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Question écrite n° 22615 de Mme Nathalie Goulet (Orne – UC)

publiée dans le JO Sénat du 06/05/2021 – page 2905

Mme Nathalie Goulet attire l’attention de Mme la ministre déléguée auprès de la ministre des armées, chargée de la mémoire et des anciens combattants.
Le 25 avril 2021 à Alençon, comme dans toutes les villes de France, un message a été lu devant les autorités civiles, militaires et les parlementaires.
Ce message a été rédigé par les associations suivantes : la fédération nationale des déportés et internés résistants et patriotes (FNDIRP), la fondation pour la mémoire de la déportation (FMD) et les associations de mémoire des camps nazis, l’union nationale des associations de déportés, internés de la résistance et familles (UNADIF-FNDIR).
Ce message qui comporte 9 paragraphes et qui mentionne « les êtres humains…, des hommes… des femmes… des enfants » ne cite pas les victimes des persécutions antisémites, et fait silence sur ces 6 millions de morts, assassinés au seul motif qu’ils étaient juifs.
Elle considère que ce message, rédigé par les associations précitées et transmis aux préfets par Mme la ministre déléguée auprès de la ministre des armées, constitue une insulte aux déportés juifs et à leurs familles.
À l’heure où des actes antisémites se multiplient en France, à l’heure où le négationnisme ne se cache plus, elle souhaite savoir si la ministre entend prendre des dispositions pour qu’une telle aberration ne se produise pas, et puisse dans le cadre de la journée des Justes qui a lieu le premier dimanche qui suit l’anniversaire de la grande rafle du Vel d’hiv du 16 juillet 1942 présenter ses excuses aux victimes oubliées.
Il n’existe aucune concurrence mémorielle, il n’existe que l’histoire tragique de la déportation.
Omettre de mentionner les crimes antisémites de l’Allemagne nazie fait offense à tous les héros et à toutes les victimes de ce conflit et à leurs familles.

 

Réponse du Ministère auprès de la ministre des armées – Mémoire et anciens combattants

publiée dans le JO Sénat du 17/06/2021 – page 3860

La loi du 14 avril 1954 consacre le dernier dimanche d’avril au souvenir des victimes et des héros de la déportation. Dans ce cadre, un message est lu lors des cérémonies officielles pour rappeler ce que furent les camps nazis et rendre hommage à toutes les victimes. A cet égard, le texte diffusé le 25 avril dernier a été rédigé conjointement par la Fédération nationale des déportés, internés, résistants et patriotes (FNDIRP), la Fondation pour la mémoire de la déportation (FMD), les Associations de mémoire des camps nazis et l’Union nationale des associations de déportés internés de la résistance et familles (UNADIF-FNDIR). Les différentes associations représentant les victimes de la barbarie nazie œuvrent depuis des années pour perpétuer et transmettre la mémoire des déportés, quels que soient les motifs de la déportation. Le message évoquait bien entendu l’ensemble des victimes de la déportation, qu’il s’agisse des Juifs, des Tsiganes, des Slaves, des résistants, et de toutes les victimes de persécutions d’ordre religieux, politique ou encore sexuel. Le choix a été fait de ne nommer aucune catégorie de déportés dans un souci d’unité des mémoires. Cet hommage est national et rendu à tous les déportés, cette année comme les précédentes. Cette journée nationale honore toutes les victimes et héros de la déportation, contrairement au 16 juillet, journée nationale à la mémoire des victimes des crimes racistes et antisémites de l’État français et d’hommage aux « Justes » de France, ou au 27 janvier, journée internationale dédiée à la mémoire des victimes de l’Holocauste et de la prévention des crimes contre l’humanité, dates plus spécifiquement consacrées à la commémoration de la Shoah.

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