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Comment Emmanuel Macron veut sauver le patrimoine français
Le président de la République, Stéphane Bern, la Fondation du patrimoine et la Française des jeux ont lancé hier à l’Élysée la loterie du patrimoine, qui doit permettre de sauver des monuments français en péril.
 
Annoncé en novembre 2017, le « loto du patrimoine » a été lancé hier sous les moulures dorées de l’Élysée par Emmanuel Macron, devant une salle comble d’environ 500 acteurs du secteur. Objectif : aider les communes à sauver leurs monuments grâce aux jeux « Mission patrimoine » qui verront le jour en septembre prochain. Ses recettes seront affectées par la Française des jeux (FDJ) à un fonds spécifique.
Une identité française… et rurale
La Fondation du patrimoine (FDP) et l’animateur Stéphane Bern, qui portent avec elle cette mission, comptent sur la mobilisation des Français pour garantir le succès de ce loto. Le président en a fait un étendard : « Quand on parle du patrimoine, on parle de l’identité de notre pays, a clamé Emmanuel Macron. C’est une cause nationale, qui engage l’État […], mais le patrimoine est à tout le monde ». Sur le total des 270 projets (dont un emblématique par région) qui seront soutenus par l’opération, 25  % appartiennent à des propriétaires privés et 62  % font partie du patrimoine public. « L’identité française réside dans ce palimpseste de nos régions qu’est le patrimoine », a ajouté le chef de l’État. La ministre de la Culture, Françoise Nyssen, rappelle : « 50  % du patrimoine sont dans des communes de moins de 2 000 habitants ». « Ce qui est innovant, c’est que les gens savent où va l’argent », explique la PDG de la FDJ, Stéphane Pallez, qui souligne que l’opération a le soutien du réseau de buralistes sur l’ensemble du territoire.
« Nous ne saurions voir dans le patrimoine du conservatisme », a insisté Emmanuel Macron, y voyant également « l’imaginaire français » et le fer de lance d’une « identité européenne ». Le président souhaite là aussi une accélération, une « réinvention », une politique du « en même temps », qui allie patrimoine et création contemporaine.
Des besoins importants
Le chef de l’État a promis hier une répétition du loto chaque année « afin que d’ici la fin du quinquennat, un maximum de projets sur le territoire aient changé de visage ». Les acteurs de l’opération en sont conscients, les 15-20 millions d’euros de recettes attendues en 2018 seront bien insuffisants. « Pour sauver les 2 000 dossiers que nous avons reçus, il faudrait 2 milliards, mais que Bercy se rassure, nous n’allons pas les lui demander », plaisante Guillaume Poitrinal de la FDP. La ministre de la Culture François Nyssen note l’augmentation de 5  % du budget consacré au patrimoine sur le quinquennat. « Il faut aussi rappeler que fin 2017 ont été supprimés 58 millions d’autorisations d’engagement et 42 millions de crédits de paiement par rapport à ce qui a été voté dans la loi de finances initiale pour l’entretien et la restauration des monuments historiques », a nuancé hier le député LR Gilles Carrez. Une campagne de dons nationale sera lancée en parallèle du loto. Si Stéphane Bern note que sa mission est loin d’être achevée — « nous devons trouver de nouvelles sources de financement »
L.B.
Le Républicain Lorrain  1er Juin 2018