner les blessés, hélas ils ne découvriront que des cadavres laissés par la férocité des allemands qui ont même défiguré les résistants afin de les rendre difficilement identifiables, les ont aussi dépouillés des objets qu’ils portaient.

Il n’y eut que 17 ou 20 rescapés, ce qui faisait un maquis d’une centaine d’hommes.

 

Notes :

 1°) Considérés comme terroristes les maquisards ne bénéficient pas de la convention de Genève.

 2°) dont 25 SS.

Sources :

   Différents sites et livre de F.Chavigné « la tragédie de Meilhan ».

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