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               Jenny GOLDMANN   réfugiée juive sous double incognito1 à Saint Lys en 1940

Deuxième guerre mondiale, 1940 la famille Goldmann quitte la Belgique que les troupes allemandes s’apprêtent à envahir.

Nouvelle fuite car en 1933, cette famille russo-polonaise  avait dû quitter la Pologne (Russe à l‘époque) pour éviter l’arrestation et s’était réfugiée en Belgique.

Donc  elle traverse la France, parcourt diverses régions, dont la Haute Garonne où la Préfecture oriente certaines familles vers les communes desservies par le petit train reliant Toulouse à Sainte-Foy-de-Peyrolières. Sept familles seront ainsi cachées et hébergées à Saint-Lys dont la famille GOLDMANN.

Cette dernière comprend les parents et  4 enfants Hilda, Bernard, Rose nés en Allemagne  et Bella née en Belgique. La mère est enceinte et donnera naissance à Jenny le 30 Décembre 1941.

Saint-Lys compte à cette date un millier d’habitants environ auxquels vont s’ajouter 245 étrangers dont 47 enfants y compris 7 familles juives.

Les enfants juifs et ceux de Saint-Lys vont à l’école2 ensemble, sauf que les 1ers ne figurent pas sur les listes de classe pas plus que sur les photos, jouent de même. Ces petites Saint -Lysiennes et petits Saint-Lysiens, dont Suzon BONNEMAISON, Josette SAGANSAN et Michel SICARD3 savaient qui étaient leurs camarades mais n’en disaient mot puisque les parents avaient justement précisé de ne rien dire.

Suzon  BONNEMAISON                                   JENNY                                              Michel SICARD

La population au courant de la situation et connaissant ces réfugiés était muette à ce propos. Et puis la résistance locale veillait et protégeait tout ce monde.

Trois femmes seront cependant arrêtées le 26 août 1942, car elles n’ont pas pu être prévenues par la femme du gendarme RIVAL qui à l’occasion en faisait sa mission.

Fin 1942 la famille quitte Saint-Lys, Hilda, Rose et Bella sont cachés au couvent de MASSIP  près de CAPDENAC-Gare dans l’Aveyron sous la bienveillance des sœurs Denise BERGON et Marguerite ROQUES.

Bernard, Jenny et leur mère vont à Toulouse et le père passe en Afrique du Nord via Cadix en Espagne pour aller reprendre le combat. Bernard sera caché dans l’Ecole Normale de filles , avenue de Muret à Toulouse, Jenny sera confiée à une nounou toulousaine appelée Yoyo.

D’ailleurs Jenny n’a qu’un repère ou témoignage : une photo où elle est dans les bras de Yoyo dont elle aimerait maintenant retrouver écho.

En ce moi de Mai, Jenny dont on a retrouvé4 la trace, à BRUXELLES,  revient au pays. Accueillie le 5 Mai à l’aéroport de Toulouse-Blagnac par Marc BOUHOURS et Nicole DEDEBAT. Ils vont à la rencontre de Roger ATTALI membre du CRIF qui relate la présence juive à Toulouse à travers les siècles.

Le lendemain 6 mai JENNY, pilotée par Patrick LASSEUBE, découvre  Toulouse, son église Saint-Sernin , le dôme de la Grave, elle en  est profondément ravie.

Le 7 Mai : une causerie à la médiathèque Albert Camus de Saint-Lys lui fait rencontrer plusieurs témoins de cette époque dont Michel SICARD qui narre divers moments et anecdotes de la vie à Saint-Lys, puis Marc BOUHOURS et Nicole DEDEBAT rappellent le contexte de cette période. Nous étions une cinquantaine de personnes dont notre Députée Monique  IBORRA. Puis JENNY va retrouver la maison où elle est née, rue de la République.

Le 8 Mai : JENNY invitée, est présente devant le monument aux morts de Saint-Lys où après le dépôt de gerbe le Maire Serge DEUILHÉ fait une courte allocution retraçant l’exode des juifs en39/45 et fait le parallèle avec la situation en UKRAINE.  S’en suit une réception officielle pour un hommage à JENNY, avec remise de cadeau.

Le 9 Mai Jenny a pu s’entretenir avec Josette SAGANSAN une « cachotière » de l’époque.

Pendant ce mini séjour JENNY, qui est artiste peintre, a retrouvé des moments de sa vie qu’elle ignorait, d’autant que les acteurs de cette période ne voulaient, pour diverses raisons, ne pas trop en parler.

 

Sources :  Causerie du 7 Mai, la Dépêche du Midi et le groupe de recherches historiques de Saint-Lys. Photos la DPM (Dépêche du Midi).

 

Ce dernier nommé « coup d’œil dans le rétro » qui par la volonté de ces membres dont Marc BOUHOURS historien, Nicole DEDEBAT, Jean Pierre DUGUET, Michel SICARD et Patrick LASSEUBE ancien maire de Saint-Lys  a permis à Jenny de découvrir des pans cachés de sa vie mais apportant aussi au public présent à la causerie des révélations ou précisions.

NOTES :

   1°) car cachée dans le ventre de sa mère puis par les Saint-Lysiens.

2°)  peut-être avec l’institutrice une certaine Madame BLAYE née CLARIO.

3°) dont le père était médecin à Saint-Lys et qui a sauvé une certaine famille GHERCHANOC.

4°) par les membres du « coup d’œil dans le rétro ».