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Ces héros de l’Ombre ne parleront plus, ils ne diront plus l’horreur des massacres de Signe, de ce charnier devenu lieu de mémoire, ils ne témoigneront plus et notre Mère Patrie pensera avoir « réglé sa dette » envers eux, envers les descendants de ceux qui ont été victimes de ce terrible carnage ainsi que le démontre les réponses de notre Ministre aux Parlementaires qui soutiennent notre combat

Entre massacres, carnages et actes de barbarie qui aura la volonté de reconnaître que la Liberté, l’Égalité, la Fraternité ,la France la doit à tous ces combattants fusillés, déportés, disparus, tués, victimes civiles ou militaires, morts par suite de blessures ou de maladie………nouvelles générations du feu……..

Qui aura la volonté de réparer les offenses faites à nos Parents en jugeant que leur mort ne mérite pas REPARATION !

Un monument, des hommages tous les ans….cela ne suffit pas à rétablir l’injustice l’inégalité des droits de tout citoyen selon l’article premier de notre constitution !

NEO rend hommage à ANDRE qui s’est éteint, il y a peu

Merci NEO, nous publierons tes récits, car à tes côtés, nous vivons un peu de notre propre histoire !

André REYNAUD, agent de liaison du mouvement Combat, engagé  volontaire au sein de la Première Armée Française, dite “Rhin et Danube” n’est plus, mais NEO a recueilli ce témoignage il y a 18 mois.

André vit le jour dans un aimant foyer de Toulouse le 10 octobre 1923, avant qu’il ne déménage dans les Basses-Alpes, à Manosque. Pour ce jeune homme la défaite reste impensable, insupportable, l’affront de l’occupation encore plus. Ses premiers contacts avec l’occupant en l’occurrence italien sont pour autant relativement… bons ! 

Extrait :

« Notre entraîneur n’est autre que le deuxième classe de l’armée d’occupation, un certain « Giovanni Ferrari ». Ce dernier avait été à cinq reprises champion d’Italie, quelle coïncidence ! Malheureusement, certaines « mauvaises langues » nous accuseront de « collaboration » ce qui nous contraint à arrêter de jouer avec eux. Ces « mauvaises langues » ne sont certainement pas celles qui se sont le plus illustrées dans la clandestinité !”

A la faculté, une rencontre bouleverse la vie du jeune Bas-Alpin, celle de René Mariani de deux ans son aîné, passionné de culture, grand patriote et fidèle militant catholique, convictions qu’il partage avec André.

René avait adhéré au mouvement COMBAT aux prémices de l’occupation de la zone sud, à son retour des chantiers de jeunesse. Ce Marseillais d’origine se trouve être affecté au “recrutement pour les Mouvements Unis de la Résistance“. C’est ainsi que presque par évidence, André intègre la « Résistance », au sein de “Combat”. Avec l’arrivée des troupes allemandes, André se retrouve chargé d’assurer la liaison entre Aix-en-Provence et Manosque, en soit entre les Bouches-du-Rhône et les Basses-Alpes

Extrait :

“Jamais je n’ai transporté de messages papiers, voire même dans mon portefeuille… tout est « dans la tête » ! Transporter des messages, en car de surcroît serait beaucoup trop dangereux, au vu de l’impressionnant nombre de contrôles auxquels je suis confronté, au vu de toutes les fois où nous avons été arrêtés”.

Plusieurs de ses camarades sont arrêtés lors des événements d’Oraison, le 16 juillet, avant d’être fusillés le 18 juillet dans le tristement célèbre charnier de Signes parmi lesquels Louis Martin-Bret, fusillé le jour de ses 46 ans. Une figure départementale de Combat, dont le nom suffit à provoquer l’admiration !. Son compagnon de route René Mariani connaît le même sort ce sombre 18 juillet.La Libération manosquine advient le 21 août 1944, dans l’euphorie pour certains, avec une part de tristesse pour d’autres, comme André, qui ont perdu les leurs, leurs amis.

Après un premier refus, André s’engage auprès d’un colonel de passage à Toulon, où il cherchait un bureau d’engagement. Il suit ainsi l’épopée “Rhin et Danube”, après deux mois de formation, particulièrement marqué par la bataille de Colmar où il perd six camarades, l’hiver alsacien et l’éprouvante traversée du Rhin… lui qui ne savait pas nager !  Après quelques mois en occupation, il réalise par la suite une année en Indochine, qu’il quitte en octobre 1946 pour des raisons de “manque d’acclimatation”, prêt à retrouver ce pays qui l’avait vu grandir. André a vingt-trois ans et toute la vie devant lui.

Après une riche carrière d’expert-comptable à Volx, il devient un fervent acteur du devoir de Mémoire, en témoignant devant les écoliers et collégiens des Alpes-de-Haute-Provence. André est fait chevalier de la Légion d’Honneur en 2015, des mains de la Préfète.

L’émotion est profonde, sincère, en pensant à celui que j’avais rencontré un jour de février 2020, dans sa maison de retraite d’Oraison, il n’aura donc jamais refusé ne serait-ce qu’une sollicitation. Un dernier message, porteur d’espérance« La Seconde Guerre Mondiale est le dernier conflit mondial dans lequel la France a été impliquée, et j’espère de tout cœur qu’elle le restera ». Le timbre fatigué de sa voix, si émouvante, restera à jamais gravé dans ma mémoire, dans mon cœur.

Le charnier de Signes

Extrait du site « wikipédia »

Reconnaissance des corps

Ce sont des prisonniers allemands regroupés au Camp du Coulin (Gémenos) qui sont contraints de déterrer les cadavres sous la surveillance des FFI. Les médecins légistes commis aux fins d’autopsie concluent à un abominable carnage. Deux des victimes ont reçu des balles dans la tête mais, enterrés encore vivants, leur mort est due à l’asphyxie. Trois sont morts par fracture du crâne, consécutive à un enfoncement par un instrument contondant ; un mort par strangulation. Un a reçu une balle dans la nuque. Un a reçu une balle dans le dos. Cinq ont été tués par des balles tirées dans la tête, mais de face ; vingt-cinq dont la mort a été provoquée par éclatement du crâne (Hypothèse : rafale de mitraillette à bout portant tirée sur le côté droit de la tête, qui a provoqué un éclatement du crâne). La reconnaissance des corps fut rendue très difficile à cause de la chaux que les Allemands avaient versée sur les visages des fusillés pour leur enlever toute identité1 ; quatre d’entre eux n’ont pas été identifiés.