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  Eugène DALLENNES  résistant au parcours atypique

Né le 13 Avril 1891 à Auxonne (Côte d’Or) Eugène Maximilien DALLENNES est le fils du capitaine

d’infanterie Eugène Ernest  et de Françoise  Félicité CHARMY originaire de RIOZ (Haute Saône) dont le père est aussi capitaine.

Donc Eugène DALLENNES élevé dans un environnement militaire trouve sans peine sa vocation.

Bachelier, école  du Prytanée1 national militaire à La Flèche (Sarthe) dont il sortira officier.

Participe à 3, même 4 guerres  (14/18, RIF 1925-26, campagne de France 39-40  et 44-45).

Dans l’intervalle des 2 guerres, il est attaché militaire en Roumanie  y rencontre Lizica VADLESCO qu’il courtise et épouse. Rentrés en France en 1938 ils s’établissent à VILLENEUVE sur Yonne, au 41 faubourg Saint-Savinien.

Septembre 1939 : déclaration de guerre : il est mobilisé à MARCKOLSHEIM (Haut Rhin). Puis en tant que commandant du 1er bataillon du 242 éme régiment de tirailleurs au PC Sunderhouse de la ligne Maginot le 25 Novembre 1939.

19 au 21 juin : combat à Sainte Marie aux Mines, à Gérardmer où il est blessé (bras et tympan).

Le 2 juin 1940 il est fait prisonnier, est transféré dans un « Oflag » de Poméranie. Mais très grand blessé il bénéficie d’un rapatriement dans un hôpital de Marseille. Guéri il repart chez lui à Villeneuve sur Yonne à la mi-décembre 1940.

Mai 1942 : à SENS, prend contact avec Joseph MATHIS qu’il connaît puisque officiers tous les deux, ayant participé à la guerre 14/18 et à la campagne de 1940. Ils ont en commun le même rejet de l’ennemi  et une motivation patriotique qui les mènent  à s’engager dans la résistance.

Hiver 41-42 : Joseph MATHIS recrute quelques hommes désireux de poursuivre la lutte comme les Adjudants Louis BUSSET et PANIER ayant servi sous ses ordres.

Novembre 1942 : Joseph Mathis rencontre Georges WAUTERS responsable du secteur champenois qui le nomme à la tête du département de l’Yonne.

Eté 1943 : création d’un groupe de résistants à Villeneuve sur Yonne à l’initiative de Jean MAROT qui demande à Eugène DALLENNES de le rejoindre ce qu’il fera non sans y avoir réfléchi 3 jours.

A 52 ans Eugène DALLENNES cet officier devenu Colonel va recruter, pour organiser le « groupe Libération Nord », des éléments de son propre groupe tels Bolland, Raymond Duval, Debiastre, tous anciens sous-officiers.

Eugène DALLENNES est donc maintenant le chef de la résistance de Villeneuve sur Yonne, composé de 2 groupes « FTP et Libération Nord » qui récupèrent des armes provenant d’un parachutage de septembre 1943 à Piffonds2 et les cachent dans une église.

23 octobre 1943 : le groupe est dissous après trahison d’un dénommé Marius GUILLEMAND, plusieurs membres sont arrêtés mais Eugène DALLENNES en réchappe, se fait discret bien sûr et part en Haute Saône puis en Charente en février 1944.

Printemps 1944, il est clandestin chez le maire de CHALLIGNAC (près de BARBEZIEUX). Le 20 Avril il rejoint la résistance locale «  groupe  Charente Lorraine » dirigé par PETIT âgé seulement de 20 ans. Ce dernier très jeune, conscient de la tâche à accomplir et de son manque d’expérience demande à Eugène DALLENNES d’en prendre le commandement.

Ce maquis est fort de 150 hommes environ  dont  leurs actions seront :

Parachutages récupérés à Challignac les 1er Juin et 1er  Août,  Brisac le 1er juillet et Boureuil le 11 juillet

Sabotages : voies ferrées Barbezieux-Chateauneuf le 12 Août et Barbezieux-Angoulème le 28 Août.

Attaque d’une colonne allemande le 30 Août.

Ce même jour le groupe entre à BARBEZIEUX.

Eugène DALLENNES  est nommé commandant d’Armes pour la région  et rassemble tous les groupes de résistants afin de nettoyer le canton et d’assurer  le maintien de l’ordre et assurer la sécurité.

10 septembre : Eugène DALLENNES rejoint le groupe « Bir-Hakeim » à Angoulême comme membre de l’Etat Major.

Après le 1er Octobre il  participe à des opérations avec la 3 éme armée  US dans la région de Forbach.

Après guerre, en 1946 il est probablement  à l’ambassade de France en Roumanie, comme attaché.

Il décède le 30 avril 1971 à l’hôpital militaire de Clamart, son épouse décèdera en 1984.

Son parcours assez mouvementé, hors des réseaux de résistance classiques, a fait que son rôle a quelques fois était ignoré.

 

Notes :

1°) fondé en 1604 par Henri IV.

2°) voir article précédent « Hélène CHIOT »

 

Sources : sites internet (dont ONAC de l‘Yonne, archives de Vincennes, CD « la résistance en Charente »)