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A Liège, en Belgique, « la montagne de BUEREN » est une attraction touristique renommée. Son ascension est un vrai défi sportif pour les touristes qui souhaitent se dépasser… !

Cette volée d’escaliers, véritable ouvrage d’art de 374 marches, a été réalisé en souvenir de l’échec de la capture de Charles le Téméraire et de Louis XI par les Liégeois. Elle relie la cité au sommet de la colline d’où l’on a une vue panoramique splendide sur la vallée.

Au sommet s’offre aussi au visiteur, « La CITADELLE » et des vestiges révélateurs de l’histoire complexe de la ville. Sur cette hauteur, à l’époque boisée, on découvre des traces d’occupation des lieux de bien avant le moyen âge.

Compte tenu de sa position stratégique et de ses forts, Liège et sa citadelle s’illustrèrent de tous temps.

En 1914, lors du premier conflit mondial, l’armée allemande, après avoir rompu le pacte de neutralité, va vouloir occuper la ville. La ceinture fortifiée va alors jouer un rôle important pour retarder l’invasion. Situés à plusieurs kilomètres, les forts vont résister et tomber les uns après les autres. Ce sont les pilonnages des forts, Liège n’ayant plus aucune muraille, qui auront raison de l’état-major belge. La ville sera prise sans vraie résistance, puisque rien ne faisait obstacle à l’entrée de l’armée Allemande dans la cité.

Pendant la guerre 14-18, les bâtiments abriteront une caserne de l’armée allemande ainsi qu’un camp d’internement et un hôpital pour les soldats alliés……

L’honneur des combats devant Liège est revenu aux milices et soldats belges en garnison dans les forts. La résistance héroïque des forts de Liège valut à la ville la Légion d’HONNEUR par la France

La reconstruction des ouvrages endommagés se fit entre les deux guerres pour réaliser une nouvelle ligne fortifiée….

En 1940 l’Allemagne lance « La bataille de France » et ses soldats entrent dans la province de Liège avec la chute du premier fort. C’est cet acte d’invasion qui marque l’entrée en guerre de la province.

Les bourgmestres qui dirigent la ville sont Wallons, un mouvement qui conteste la politique de neutralité voulue par Léopold III.  Après 1942 et jusqu’en 1944 la citadelle et ses bâtiments sont à nouveau occupés par les Allemands. Elle va servir de caserne, de centre d’entrainement pour les gardes Wallons et de prison pour les juifs, les patriotes, les résistants et inciviques.  La nouvelle entité liégeoise livrera aux nazis des listes de juifs et des inciviques. Certains attendront de passer en jugement ou purgeront de courtes peines, d’autres seront transférés dans des camps de concentration ou exécutés.

La présence de l’évêché qui perpétue la tradition religieuse de la ville et l’apparition de l’étoile jaune vont réveiller les consciences de nombreux citoyens et, toutes les ficelles pour contourner les exigences de l’occupant vont être utilisées par la résistance de plus en plus structurée. Le rabbin officiant à Liège a été caché dans l’évêché puis au séminaire, par l’évêque du diocèse. Les postiers vont détourner les lettres de dénonciation suivant les ordres de la résistance etc.….

L’enclos et son cimetière font partie des vestiges du bastion Saint-François, vestige de l’ancienne citadelle. L’entrée des lieux se fait par le cimetière qui comporte 416 sépultures avec croix mais seules 98 sont occupées puisque depuis 1943 les corps ne sont plus rendus aux familles mais sont enterrés à la citadelle.

On recense 10 nationalités : Belges, Luxembourgeois, Polonais, Russes, Français, Néerlandais, Espagnols, Italiens, Serbes, Américains.

Cinq poteaux de bois signalent aux visiteurs le lieu des exécutions.

Une plaque porte l’inscription

« Ici des soldats sans uniforme détenus par l’occupant ont lutté et souffert pour leur idéal avant de partir vers la mort ou la déportation 1940-1944 ».

En hommage à ces simples citoyens résistants qui furent exécutés, un monument a été érigé et depuis 1937 la ville de Liège célèbre le 14 juillet français pour protester contre la politique de neutralité Belge vis à vis du troisième Reich et contre la dénonciation de l’accord Franco-Belge voulue par Léopold III. Cette fête française est toujours célébrée, avec enthousiasme… et elle attire beaucoup plus de monde que la fête nationale belge.

En 2021 le lendemain de ce 14 juillet a été dramatique. La Meuse débordait inondant le centre-ville de Liège.

Anne CHALONS

Officier de la Légion d’honneur

Présidente