GUERRERO ORTEGA Tomas, de la résistance espagnole à la française

Ce guérillero est né le 25 septembre 1913 à Madrid. A 17 ans il entre dans la section du parti communiste de son quartier « Prospérité » de Madrid.

Il s’engage dans l’armée de terre, il y est lieutenant jusqu’à son éviction en 1934 car procommuniste. Il s’engage dans la légion étrangère.

La guerre civile de 1936 le verra entrer dans la résistance intégrant un groupe à Guadarama, proche de Madrid, commandait par Enrique Lister, (1907/1994, ayant fait ses classes en URSS) de la 227ème brigade. Il en devient le responsable, ce sera le plus jeune commandant. Il est responsable des MAOC1, avec laquelle il combat à Huesca et Teruel, province d’Aragon.

Combattant acharné il est blessé près de Barcelone le 25 janvier 1939, après avoir participé à la bataille de l’Ebre en 1938. Sa section se retire, assez loin et franchit la frontière française au col du Perthus, laissant femme et enfant « Tamara » née en 1935, en Espagne. C’est une partie de la « retirada » (exode des réfugiés civils espagnols). Il part en train sanitaire et se fera soigner à Narbonne mais sera amputé de la jambe gauche. Il quitte l’hôpital le 25 mai 1939.

Il  sera ensuite interné dans différents camps pendant environ quatre ans : Bram (Aude), Septfonds (Tarn et Garonne) et Le Vernet (Ariège), car le régime de Vichy se méfie de ces républicains espagnols ayant fui celui du Franquisme leur « cousin ». Il est libéré du camp du Vernet le 12 novembre 1943 pour cause d’infirmité handicapante. Il est contraint à résidence chez un agriculteur.

Début 1944 :  l’UNE2 lui demande de rejoindre le 541ème GTE de Fleurance (Gers), il y fait connaissance de Plazuelo-Exposito3 chef de la 35ème brigade de guérilleros espagnols. Ce dernier sera tué lors d’un combat en juin 1944.

Guerrero le remplace et rejoint le maquis4 de Castelnau sur l’Auvignon, au nord du Gers, que dirige George Réginal Starr du SOE5, alias « Hilaire » chargé de la récupération des parachutages

21 juin 1944 : son maquis est attaqué par l’ennemi qui investit La Romieu (Gers) mais les résistants espagnols les retardent considérablement, permettant à certains de se replier vers Condom (Gers), les autres rejoignent « le bataillon de l’Armagnac6 », mais en perdant quelques hommes sur le site.

Ensuite ces hommes participeront çà et là à la libération du Sud-Ouest.

La guerre finie, Guerrero s’installe à Aignan dans le Gers où il régira une entreprise de transport. Il décédera dans cette ville le 1er juin 1997.

Distinctions : Croix de Guerre et Médaille de la Résistance.

Un livre : « Camilo » Espagne 1936 et France 1944, un guérillero en Gascogne de Jean-Michel Dussol (2107).

Notes :

1°) Milice Antifasciste Ouvrière Paysanne.

2°) Union Nacional Española.

3°) Tué le 21 juin 1944.

4°) Fondé par Jeanne Robert (Lhez), l’institutrice du village. Recevra la Légion d’Honneur en 2016 (à 102 ans).

5°) Spécial Opérations Executive (services secrets britanniques).

6°) Maquis de résistance gersois (lien avec Armée secrète) avec plus de 500 volontaires dès le début, dont le chef était le capitaine Maurice Parisot (1899/1944), lorrain vivant dans le Gers.

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NB : Tamara GUERRERO, fille de Tomás est la présidente de MERR32 (Mémoire Espagne Républicaine et Résistance du Gers) et s’occupe des sépultures de ces valeureux guérilleros tombés sur le sol français.

Tamara la fille de GUERRERO ORTEGA

Sources : divers sites internet.

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