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Arnold RACINE, enfant caché, survivant de la Shoah.

 

Né le 51 Juin 1930 à Paris de parents juifs d’origine de l’ancien empire russe.

Le père, Noël, (mais oui) est né le 5 Octobre  1897 en Ukraine, a fait partie de l’Armée Rouge en 1917. A été interné en France suite à la révolution d’Octobre 1917 (octobre  rouge).

Ses 14 frères et sœurs sont eux restés en Ukraine.

Sa mère Frida est née le 15 février 1904 à VELIKIYE-LUKI (près de Novgorod) en Russie ouest.

Ils se sont mariés en 1929 à Paris, étant arrivés en France à cause de la 1 ére guerre mondiale. Ils vont résider 3, rue Lucien Guffry (20 éme). Lui est dans le commerce des pierres précieuses, elle, est mère au foyer. Famille unie, libérale, non pratiquante.

Le petit Arnold fréquente l’école, au 30 rue de la Plaine, toujours dans le 20 éme. Il est élevé dans l’amour du pays qui l’accueille : la France.

Dans cette école sont aussi 2 autres enfants porteurs de l’étoile jaune, mais tout se déroule normalement jusqu’au jour où l’instituteur ayant eu vent de la possible venue de la milice cachent ces 3 enfants juifs dans son appartement (époque où l’instituteur est logé sur place).

A la milice arrivée, il déclare que la police est venue chercher les 3 enfants il y a une ½ heure environ, la milice repart.

Les 3 vont rester cachés toute  la nuit et le lendemain le père d’Arnold vient le récupérer et l’emmène dans le Loiret chez un boulanger Mr COTTÉ qui fait partie de la résistance.

Rentré à Paris le père d’Arnold, dénoncé par son concierge (fait hélas trop courant à l’époque) est arrêté par la gestapo, incarcéré à Drancy. Dirigé à Auschwitz par la suite dans le convoi n° 76, le 30 Juin 1944, il n’en reviendra pas.

Arnold reste quelque temps chez les COTTÉ, va à l’école avec leur fils jusqu’à ce qu’on l’envoie pour des raisons de sécurité chez un fermier à Quarre les Tombes (Yonne) où il va rester une huitaine de jours

Plus tard Arnold RACINE intègre un groupe de résistance au lac des Settons dans le Morvan. A l’arrivée des troupes US un soldat parlant le yiddish le renvoie à paris vers un comité qui lui permettra de retrouver Mathilde sa tante (sœur de sa mère) travaillant pour les Nouvelles Galeries et Monoprix.

A la fin de la guerre on lui conseille d’aller à l’Hôtel LUTETIA, centre d’informations pour tous les rescapés des camps. Pendant 1 mois il va consulter les listes affichées dans l’espoir d’y retrouver un proche. Un polonais, évadé d’un de ces camps, lui ôte tout espoir et l’invite à partir en Palestine défendre les intérêts juifs. Il s’engage dans l’unité « DUT 75 » qui combattra en divers endroits jusqu’en 1948, création de l’Etat d’Israël.

Restera dans un kibboutz jusqu’à son retour en France, son pays de cœur, vers l’année 1950. Il devient comptable tout en se perfectionnant dans ce domaine.

Retraité il est animateur de « radio Chalom Nitsan » à Nice.

Membre du PS en 1970, section de Lorient, il sera pour un temps garde du corps de François Mitterrand.

Il était veuf depuis quelques années et avait 3 enfants.

Il décède ce dernier samedi 11 Décembre  à l’âge de 91 ans.

Ce 16 Décembre un hommage lui sera rendu à Kerlélu (funérarium) ville de Lorient (Morbihan)