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Ces dernières semaines dans notre pays de Franche grâce au partenariat noué avec le Souvenir Français les commémorations mémorielles s’enchaînent afin d’honorer la mémoire de ceux qui ont vaillamment fait front à l’envahisseur, ralentissant son parcours, multipliant les actes de sabotage, les actes de bravoure…..

Avec le Souvenir Français, nous vous emmenons sur le chemin de ces valeureux Héros

Henri Bourlier, dit “Tito”

Un engagement précoce dans la Résistance

Henri Bourlier qui est né à Blussangeaux le 24 août 1918 a participé à la guerre de 39/45. Il combat avec son régiment en Alsace et le 22 juin, les troupes épuisées sont faites prisonnières dans les Vosges. Il finira par s’évader et regagnera Blussangeaux durant l’été 1940. Dès cette époque il part en forêt récupérer les armes et munitions qui sont abandonnées,

En novembre 1943 le Lieutenant Joly (alias Valentin) commandant le groupe de résistance du Pays de Montbéliard prend contact avec lui pour préparer la lutte armée.

Henri Bourlier alors âgé de 25 ans et qui a pris pour nom de résistant Tito commence a formé un maquis. Voici une partie du carnet des jeunes qui ont rejoint Tito pour lutter contre l’ennemi Il n’y a pas de Nom ou prénom simplement leur surnom et une annotation personnelle Nous n’avons pas le numéro 1 ni le surnom du numéro 2

2ème 27 ans, sergent au 4ème RI de Taza Prisonnier, démerdard, joyeux. Bon type le plus âgé de tous

3ème le Tendeur 27 ans, prisonnier évadé 3 fois est allé au camp de représailles de Ravaruska

4ème Le Tatoué 23 ,ans, démobilisé de l’armée d’armistice aviateur à Perpignan, fusillé mitrailleur

5ème Ademaï 22 ans, frère du précédent également démobilisé de l’armée d’armistice aviateur à Orange aussi forte tête– plus taciturne que son frère6ème Le Tueur 23 ans, fin tireur joyeux, gonflé

7ème Le Nippon 19 ans, barbu puissant8ème Parigot 22 ans, imprimeur , brave cœur 9ème Badioudiou 19 ans, marchand de bois , cuistot

10ème Manounou 17ans, le benjamin étudiant plein d’avenir

11ème Mécano 20 ans, silencieux mais gonflé également

12ème La Rafale 18 ans, artificier frisé

13ème Tarzan ou Gorille 20 ans, carrure athlétique velu démarche simiesque petit heureux

14ème Le Chat 19 ans, 15ème Bicyclette 23ans, garde écluse

16ème Airnebois 18 ans, adolescent en formation prometteur

17ème Manouche 19 ans, loin du ciel

18ème Centorée 21 ans, voie intarissable grand amateur de femelles

19ème Bobby 25 ans, hors la loi par excellence

20ème Gabin (Jean) 34 ans, mérite ce surnom par son facies approchant cet apache

Le groupe existant, il lui fallait des armes et surtout des munitions le 1er mai à 21h15 un message de la BBC

« J’aime le son de la mandoline » averti le groupe qu’un parachutage aura lieu le soir même sur Etrappe.

Plus tard le 03 août, au cours de la journée des renseignements parviennent au camp au sujet d’une grue envoyée pour relever le train déraillé à Pompierre.

Tito décide de faire sauter cette grue. Le départ a lieu à 19 heures en automobile 4 hommes participent à l’expédition ce sont Tito- Gorille- Tueur et Nippon.

Arrivés sur les lieux à 20h30 nous employons comme explosifs 2 obus de 155. Nous devons porter les obus à dos durant plus de 1km et traverser le Doubs à la barque. Après avoir passé la nuit à proximité du lieu d’opération, c’est-à-dire à 2km environ de Branne.

Vendredi 04 août

Entre 3h30 et 5h du matin, placement des obus sur la voie. Nous les déposons comme suit :

Près d’une double traverse perpendiculairement à la voie et côte à côte. Enfouis sous le ballast les obus sont parfaitement dissimulés. Ils sont armés l’un par une fusée IAL, l’autre par une charge de plastique introduite dans l’emplacement de la fusée. Ces 2 obus sont reliés par une charge de plastique et un cordon détonnant d’une longueur de 10mètres puis un détonateur à tirette à l’extrémité de ce dernier un fil de fer long de 10mètres sur lequel on tirera pour provoquer l’explosion. Le tout dissimulé soit sous le ballast soit dans les herbes.

Après un stationnement de 14 heures sur les bords de la voie, dévoré d’une soif indescriptible car nous n’avons aucun liquide pour nous désaltérer, enfin à 17h05, un convoi approche et nous distinguons tout d’abord 3 wagons où sont « parqués » les miliciens puis la grue.

Tito, au moment où la grue apparait, tire sur le fil de fer et provoque la détonation. L’explosion est formidable et ébranle tout le train, la grue est durement touchée, les mécanismes hachés par les éclats, une épaisse fumée s’élève qui voilent à nos yeux les 40 miliciens chargés de protéger la grue.

Ceux-ci tirent immédiatement de toutes leurs armes en notre direction. Nous nous replions dans un bois voisin. Après avoir passé un endroit très découvert, les balles ricochent de toutes part, hors de portée nous respirons puis c’est le chemin du retour 40km environ

Itinéraire : 25L’Hôpital saint Lieffroy, Fontaine, Soye , l’Abbaye, Médière et enfin le camp. Nous arrivons au camp à 12 heures, fatigués mais satisfait car notre mission a été parfaitement réussie. Le samedi 05 août au camp, depuis 2 jours, les 16 hommes restés au camp se sont employés à réquisitionner du vin, ce sous la direction de Gabin.

Opération bien conduite et honnête car ces réquisitions forcées seront couvertes par des bons de réquisitions .

D’autre diverses patrouilles et missions intéressant la vie du camp envoyés par Bobby assurant le commandement du camp en l’absence de Tito.

Extrait du journal de marche pour l’histoire déposé au musée de la Résistance de Besançon lu par le Président local de la section de l’Isle sur le Doubs le 6 juin 2021