Jeanne PARISET alias sœur Marie-Julienne, la courageuse.

Ce dernier 5 juin le lycée privé Sainte-Marie de Nevers à Toulouse a rendu hommage à cette courageuse religieuse.  Les élèves de terminale ont témoigné par leur discours émouvant. Sœur Benedetto, supérieure générale des sœurs de la charité de Notre Dame de Nevers fera l’éloge de Marie-Julienne, mettant en exergue les valeurs de la congrégation.

                                                               Hommage par une élève

 

                                                                                                Toute une classe participe

 

                                                                       Le dernier hommage (les 3 photos : lycée Ste Marie de Nevers)

Aurélie Verdeil professeure d’histoire du Lycée et Maxim Gheorghita élève de terminale ont, à partir des documents récupérés, retracé son parcours et réalisé un travail qui a été présenté en cette occasion.

Jeannine Grossmann-Lévy et sa fille Michèle étaient présentes.

                                                             Anne, Michèle et Aurélie Verdeil prof d’histoire (photo journal DPM)

Qui était donc Sœur Marie-Julienne ?

De son nom de baptême Jeanne Pariset, née le 9 septembre 1872 et décédée le 8 octobre 1959. Elle était devenue la Mère Supérieure de 1930 à 1954.

Mais pourquoi cet hommage ?

En réalité, elle avait une activité cachée. Elle recueillait des enfants juifs et même une famille, les cachait dans les dortoirs du vieux couvent, n’étaient informés de cette action que treize de ses consœurs, prudence oblige. Un prêtre des Landes y a aussi trouvé refuge. Des documents ont été dissimulés dans la salle de musique.

L’évêque Jules Saliége1, au courant de cette activité, lui envoyait parfois des enfants. Parmi ces derniers, une petite fille Jeannine Grossmann, née en 1928, l’aînée de 3 enfants.

La famille, dont le père Josef arrivé de Pologne en 1925 et sa mère Iréna de Metz tenait un commerce dans cette ville. Cet été les vacances se passaient en Normandie. Mais après la déclaration de guerre et l’annexion2de l’Alsace/Lorraine à l’Allemagne, pas question de retourner à Metz. Il est décidé de rester dans cette belle région. Les enfants sont inscrits à l’école, mais obligation leur est faite de porter l’étoile jaune3 la Normandie étant en zone occupée.

Changement de programme, la famille pour fuir ces tracas et leur impact psychologique rejoint la zone Sud, libre, et s’installe à l’Isle Jourdain (Gers). Mais pas d’école pour accueillir les enfants. Solution les envoyer à Toulouse dans une institution catholique.

Été 1943 : il s’annonce beau, voire caniculaire en Août, mais pas pour la famille qui est dénoncée par des voisins. Irena la mère et sa fille Simone se réfugient dans la ferme voisine. Puis Josef, Irena, Eli et Simone rejoignent leur fille Janine au couvent.

La paix revenue la famille quitte la région pour celle de la Haute-Vienne, à Saint-Junien, Janine fréquentera une école à Limoges.

Sœur Marie-Julienne fut déclarée « Juste parmi les Nations » le 14 mai 2011, à titre posthume à la demande de Janine Grossamnn auprès de « Yad Vashem » à Jérusalem.

Différentes plaques mémorielles sont apposées dans différents endroits du lycée, l’amphithéâtre porte son nom.

Notes :

1°) 24 février 1870/5 novembre 1956. Devenu Cardinal en 1946. Rebelle au régime de Vichy, « résistant toulousain ». Auteur d’une lettre prenant la défense des juifs, lue, quoique interdite par arrêté préfectoral, dans son diocèse de Toulouse et même à la BBC. Plusieurs décorations dont la légion d’honneur et fait « Juste parmi les Nations ».

2°) 18 octobre 1940.

3°) ordonnance du 29 mai 1942

Sources : divers sites internet, presse locale (Dépêche du midi).

 

 

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