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Pupille, de la Nation ou des yeux !

Présentée par Jean Pruvost
 Suite à la sortie du film “Pupille”, Jean Pruvost vous décrypte ce mot aux sens à la fois si différents et très proches.
Voilà un mot à double entrée. S’agit-il d’un mot ou de deux mots ? Quel rapport en effet entre les pupilles de la nation et la pupille de l’œil ? Ouvrons grands les yeux et les oreilles, parce qu’à l’oreille, on entend bien qu’on dit un pupille de la nation, mais la pupille de l’œil…
Il s’agit bel et bien de deux mots différents. D’un côté “le” pupille, qui vient du latin « pupus », désignant le petit garçon, et de l’autre “la” pupille, venant du latin “pupilla”, de tout autre sens, issu d’un radical pep exprimant la petitesse, ce qui a donné la poupée, le poupin, le poupon, et quelque chose de très petit et léger, un pépin, une pépite. Et on comprend parfaitement l’image, de la pupille de l’œil, de la taille d’un pépin de raisin.
C’est de fait en 1334, qu’est attesté en français le mot “un pupille” en tant qu’ “orphelin mineur sous la garde d’un tuteur“. C’est ensuite au milieu du XVe siècle que “le pupille” devient par extension un jeune homme, un élève, par rapport à son précepteur, son gouverneur. Enfin, un peu plus tard, au XVIIIe siècle, de 1784 à 1797, le pupille fut aussi un jeune soldat pris en charge par un officier. De là viendront aussi au XXe siècle les pupilles de l’air, élèves des lasses préparatoires dans le domaine de l’aviation. Enfin, en 1904, naissent institutionnellement  les pupilles de la ville de Paris.
En fait, on a d’abord évoqué les pupilles de l’Assistance publique, puis les pupilles de l’État, il faut attendre le XXe siècle pour les “pupilles de la Nation”. Il s’agit d’un titre de reconnaissance qui place les enfants adoptés par la Nation sous la protection et le soutien matériel et moral de l’État. Peuvent être pupilles de la Nation, l’enfant mineur dont le père ou la mère a été tué au cours d’une guerre, ou l’enfant d’un pensionné de guerre dans l’incapacité de s’acquitter de ses obligations d’éducation. Existent aussi les pupilles de l’école publique, enfants pauvre, bénéficiant d’une aide pécuniaire des collectivités locales.
On le voit, qu’il s’agisse du mot “pupille” qui peut être au masculin s’il s’agit d’un garçon, un ou une pupille de la Nation, ou de “la” pupille qui ne peut être dans nos yeux qu’au féminin, on doit prendre le plus grand soin de nos pupilles. Leur donner le plus bel éclat possible !