MAQUIS d’ESTENOS le Comminges en résistance

Dans le massif montagneux de cette région du sud-ouest, près de Saint-Gaudens (Haute-Garonne) parmi les forêts et les vallons se sont invités des réfugiés en l’année 1943.

D’où venaient-ils et pourquoi ?

Il y avait des réfractaires au STO, des Français résistants et des exilés espagnols1 civils et militaires fuyant le régime franquiste.  Ce maquis implanté près de ce petit village tranquille de 200 âmes, s’était donné pour mission la récupération des parachutages, le sabotage des voies de communication fussent-elles routières ou ferrées, l’hébergement de résistants ou militaires alliés.

Malgré leur refuge verdoyant, le danger était présent, car gestapo et milice patrouillaient souvent, en réalisant des arrestations, des exécutions sur place ou déportation.

C’est ainsi qu’un 15 mars 1943, la gendarmerie qui organisait des battues régulières afin d’éliminer ce genre de groupe, se trouva en face de plusieurs personnes, courant dans la montagne et paraissant inquiètes. Cinq gendarmes veulent les interpeller, mais ils prennent la fuite, laissant sur place quelques sacs encombrants. Ces deniers sont ouverts par un gendarme, ils contiennent quelques armes et matériel divers.

Mais, hélas, trois des fuyards qui venaient de cambrioler la mairie d’Esténos, sont appréhendés, après échange de quelques coups, au cap de la Serre d’Auarje (1500 m), près de Cierp-Gaud (Haute-Garonne) les autres, dont Pierre GUERRE, rejoignent le maquis avec le restant de leur larcin, qui sera utile au groupe faisant partie des FTPT commandé par Pierre GUERRE2

Qui étaient donc ces 3 téméraires arrêtés ? Ils ont pour nom : Robert CAUSSAT3, Jean BERTRAND4 et Jean CASTANET5.

Des actions mémorielles se font : travaux de recherche, conférence et commémorations à Blagnac (Haute-Garonne) pilotés par « Histoire et Mémoire » de la ville de Blagnac (Haute-Garonne).

Robert CAUSSAT , 2ème à gauche en 1994 (Photo DPM)

Notes :

1°) affectés à la CTE (Compagnie de Travailleurs Etrangers) où ils pouvaient être employés dans l’agriculture ou en usine. Quant aux militaires ils étaient appréciés pour leur expérience au combat contre les troupes de Franco.

2°) était appelé maquisard de terrain par ses connaissances de la région.

3°) journalier dans une ferme. Déjà arrêté le 26 mars 1940 il écopa d’une peine de 2 ans de prison. Libéré, de nouveau arrêté au maquis d’Esténos. Fut condamné à 8 ans de travaux forcés. Interné à la centrale d’Eysses6, puis au camp transit de Royallieu à Compiègne (Oise) et déporté à Dachau le 18 juin 1944. Il en reviendra en relative bonne santé. Décède le 13 octobre 2010 à Cornebarrieu (Haute-Garonne)

4°) Lyonnais, né le 21 septembre 1913. Etudiant à Toulouse. Alias « Louis » dans ce maquis. Tué au combat le 19 mars 1944 à Montchal (Loire). Son frère Louis fut aussi résistant en région lyonnaise

5°) dit parfois « Castaing », né le 9 janvier 1915 à Pau, mécanicien. A 15 ans il récupérait déjà les parachutages à Gabarret (Landes) est dans ce maquis par refus du STO. Il décède le 7 novembre 2023.

6°) ancienne abbaye bénédictine, devenue centre pénitentiaire en 1803. Est très utilisé par le régime de Vichy. Eysses village d’alors, fait partie aujourd’hui de la ville de Villeneuve sur Lot.

NDLR : certains maquisards peu connus n’apparaissent pas, contrairement aux grands noms (Jean Moulin etc.), dans les archives qui ne sont pas encore numérisées

Sources : divers sites internet, et info Blagnac « Histoire et Mémoire »

 

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