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Il s’appelait Lucien. C’était un jeune homme paisible d’une vingtaine qui commençait une vie de famille.
Malgré le choc causé par le début de la seconde guerre mondiale, Lucien était le plus heureux des hommes grâce au bonheur que lui apportaient sa 
femme et ses deux enfants.
Ils habitaient dans la campagne du Haut-Doubs, un petit village tranquille.
Un lundi de mai 1940, un délégué de l’armée française arriva au village. Ce jour là bouleversa la vie de Lucien et de Louise, son épouse.
Quand les villageois furent réunis sur la place le militaire s’éclaircit bruyamment la la voix et déclara :
« Mes frères, il est temps d’aller défendre votre patrie. Les Allemands sont à nos frontières. Venez aider vos compatriotes à gagner cette guerre pour que vos femmes et vos enfants connaissent une vie meilleure. Les autorités exigent que tous les hommes âgés de 18 à 48 ans partent pour le front ».
Lucien sentit son estomac se nouer. Il regarda sa femme et vit qu’elle avait les larmes aux yeux. Il ne servait à rien de la consoler, le plus dur restait à venir.
C’était insensé. Lucien n’avait jamais tenu une arme de sa vie. Il ne pouvait tout de même pas partir au combat !
Malgré tout, une semaine après l’arrivée de la nouvelle bouleversante, le délégué de l’armée vint chercher les hommes. Pas un n’échapperait à la guerre.
Tous ces visages en larmes, tous ces cœurs brisés n’y changeraient rien.
Lucien n’en revenait pas. Il lui fallait faire ses adieux à sa femme et à ses enfants. Louise pleurait. Elle lui dit qu’elle l’aimerait toujours, il lui dit la même chose…
Il se retourna pour voir une dernière sa femme et ses enfants qui pleuraient.
Quand il ne les vit plus il enfouit son visage dans ses mains.
Sa pauvre femme allait devoir gérer la scierie de Lucien seule.
Quelques mois plus tard Louise n’avait toujours pas revu son mari. Les rares lettres qu’il envoyait pour dire qu’il était toujours en vie apportaient à chaque fois un peu de réconfort.
Les deux enfants réclamaient sans cesse leur père. Louise espéraient qu’ il
soit toujours en vie.
La lecture et relecture des lettres du père remplaçaient les comtes enfantins. Elle avait encore une lueur d’espoir.
Un matin, alors que Louise sortait de l’église d’où elle venait de faire une prière pour son mari, elle aperçut le maire et le garde-champêtre devant sa maison.
« Madame, c’est avec un grand regret que je vous annonce que votre mari est Mort pour la France dit le maire d’une voix tremblante.
Louise qui avait déjà compris en les voyant ne l’écoutait plus. Sans mot dire elle rentra chez elle, sans même pleurer.
Elle s’assit, prit ses deux enfants contre elle. Les enfants comprenaient ce qui s’était passé et regardaient leur mère. Tous trois se mirent à sangloter.
En effet quelques semaines plus tôt un jeune homme était allongé dans un pré au cœur de ce splendide Val de Loire.
Victime d’une attaque aérienne il semblait paisible.
« Il a deux troux rouges au côté droit… »
Cet homme ne sera jamais le soldat inconnu car il s’appelait Lucien Laresche et c’était mon arrière grand-père.
Achille Fabre
Elève de 3ème
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Merci à Françoise Mazet