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Chacun d’entre nous a son histoire, aucune ne se ressemble, par contre les circonstances du décès de nos Parents sont toujours dues aux drames liés à la guerre, à la nécessité de défendre le Pays contre l’envahisseur, à permettre au peuple que nous sommes de porter fièrement les couleurs de la France, les emblèmes de notre Patrie

 LIBERTE EGALITE FRATERNITE

Christiane Dormois

Mon Père,

Il avait 18 ans lorsqu’il s’est engagé dans le cadre de la seconde guerre mondiale. Il est en campagne en Allemagne , puis dans différentes affectations.

Le 6 décembre 1945, il rejoint l’Indochine puis le Tonkin.

En octobre 1946, il doit être rapatrié à SaÏgon et hospitalisé durant 3 mois, ayant contracté une sévère tuberculose, comme beaucoup de ses camarades qui ont connu l’enfer des combats dans ces lieux !

Ce sera un rapatriement sanitaire à Marseille pendant huit mois, puis il sera dirigé sur Dijon et Besançon au plus près de ma Mère. Il décédera le 22 juillet 1956, n’ayant jamais pu vaincre ce fléau qu’était la tuberculose à cette période.

Mon Père, je l’ai très peu connu, j’avais 7 ans et 5 frères et sœurs lors de sa mort. Nous le voyons entre ses séjours à la maison et ses périodes de soins en sanatorium.

Des voisins nous hébergeaient pour que  notre Mère puisse lui rendre visite lorsqu’il fut hospitalisé à dans des sanatoriums éloignés.

Nous avons vécu une vie de pauvre , nous sommes allés en pension pour que ma Mère puisse travailler et nous élever !

Nous avons vécu dans un logement HLM , deux chambres une salle à manger.

Ce bâtiment abritait des familles aussi pauvres que nous.

Avec mes frères et sœurs nous partagions les tâches, nouer montions le charbon pour le chauffage, les pommes de terre depuis la cave, il fallait descendre et remonter 4 étages.

Nous sommes allés à l’école et n’avons pas fait d’études faute de moyens.

Aux repas, il y avait rarement de la viande, les vêtements étaient faits par ma Mère, « enfin la débrouille d’une Mère courageuse qui avait 29 ans et une pension de veuve , après avoir vécu de la pension d’invalidité du Père «

Origine par preuve : maladie contractée en service constatée le 2 novembre 1946 !!!!!!!!

Aux vacances, nous allions chez les grands parents pour aider aux travaux de la ferme, quelques séjours en colonie de vacances…..à Noël nous avions de petits cadeaux, nous étions pauvres mais nous avons été élevés dans le respect et les valeurs !

A notre souffrance s’ajoutait celle de notre Mère qui a terminé sa vie en Epahd.

Seule l’Association des veuves de guerre l’a épaulée dans ses démarches car comble de l’ironie ce Père n’a pas été reconnu Mort pour la France

Pourtant de multiples démarches ont été tentées, il s’est engagé pour servir son Pays  jeune et patriote, il est mort et  cette reconnaissance ne lui a pas m^me été accordée, pour qui est-il mort alors ?

Michel Aubry 2 janvier 2022