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«contre les bombes des gothas et l’obus du gros kanon»

En 1918 à Paris, on raconte qu’un jeune couple a échappé au bombardement de la capitale
par les Gothas, avions de bombardement allemands, et par les obus à longue portée de la grosse
Bertha. Nul ne sait qui a commencé à fabriquer des poupées de laine à leur effigie. Ces poupées
connaissent un succés fulgurant. Reliées par un cordon, elles étaient inséparables.
On se les échange, on les donne aux poilus. Elles concrétisent le lien entre eux et leurs
femmes, leurs fiancées, leurs marraines de guerre.

 
Ces fétiches patriotiques «Nénette et Rintitin» ont d’abord été des poupées conçues à Saint-
Usuge, en Saône et Loire, par l’illustrateur Francisque Poulbot. Elles ont été commercialisées en
1913. Nénette et Rintintin étaient les petits noms que se donnaient Francisque Poulbot et sa femme.
Des nénettes et rintintins on en fera jusque dans les années 50. Mais l’histoire ne s’arrête pas là.
Le 15 septembre 1918 se déroule la bataille qui va permettre la reprise du Saillant de Saint-
Mihiel. C’est à cette date que l’aviateur américain Lee Duncan découvre, au cours d’une patrouille,
une femelle berger allemand et ses cinq chiots de quelques jours, seuls survivants d’un chenil d’un
camp bombardé à Flirey, entre Verdun et Bar le Duc. Avec ses camarades d’escadrille, ils se
partagent la petite famille. Duncan décide d’en prendre deux . Il les nomme Nénette et Rintintin en
hommage aux poupées que les enfants lorrains ont l’habitude d’offrir aux soldats pour leur porter
chance.
Tous avec leurs nouveaux amis rejoignent la base de Toul-Rosières

Aussi, quand vient l’heure de rentrer outre-Atlantique, Lee Duncan s’arrange pour emmener
Nénette et Rintintin avec lui à Los Angeles. Mais Nénette tombe malade pendant la traversée et
meurt quelques jours après. Rintintin résiste et s’avére même être exceptionnellement habile et
intelligent.
Bien entrainé, il se fait remarquer par le producteur de films Charles Jones. Sa première
apparition au cinéma se fait dans le film d’Irving Cummings « The Man from the hell’s river » en
1922. Le film connaît un succès énorme et la performance de Rintintin est remarquée. La première
star canine du cinéma est née, elle est Lorraine.
Un destin hors du commun va naitre de la rencontre de ce chien né en Lorraine et de ce « poilu
américain ».
Ce petit chiot, né en 1918 en Lorraine, allait bientôt atteindre une notoriété qu’aucun autre
chien n’avait atteinte avant lui. Au fil de ses films, Rintintin nous offrit cette fascinante histoire de
la première star française de hollywood : le plus célèbre chien du cinéma.
Consécration suprême, Rintintin obtient son étoile sur Hollywood Boulevard.
Rintintin meurt le 10 août 1932. Très affecté, Lee Ducan tient la promesse faite à son chien
de le ramener en terre de France. Il est enterré au cimetière animalier d’Asnières-sur-Seine.
Mais son personnage occupera l’écran bien plus longtemps, incarné successivement par ses
descendants. En effet en 1954, Lee Ducan va faire revivre son compagnon en créant une série
américaine avec « Rusty » un petit orphelin accompagné de son fidèle Rintintin, tous deux intégrés
dans un corps d’armée américain basé à « Fort Apache ».
Jusqu’en 1963 les aventures de Rintintin, avec 164 épisodes, rencontrèrent un franc succès.

Michel SARLANDIE
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