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Monsieur le Président de la République

 

Vous avez sans nul doute salué Geneviève LITT, une grande Dame, la doyenne de la Fédération Autonome des Pupilles de la Nation et Orphelins de Guerre, délégation du DOUBS.

Geneviève s’est exprimée sur les médias lors de la préparation de votre visite !

Elle est notre doyenne à 96 ans et séjourne depuis plusieurs années à l’institut des Invalides

Nous sommes « les passeurs de Mémoire », ceux dont les Pères/Mères ont payé de leur vie la Liberté de notre Nation !

Aux côtés de Geneviève nous demandons reconnaissance de leur sacrifice, réparation du préjudice subi dés note Enfance, et une vieillesse apaisée et résiliente

Pour vous Monsieur le Président, voici le récit que livre notre Amie de la terrible bataille qui a eu lieu lors de la Libération de Besançon si elle n’a pu vous le remettre personnellement.

Vous avez le pouvoir de mettre fin à l’inégalité de traitement dont nous sommes victimes et ce serait un grand honneur pour l’histoire de notre Pays que par modification de la loi Clemenceau de 1917, instaurant le statut de Pupilles de la Nation et par modification de cette loi, vous soyez le Président de la République qui reconnaisse le sacrifice de tous ceux qui ont perdu la vie pour cette paix si chèrement acquise, cette paix qui vacille et que vous défendez vaillamment au parlement Européen.

Cette bataille qui fit rage pendant 4 jours à Besançon durant laquelle  Américains et FFI durent traverser le Doubs à pied, le principal pont d’accès ayant été détruit, ce carnage qui fit plus de 400 morts dont une cinquantaine de civils, Geneviève en porte les stigmates dans sa chair et dans son cœur!
Je vous livre un extrait de la lettre par laquelle elle demande réparation , comme nous tous “Oubliés de l’histoire”, dans le dossier transmis à l’ONAC VG de Caen le 1er décembre 2008.
Nous vivions l’ultime attente de la Libération, où la crainte dominait, où le spectre de la guerre se précipitait. C’était affreux ! Nous entendions siffler les balles et …éclater les obus.
Et puis, l’espace d’une seconde tout a chaviré, les ponts sautèrent, les Allemands fuyaient en troupe, la terreur s’installait…… Il fallait vite sortir , se cacher, NON, il fallait encore attendre, mais attendre quoi??
IL a fallu le dernier obus pour comprendre   que l’on a attendu  <  LA MORT  > avant d’atteindre notre cachette!

Elle était au rendez-vous puisqu’à la libération de mon petit village, voisin de Besançon, le 10 septembre 1944, à 4 heures  du matin, mon Père a été décapité sous nos yeux par le dernier obus américain  qui  m’a également  broyé les jambes, et arraché au bonheur de vivre, dans le tourbillon d’une étincelle géante dont j’ai perçu le souffle brûlant et …..l’inoubliable odeur.
Je suis classée dans le camp des Victimes de guerre, je suis Pupille de la Nation, je suis orpheline, avec l’inguérissable blessure de la mort de mon Père, lui le vainqueur de 14-18, décoré de la croix de guerre avec étoile de Vermeil.
Il n’avait que 54 ans , il laissait 5 orphelins”
Geneviève touchera une pension d’invalidité, elle a perdu l’usage de ses deux jambes, sa Mère ne bénéficiera pas d’une pension de veuve civile car elle payait des impôts!!!!
Femme droite, d’honneur et de conviction, Geneviève , titulaire de la carte des plus grands Invalides de guerre,  Membre de l’Ordre National du Mérite en 1982,  a été décorée par le Président Hollande dans l’Ordre de la Légion d’Honneur le 17 juin 2017, aux Invalides , promue au grade d’officier le 17 avril 2017.
Un Père Mort pour la France, Pupille de la Nation, Orpheline de Guerre, voilà les titres que Geneviève portent au plus profond d’elle-même, ce que nous portons avec elle, et avec elle, nous continuerons à dire à l’Etat Français, rendez-nous JUSTICE.